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Lundi 24 décembre 2007
Voici un article sur un blog d'un libraire Jeunesse sur les remontrances du ministère de la justice face à la publication de 2 livres pour ados.

Les éditions Actes Sud et plus particulièrement la collection "D’une seule voix" viennent de se faire réprimander par le ministère de la Justice qui demande aux éditions d'apposer une mention d'un âge minimal de 15 ans sur deux titres parus dans cette collection: 
Quand les trains passent de Malin Lindroth 
lindroth.jpg

et et Kaïna-Marseille de Catherine Zambon




http://livres.blogs.liberation.fr/livres/2007/12/littrature-mals.html
par frambois'acide publié dans : Littérature
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Lundi 12 février 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici quelques sites consacrés à Reinaldo Arenas et au film  "avant la nuit" qui est passé sur Arte mercredi 7 sur Arte. Je n'avais pas vu un film aussi fort depuis longtemps et je suis en train de lire l'autobiographie de Reinaldo Arenas c'est extraordinaire et remets sérieusement en cause la politique de Castro :

 

http://www.librairie-compagnie.fr/caraibe/auteurs/arenas.html

http://membres.lycos.fr/genresmineurs/Reinaldo_Arenas.htm

http://www.before-night-falls.com/

http://libweb.princeton.edu/libraries/firestone/rbsc/aids/arenas.html

par frambois'acide publié dans : Littérature
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Vendredi 9 février 2007

Voici le réquisitoire de Mr Ernest Pinard (avocat impérial) contre Flaubert pour Madame Bovary en 1857 alors que Charlie Hebdo est trainé devant les tribunaux pour “injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion”.

http://www.bmlisieux.com/curiosa/epinard.htm

A remarquer le travail de BM de Lisieux sur la numérisation de textes littéraires.

 

par frambois'acide publié dans : Littérature
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Mardi 12 septembre 2006

 

Jonathan Littell déchire le silence des bourreaux

 

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

La rentrée littéraire se décline en 683 romans. Mais si vous n'en lisez qu'un seul, choisissez « Les Bienveillantes ». Un premier roman qui est un coup de maître.

C e premier roman fait plus de bruit que jamais les bourreaux n'en ont produit depuis la nuit des temps. Le but de Jonathan Littell est atteint : déchirer le silence des bourreaux, en faisant parler l'un d'eux, Max Aue, un SS. Un personnage de fiction dans un univers d'un réalisme insoutenable, celui, historique, de cette folie meurtrière qui a frappé l'Allemagne nazie. Max raconte son parcours. Depuis cette nuit où il adhère à la SS, alternative obligée à la menace d'une condamnation pour homosexualité (« Et c'est ainsi, le cul encore plein de sperme, que je me résolus à entrer au Sicherheitsdienst »), à ce moment où il se met à écrire, dans le nord de la France, où il est devenu directeur d'une usine de dentelles après avoir réussi à échapper à la vindicte des vainqueurs (« Quand tout fut enfin fini, j'ai réussi à venir en France, à me faire passer pour un Français ; ce n'était pas trop difficile, vu le chaos à l'époque »).

Max n'écrit pas pour se justifier. Il n'écrit pas pour nous. Il le fait comme une obligation corporelle, comme on vomit ou comme on souffre de diarrhées. Son texte est clinique, dur, d'une cruauté distanciée et intellectualisée. Ce qui rend l'horreur qu'il décrit encore davantage monstrueuse.

Pour son premier roman, Jonathan Littell a fait fort : 900 pages serrées, irrésumables et inoubliables sur les mécanismes sociologiques de l'horreur nazie. C'est le livre événement de la rentrée littéraire. Certains le tiennent déjà pour le nouveau « Guerre et paix » : «  Je crois que c'est surtout pour la longueur  », dit-il. On compare l'écrivain à Tolstoï, Grossmann, Cholokov : « Les gens racontent n'importe quoi.  »

Sur les photos, Jonathan Littell fait jeune homme : il a bientôt 39 ans et un fin anneau à l'oreille gauche. Au téléphone, sa voix est douce, il faut presser le combiné sur l'oreille pour bien l'entendre. Max Aue cite Sophocle et Platon et lit Stendhal dans le texte, Littell, lui, reste simple.

Son roman est écrit directement en français. Même si son auteur est américain. Il est né à New York, en 1967. Mais ses parents émigrent en France quand il a 3 ans. Depuis lors, il a vécu en France. « Mes parents ont divorcé, j'ai fait des allers-retours mais, quand j'étais aux Etats-Unis, j'étais au Lycée français. » Il parle donc français. Et anglais. D'ailleurs il a été traducteur littéraire, du français vers l'anglais, et il envisage sérieusement de traduire lui-même son roman : « J'ai dit que j'allais essayer. Je n'ai pas encore pris de décision. » Il parle aussi le russe et le serbo-croate. Et comme il s'établit actuellement à Barcelone, il manipulera incessamment le catalan ou l'espagnol, disons les deux.

Son père s'appelle Robert Littell. Grand reporter, spécialiste des pays de l'Est et du Moyen-Orient, formidable auteur de romans d'espionnage. Il a écrit La Compagnie : le grand roman de la CIA, en 2003, dont on dit qu'il rendit John Le Carré vert de rage. Et des Conversations avec Shimon Peres. Jonathan a d'ailleurs parfois aidé son père. Non pas à l'écriture, mais à l'authenticité des détails. « Comme j'ai travaillé en Russie, en Tchétchénie, en Afghanistan, il vérifiait auprès de moi la vérité de certaines scènes, de certains lieux. »

C'est que Jonathan a bourlingué. Après des études de littérature à Yale et un intermède dans la traduction, il lui prend l'envie de s'engager. Parce qu'il avait l'impression de ne servir à rien ? « Non, c'est plus pragmatique. J'avais envie de travailler dans ce genre d'endroit et les options sont restreintes : soit militaire soit journaliste. Je ne voulais faire ni l'un ni l'autre.  » Action contre la faim l'envoie en mission un peu partout dans le monde : Bosnie, Afghanistan, Chine, Afrique, Tadjikistan, Guinée, Rwanda. « Et puis, un certain moment on en a marre et on dit stop. » Et alors on écrit.

Ses Bienveillantes (on nomme ainsi les Erinyes, les divinités grecques qui châtient les crimes), il les porte depuis longtemps. Quatre à cinq ans de documentation. Plus 112 jours exactement d'écriture. Aujourd'hui, il répond aux nombreuses sollicitations d'entretiens et de promotion pour son roman. Et demain ? Il verra. Un nouveau roman ? « Je n'ai pas de plan. Je verrai. »

En fait, son seul plan, c'est de finaliser son déménagement. Il est en train de s'installer à Barcelone. Sa femme y travaille. Une Belge. « Elle travaille pour MSF. Je l'ai rencontrée à Grozny. » Depuis, l'amour et deux enfants, Emir, bientôt 6 ans, et Alma, 3 ans et demi. « Alma, ça veut dire pomme en turc et l'âme en latin. »

Cet Américain est donc un peu belge. « J'ai été busé deux fois pour la naturalisation française. J'essaie une troisième fois, mais ce sera la dernière. Peut-être que je me ferai belge à la place. J'y ai pensé sérieusement, j'ai regardé à être belge, au début, mais c'était plus compliqué qu'en France : pour être belge, il faut d'abord résider en Belgique. Mais je me suis belgicisé, ça vous fera rigoler mais mes correcteurs ont trouvé plusieurs belgicismes dans mon récit. Et mes beaux-parents sont des lecteurs du Soir. »

Les Etats-Unis, en tout cas, est peut-être le seul pays où Jonathan Littell ne voudrait pas vivre. C'est un pays qui lui fait peur. « Dans l'Allemagne nazie, la société a dérapé complètement. Aux Etats-Unis aussi. On y fait n'importe quoi. Mais c'est comme en Belgique, la société y dispose de garde-fous assez forts. Ça mettra du temps mais ça réagira. Et j'espère que, dans quelques années, quand on aura retrouvé l'équilibre, on pourra dire des Etats-Unis d'aujourd'hui : c'était comme du temps de McCarthy, on a pété les plombs. »

 

 

par frambois'acide publié dans : Littérature
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Mardi 12 septembre 2006

IN  : Le Monde

LE MONDE DES LIVRES | 31.08.06 | 11h34  •  Mis à jour le 31.08.06 | 11h34

 

Entretien
Jonathan Littell : "La parole vraie d'un bourreau n'existe pas"


ombien de temps avez-vous travaillé sur Les Bienveillantes ?

 

Durant cinq ans, et j'ai mis quatre mois à l'écrire. J'ai effectué deux voyages sur les lieux où se déroule mon roman. L'un en Ukraine, dans le Caucase et à Stalingrad, et un autre, en Pologne, dans les six camps d'extermination, ainsi qu'à Lublin, et à Cracovie. Je me suis également rendu en Poméranie. Ces voyages ont duré à chaque fois entre quatre et cinq semaines. J'ai retrouvé quelques survivants à Kiev, dont un vieux monsieur qui avait 13 ans lors du massacre de Babi Yar (l'un des plus importants meurtres de masse perpétré pendant la seconde guerre mondiale. 100 000 personnes, en majorité juives, furent assassinées le 28 septembre 1941 par les SS et des auxiliaires ukrainiens). Il était parvenu à s'échapper et s'était réfugié dans un cimetière chrétien. J'ai pu recueillir un témoignage précis sur le processus d'extermination. Au Caucase, j'ai pu retrouver les Tats, les juifs des montagnes. Il n'y avait aucune documentation sur eux.

 

 

Qu'est-ce qui a provoqué votre envie d'écrire ce roman ?

Une photo, d'abord, que j'ai découverte en 1989 alors que je préparais un projet en faculté. Elle montrait le corps d'une jeune paysanne russe, Zoya Kosmodemianskaïa. Elle avait commis un acte de sabotage en décembre 1941 alors que les nazis se trouvaient aux portes de Moscou. Elle avait été pendue par les nazis. Les Soviétiques ont trouvé son corps plus tard, à moitié rongé par les loups. Staline en a fait par la suite une icône. Ce qui est extraordinaire dans cette image c'est qu'on perçoit à quel point cette femme a pu être belle. Cela m'a beaucoup travaillé, et en même temps c'était insupportable. Plus tard, la découverte de Shoah de Claude Lanzmann a orienté mon projet sur l'idée du génocide. Il y a eu ensuite les lectures de La Destruction des juifs d'Europe de Raul Hillberg et Les Jours de notre mort de David Rousset.

 

 

Avez-vous hésité avant d'adopter le parti pris d'écrire votre roman à la première personne, sachant que celle-ci est un bourreau ?

C'était le seul choix possible, car l'objet qui m'intéresse est le meurtre politique de masse. C'était le seul moyen de comprendre ces gens. J'aurais pu écrire à la troisième personne, mais ça ne marchait pas. La question originelle, avant d'écrire mon roman, était : que serais-je devenu si j'étais né allemand en 1913 plutôt qu'américain en 1967 ? La réponse se trouve dans le livre. Je ne dis pas que j'aurais été comme mon personnage. Ma grande peur, enfant, était qu'on m'envoie au Vietnam quand j'aurais 18 ans pour tuer des enfants. J'étais très conscient qu'on ne choisit pas toujours. Ma famille a quitté la Russie à la fin du XIXe siècle. La Shoah est donc restée un événement assez abstrait pour les juifs américains. Ça a beaucoup marqué mon père (l'écrivain Robert Littell), ça l'a marqué toute sa vie, et donc, ça m'a marqué. Mais c'est surtout la confrontation au Vietnam qui a été pour moi décisive.

 

 

Qu'avez-vous appris en épousant le point de vue d'un bourreau ?

Les bourreaux ne parlent pas. Ils n'ont pas de parole. Robert Merle avait écrit, en 1953, La mort est mon métier, les Mémoires imaginaires de Rudolf Höss (le commandant du camp d'Auschwitz), mais il ne possédait pas assez de recul. Bataille, dans La Littérature et le mal, écrit en substance : "Les bourreaux ne parlent jamais. S'ils parlent, ils parlent le langage de l'Etat." C'est ce que j'ai pu constater en lisant les témoignages des bourreaux. Aucun n'a une parole vraie. Alors que les victimes, elles, ont une parole vraie. La parole vraie d'un bourreau n'existe pas. Il n'y a rien.

 

 

Y a-t-il eu des passages plus difficiles que d'autres à écrire, on pense en particulier aux longues descriptions des exactions des Einsatzgruppen en Ukraine ?

Certaines parties ont été plus douloureuses, mais pas celles que vous mentionnez. Avec mon travail (Jonathan Littell a dirigé pour Action contre la faim des missions en Bosnie et en Afghanistan. Il était à Sarajevo pendant la guerre et à Grozny au moment de la révolte tchétchène), il m'est arrivé de me retrouver au milieu d'immenses charniers. On est complètement détaché.

 


Propos recueillis par Samuel Blumenfeld
Article paru dans l'édition du 01.09.06
par frambois'acide publié dans : Littérature
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