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Mardi 19 février 2008
Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quels que soient ses origines, ses choix philosophiques  ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation  des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute  leur  place au doute, à l’imagination et à la créativité.
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité. 

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par frambois'acide publié dans : Idées
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Jeudi 11 octobre 2007
A écouter sur  le site de La bas si j'y suis, l'émission du 11 octobre :


http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=852


Comment à travers la langue on nous fait  "passer" des choses q'on désapprouvait quelques temps auparavant et comment le vocabulaire est manipulé pour ne plus appeler un chat un chat mais donné des noms neutres.....


par frambois'acide publié dans : Idées
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Samedi 26 mai 2007

Je ne vous ai jamais parlé de l'émission de Frédéric Taddéi "Ce soir ou jamais" qui a souvent des thèmes très interessants avec des invités prestigieux (sociologues, historiens, scientifiques, cinéastes, écrivains...) :

C'est tard le soir mais on peut les revoir sur Internet.

Voici celle du 16 mai 2007 : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=241&id_rubrique=104






La gauche en crise

Invités : Alain de Benoist, Edwy Plenel, Daniel Linderberg, Thierry Wolton, Philippe Corcuff, Charles Ficat et Jean Monod

Alain de Benoist, écrivain
Écrivain, essayiste, journaliste et philosophe, Alain de Benoist est le fondateur du GRECE, groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne, baptisé « nouvelle droite » par les médias. Né le 11 décembre 1943, il fait ses classes en tant que journaliste politique pour la revue « Lectures françaises » et en 1961 adhère à la Fédération des étudiants nationalistes. En 1962, il prend en charge le secrétariat des Cahiers Universitaires, revue de la FEN, dans laquelle il publie ses premiers papiers philosophiques. Il intègre également le groupe Europe Action. Alain de Benoist ne cache pas son passé de militant d’extrême droite, mais se défend de toutes affinités avec le racisme ou le totalitarisme dont on l’accuse cependant.
En 1977, son roman « Vu de Droite, anthologie critique des idées contemporaines », dans lequel il exprime sa volonté de dépasser le clivage gauche-droite reçoit le prix de l’Académie Française. Il est l’auteur, entre autres de « Europe, Tiers Monde, même combat » publié en 1986, et « Critiques théoriques, l’âge d’homme » publié en 2003.Son dernier livre « Nous et les autres, problématique de l’identité » est sorti en 2006 aux éditions KRISIS.

Edwy Plenel, journaliste
Né le 31 août 1952, Edwy Plenel intègre la LCR en 1974 sous le pseudonyme « Joseph Krasny ». En 1976, il devient journaliste pour le quotidien de la ligue « Rouge ».
En 1979, il dirige « Barricades », mensuel des jeunesses communistes. Il quittera la ligue à son entrée au Monde en 1980. Il devient directeur de la Rédaction en 1996 et démissionnera en 2004. En 2006, son livre « Procès » revient sur son départ et sur le procès des écoutes téléphoniques.Son dernier livre, « Chroniques marranes » est sorti en avril 2007 chez Stock.

Daniel Linderberg, historien
Historien des idées, professeur à Paris VIII, conseiller à la direction de la revue « Esprit », Daniel Lindenberg est l’auteur, entre autres, de « Le Marxisme introuvable », « Les années souterraines (1937-1947) » publié chez La Découverte en 1990 et « Figures d’Israël », publié chez Hachette en 1997. Son dernier livre « Le Rappel à l’ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires » est sorti aux éditions du Seuil en 2002.

Thierry Wolton, philosophe et écrivain
Thierry Wolton, alias Léon Fourneau, est l’auteur de grandes enquêtes parues chez Grasset (« Le KGB en France », « La France sous influence ») et de nombreux essais (« L’Histoire interdite », « Brève psychanalyse de la France »).
Son dernier livre, « Le grand bluff chinois : comment Pékin nous vend sa révolution capitaliste » est sorti en 2007 aux éditions Robert Laffont.

Philippe Corcuff, sociologue et écrivain
Né le 15 avril 1960 à Oran, Philippe Corcuff est un intellectuel français, spécialisé en sociologie et en philosophie politique. Il a travaillé avec Luc Boltanski et Laurent Thévenot au sein du groupe de Sociologie Politique et Morale de 1985 à 2003, année à laquelle il devient membre du Centre de Recherche sur les liens sociaux. Il est Maître de Conférence en sciences politiques à L’IEP de Lyon depuis octobre 1992 où il enseigne la sociologie et la philosophie politique. Il est l’un des fondateurs de l’Université Populaire de Lyon, créée en janvier 2005. Alter mondialiste, il est membre du Conseil scientifique d’ATTAC depuis 2002. De 2000 à 2004, il collabore à Charlie Hebdo. Son dernier ouvrage, « Politique de l’individualisme : entre sociologie et philosophie » est sorti en 2005 aux éditions Textuel.

Charles Ficat, écrivain
Né à Paris en 1972, Charles Ficat est l’auteur, entre autres, de « Stations : une éducation intellectuelle » publié en 2002, « Les carnets de Clément », publié en 2003, et « La colère d’Achille » publié en 2006 chez Bartillat.

Jean Monod, anthropologue
Né en 1941, Jean Monod étudie l’ethnologie à la Sorbonne. En 1945, il devient ethnologue sous la direction de Lévi-Strauss, puis il travaille avec Robert Jaulin à partir de 1970. Il démissionne de l’université en 1979 pour se consacrer à la poésie. En 1985, il crée la revue AIOU Poésie Image. Il est l’auteur de plusieurs livres chez 10/18 et Christian Bourgoin dont « Les Barjots » écrit en 1968.





par frambois'acide publié dans : Idées
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Jeudi 23 novembre 2006

Le film diffusé  ce soir dans l'émission "Envoyé spécial" consacré au tournage du film de fiction de Christophe de Ponfilly , L'étoile du soldat" était admirable . Christophe de Ponfilly était un vrai journaliste qui ne cherchait pas à se mettre en avant et qui nous a permis de découvrir l'Afghanistan et le commandant Massoud et son combat. Il était profondément humain et fidèle dans ses amitiés.

http://www.dailymotion.com/visited/search/ponfilly/video/xoz11_massoud-et-christophe-1ere-partie

 

Sylvie

 

Critique du film de Christophe de Ponfilly dans Libération

Ponfilly, fiction posthume
«L'Etoile du soldat», film de guerre intimiste du documentariste disparu.
Par Anne DIATKINE
 
 
L'Etoile du soldat de Christophe de Ponfilly, avec Sacha Bourdo, Patrick Chauvel. 1 h 45.
     
 
Il y a la voix qui porte le film. Une voix off, que l'on ne reconnaît pas, abrupte, saccadée, peu régulière, insouciante du «bien dire». On l'associe immédiatement à tort à celle du cinéaste Christophe de Ponfilly, qui s'est tué le 16 mai. C'est celle de Philippe Caubère. Il y a la première image de l'Etoile du soldat : un homme avec un carnet, en haut d'une montagne afghane, qui apprend, en même temps que des milliards d'autres, les attentats du 11 Septembre. C'est un reporter, Vergos, journaliste français, jamais très loin de l'Afghanistan depuis près de vingt ans (le photographe Patrick Chauvel). Comme Ponfilly, qui signe là sa première oeuvre de fiction, avec laquelle, même absent, il fait corps.
On a peu l'habitude de voir des films de guerre aussi intimistes. Peu l'habitude aussi que le cinéma choisisse cette guerre, l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS. Justement, nous voilà à Moscou, en 1984. Un jeune homme, Nikolaï (Sacha Bourdo), qui rêve d'être chanteur d'un groupe rock est enrôlé. Le voilà projeté dans un périple qui ne porte pas le nom de guerre, et où il s'agit de «libérer», contre son gré, un peuple de lui-même. De lui «injecter le poison de la guerre civile» dit la voix off. Filmer cette guerre de l'intérieur, c'est filmer le désoeuvrement des soldats, leurs jeux, leurs lents déplacements sur la rocaille des montagnes, et le calme, l'ennui, le froid, le doute, sans être jamais ennuyeux..
Ponfilly connaissait à la perfection ce qu'il filme. Ce qui lui évite l'artifice du pédagogique. Si son film est limpide et si juste, c'est que acteurs amateurs comme acteurs russes professionnels, lui ont fait confiance. Ou comment la pratique du documentaire conduit à réaliser une «vraie» fiction.

par frambois'acide publié dans : Idées
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Samedi 18 novembre 2006

 

 
Bernard Stiegler : comment "réinventer la puissance publique"
LE MONDE DES LIVRES | 09.11.06 | 11h44


epuis le traumatisme du 21 avril 2002 et l'affaire Richard Durn, l'homme qui assassina huit membres du conseil municipal de Nanterre, le 26 mars 2002, en exprimant son souhait de "faire le mal pour, au moins une fois dans (sa) vie, avoir le sentiment d'exister", le philosophe Bernard Stiegler ne cesse de scruter la misère symbolique d'une France en souffrance, composée "d'individus désaffectés" qui ne savent plus articuler l'individuel au collectif. Cette prise de conscience de la destruction du "narcissisme primordial" des individus (cette part d'amour de soi indispensable au fonctionnement du psychisme) qui résulte de la "canalisation de la libido des consommateurs par les objets de consommation" a conduit le directeur du développement culturel du Centre Georges-Pompidou à s'inviter dans la campagne électorale à travers une "lettre ouverte aux représentants politiques".

 
Car au-delà de la fabrique médiatique et de l'irrésistible vague de la "peopolitique", le pouvoir d'attraction de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy réside, dit-il, dans leur capacité à parler aux désirs : d'avenir, d'identité ou de sécurité. Lien affectif qui dépasse les pulsions de chacun, le désir est même "la condition de la vie politique", explique Stiegler, parce qu'il permet "la transformation d'une énergie égoïste en énergie sociale". Or ce désir serait en voie de destruction massive par le "populisme industriel" qui nous inflige "tous ces désirs qui nous affligent", comme dit la chanson d'Alain Souchon.

Contraints "de s'adapter aux rythmes saccadés des émissions de télévision, et de produire des slogans plutôt que des idées", Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne parlent aux désirs qu'à travers les pulsions. De la même façon que l'emprise des marques s'immisce dans la fragile socialisation des adolescents, la "télécratie" transforme les citoyens en consommateurs. Ainsi manipulé par "la domination des médias audiovisuels sur la vie publique", le désir de participer à la vie de la cité est-il à son tour récupéré, notamment par Désirs d'avenir, le blog de Ségolène Royal qui, assure l'auteur, extraits à l'appui, ne produit qu'une "illusion de participation".

La véritable "rupture" consisterait à "changer le monde" et à le "réenchanter", poursuit-il, en prenant au mot Laurence Parisot, la présidente du Medef qui avait intitulé l'université d'été 2005 des chefs d'entreprise "Le Réenchantement du monde", et à qui il dédie à la fois sérieusement et ironiquement un ouvrage coécrit avec l'association Ars Industrialis. Car il s'agit pour Bernard Stiegler de sauver le capitalisme de ses penchants populistes par l'invention d'un "european way of life" et "l'instauration d'un nouveau modèle industriel". Education ("le premier enjeu du scrutin"), entreprise, médias (sur lesquels les deux candidats ne disent "pas un mot" puisqu'ils y sont comme des poissons dans l'eau), l'auteur invite les citoyens à "réinventer la puissance publique", notamment par la mobilisation de l'assemblée des amateurs ("l'amatorat") que fait émerger la technologie numérique. Dans cet essai foisonnant, Bernard Stiegler en appelle à une "politique industrielle des technologies de l'esprit" pour contrecarrer la transformation des consciences en cerveaux disponibles qui touche une France dont les désirs d'avenir sont aujourd'hui court-circuités par le règne de la "télécratie".


 

LA TÉLÉCRATIE CONTRE LA DÉMOCRATIE de Bernard Stiegler. Flammarion, 270 p., 18 €.

RÉENCHANTER LE MONDE. La valeur esprit contre le populisme industriel de Bernard Stiegler et Ars industrialis. Flammarion, 174 p., 12 €.

 

par frambois'acide publié dans : Idées
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