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Mardi 8 juillet 2008
J'ai repris cet article pour plusieurs raisons car c'est une partie de notre histoire trop méconnue,  j'aime l'histoire médiévale (formation initiale en Histoire) et pour RG.



par frambois'acide publié dans : Histoire
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Lundi 21 avril 2008
1° Texte de Vincent Duclert  paru dans le Monde

La nuit des archives, par Vincent Duclert

LE MONDE | 16.04.08 | 15h05  •  Mis à jour le 16.04.08 | 15h05

ne inquiétude très vive a saisi la communauté des historiens après l'adoption par le Sénat, le 8 janvier 2008, d'un projet de loi sur les archives qui sera soumis au vote des députés le 29 avril. Au-delà d'une discussion qui semble ne concerner que les spécialistes, une telle loi menacerait la recherche en histoire et la liberté des citoyens. Loin d'être seulement de vieux papiers d'Etat, les archives publiques demeurent au centre de la cité et participent pleinement de la démocratie.
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Dans une Adresse aux parlementaires, l'Association des usagers des Archives nationales a relevé cinq dispositions inquiétantes, susceptibles de paralyser la recherche historique contemporaine et de restreindre "de façon arbitraire le droit d'accès des citoyens aux archives publiques contemporaines" : la création d'une catégorie d'archives incommunicables, au nom de la sécurité nationale ou de la sécurité des personnes, mais qui contredit le principe rendant les archives publiques communicables de plein droit ; l'instauration d'un nouveau délai de non-communicabilité d'archives pendant soixante-quinze ans, ce qui allonge de quinze ans le délai interdisant (sauf dérogation) l'accès à toute une série d'archives sensibles dont certaines sont aujourd'hui librement communicables ; une aggravation des conditions permettant aux chercheurs d'utiliser des documents obtenus par dérogation.

L'accélération du processus de privatisation des archives publiques émanant des chefs d'Etat, des ministres et de leurs collaborateurs, ceux-ci obtenant une forme de droit sur des documents qui ont été produits dans l'exercice de leurs fonctions ; enfin, un culte du secret visible jusque dans la rhétorique du projet et qui apparaît de fait comme une justification d'un projet résolument obscurantiste.

L'obscurité risque de tomber sur la recherche scientifique, les chercheurs se voyant entraver dans leur accès aux sources politiques (même si certains délais de communicabilité seraient réduits) et menacer si leurs travaux portent "une atteinte excessive aux intérêts que la loi a entendu protéger". Cet étouffement serait d'autant plus dramatique que les historiens ont prouvé que la recherche était le moyen essentiel de la sortie par le haut, dans l'honneur et la connaissance, des crises de mémoire. Un tel projet conforte le rejet de l'histoire critique sous la dénonciation par Nicolas Sarkozy de la "repentance". Pour faire cesser cette "mode exécrable" (9 mars 2007), le plus simple est donc de fermer les sources de la critique !

AU CoeUR DES CRITÈRES DE DÉMOCRATIE

L'obscurité recouvrira aussi l'Etat tenté de s'abstraire de sa mission de servir l'intérêt général et les libertés publiques. Ce projet de loi, défendu par le précédent ministre de la culture, traduit un processus de renforcement des logiques administratives visant au contrôle des archives par les institutions qui les ont produites. Cette forme de privatisation du bien commun a affecté jusqu'au Conseil constitutionnel décidant pour ses propres archives de sortir du cadre de la loi (27 juin 2001). L'administration des archives a laissé faire, encouragée en cela par les différents gouvernements à l'exception de celui de Lionel Jospin, qui a réaffirmé à trois reprises le devoir de l'Etat de verser aux fins de communiquer, en conformité avec la loi de 1979 aujourd'hui vidée de son esprit libéral.

L'obscurité touche enfin les droits fondamentaux. Guy Braibant, dans son rapport sur les archives en France remis au premier ministre en 1996, soulignait que la loi de 1979 s'est fondée sur l'article 34 de la Constitution, qui réserve à la loi le pouvoir de fixer "les droits civiques et les garanties fondamentales accordées au citoyen pour l'exercice des libertés publiques". Les rédacteurs de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 avaient pour leur part anticipé la dimension fondamentale des archives : "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration" (art. 15).

La question des archives figure désormais au nombre des critères de démocratie, comme l'indépendance de la justice ou la liberté de la presse. Le Conseil de l'Europe ou les institutions fédérales américaines reconnaissent ce principe, qui est aujourd'hui nié par le projet de loi, synonyme de régression nationale : la France n'a-t-elle pas été dans le passé une nation de référence pour les politiques publiques d'archives et l'existence d'une administration scientifique, juridique et technique (laquelle sera supprimée prochainement) ?

Soucieux de bien agir, l'ancien directeur des archives Philippe Bélaval avait proposé en 1998 que les archives soient "au centre de la cité". Le projet de loi les place au dehors. Citoyens, historiens, archivistes, juristes doivent se mobiliser pour construire un pouvoir des archives, indépendant et exemplaire, au service de la démocratie.


Vincent Duclert est historien, professeur agrégé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

2°Dossier de France Info

Les explications d’Isabelle Souquet qui a enquêté.


Ecouter le dossier du jour sur le projet de loi sur l’accès aux archives publiques. Une enquête d’Isabelle Souquet  (4'22")

3°Projet de loi
Cliquer sur le lien suivant
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/projets/pl0566.pdf
4°Réactions de Benjamin Stora sur Rue 89

Benjamin Stora, historien de renom, a signé la pétition. Pour lui, les dispositions du nouveau texte restreignent considérablement le champ de la recherche:
En interdisant l'accès aux archives avant soixante-quinze ans si le texte passe comme tel, la loi empêcherait par exemple l'accès aux documents pour des périodes aussi sensibles que le régime de Vichy ou la guerre d'Algérie.
In : http://www.rue89.com/2008/04/17/archives-vichy-et-la-guerre-dalgerie-bientot-inaccessibles

5°Pétition http://www.parlements.org/actualites/projet_de_loi_relatif_aux_archives_2008.html#2


par frambois'acide publié dans : Histoire
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Lundi 18 février 2008
Sarkozy montre sa bêtise et sa stupidité en tenant des propos dangereux pour la France, pour notre histoire  commune et pour  notre société. Il est prêt à dire n'importe quoi sans en mesurer les conséquences.


Annette Wieviorka: "J'ai été choquée puis révoltée"

Propos recueilis par Alexandre Duyck
Le Journal du Dimanche
17 février 2008
>> Chercheuse au CNRS, l'historienne Annette Wieviorka est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Shoah dont Auschwitz expliquée à ma fille (Seuil). La chercheuse estime qu'il n'y a pas de risque d'oubli et que la proposition du chef de l'Etat est même dangereuse pour la démocratie. Ce n'est pas le rôle du président que de s'occuper du contenu de l'enseignement scolaire.

"En entendant la proposition du président de la République, j'ai d'abord été choquée, puis révoltée. Et l'âge évoqué (10 ans) rend cette idée encore plus choquante. Mais mon hostilité aurait été identique à n'importe quel âge. Que veut-on faire? Jumeler un enfant vivant et un enfant mort? Donner au vivant la charge d'un fantôme, l'introduire dans la mort? Doubler sa vie de la mort d'un autre? C'est insupportable. "On ne traumatise pas un enfant en lui faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays", a dit vendredi Nicolas Sarkozy. Un cadeau ? Mais ce terme est insultant! La mémoire de ces enfants assassinés n'est certainement pas un cadeau. C'est une tragédie, une charge. Les enfants de 10 ans, on peut leur faire d'autres "merveilleux cadeaux" que celui-là. Alors comme Simone Veil, je trouve cette proposition "inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste". Nos enfants, nos petits-enfants n'ont pas à porter des crimes qui ne sont pas ceux de leur génération. Il faut bien mal connaître les enfants pour faire une telle proposition, tout à fait indécente. A ce compte-là, si l'on veut aller plus loin encore dans l'obscénité, pourquoi pas servir la soupe d'Auschwitz à la cantine des écoles une fois par an?

Lubie ou "coup" mémoriel
Pourquoi cette proposition? Je ne sais pas. Il n'y a pas eu de demande de la communauté juive. Je pense plutôt à une lubie ou à un "coup" mémoriel, plutôt raté puisqu'il me semble qu'à l'exception de Serge Klarsfeld, qui vit depuis des années en compagnie de ces enfants morts dont il a retrouvé les noms, et pour beaucoup d'entre eux les visages, ce dont nous lui sommes à jamais reconnaissants, la proposition n'a pas rencontré grand succès. Le président de la République avait déjà exigé que les enseignants célèbrent la mémoire de Guy Môquet. Ces injonctions, hors de propos, dont on comprend mal la logique, me semblent néfastes. Elles imposent un usage politique étroit de l'Histoire. De façon curieuse, elles plongent les enfants et les adolescents dans le culte d'enfants et d'adolescents de leur âge morts. Je trouve étrange et malsain que ce Président, qui prétend représenter la jeunesse, ne donne aux jeunes comme modèles que des jeunes assassinés, qui n'ont pas demandé à mourir. Nicolas Sarkozy doit trouver ces thèmes de la déportation et de la Résistance porteurs, moins glissants que d'autres périodes de l'Histoire qui seraient plus conflictuelles. Mais la façon dont il intervient dans le débat aboutit à faire de ces sujets, sur lesquels il y avait accord, des sujets de discorde. Parce qu'il s'agit de sa part d'injonctions qui ne sont ni pensées ni conçues dans la concertation. Encore une fois, ce sont des coups. Il n'y a ni réflexion ni profondeur.

Il n'y a pas de risque d'oubli
J'ai écrit Auschwitz expliqué à ma fille en pensant à des enfants de 14-15 ans, l'âge de ma fille à cette époque. Elle était en 3e. Je ne pense pas qu'il y ait un âge idéal pour évoquer la Shoah avec les jeunes. Ce que je sais, c'est qu'il faut attendre. Aborder le génocide des juifs à l'école primaire est selon moi une mauvaise chose. La spécificité de la Shoah n'est guère compréhensible aux écoliers. Comment comprendre que des hommes sont venus chercher des enfants de leur âge, parfois dans leur propre école, pour aller les tuer à des milliers de kilomètres de là? C'est aujourd'hui encore incompréhensible à nos esprits d'adultes, ça l'est forcément pour des enfants. Il y a la littérature, les visites des survivants dans les classes, des films autant qu'on en veut, autant de moyens d'entrer dans cette Histoire sans ajouter cette surcharge émotionnelle insupportable. L'enseignement de la Shoah en France est très satisfaisant, énormément de choses ont été mises en place. Il est faux de dire, comme Nicolas Sarkozy: "Si vous ne leur parlez pas de ce drame-là, ne vous étonnez pas que cela se reproduise." Il n'y a pas de risque d'oubli. Cette période historique est sans doute celle sur laquelle on insiste le plus au cours de la scolarité, celle pour laquelle les moyens les plus considérables sont déployés.

Dangereux pour la démocratie
Les enseignants n'aiment guère cette incursion du politique dans leurs classes. Certes, il leur reste la liberté de travailler selon leur conscience. Mais je trouve la démarche de Nicolas Sarkozy significative d'un manque de confiance à leur égard. Avec lui, l'Etat se mêle trop de l'enseignement de l'Histoire. Cela me choque beaucoup. Que l'Etat organise des célébrations, des commémorations, c'est normal. Mais un président de la République n'a pas à faire le métier des enseignants à leur place. C'est insultant. Il existe des procédures régissant la rédaction des programmes, il existe un ministère de l'Education nationale, avec des enseignants, des inspecteurs... Il n'a pas non plus à délivrer des bouts d'idéologie en permanence. C'est dangereux pour la liberté des historiens et pour la démocratie. Je fais en cela le rapprochement entre la proposition de Nicolas Sarkozy sur la mémoire des enfants juifs morts et ses discours de Saint-Jean-de-Latran et de Riyad sur la religion. On n'a jamais vu ça en France, un président de la République intervenant sans cesse à-propos ou hors de propos dans des domaines qui ne relèvent pas nécessairement de sa fonction. Nous avons en France une séparation entre l'Eglise et l'Etat et c'est très bien comme ça. Et ce n'est pas à lui de la remettre en cause. Ni de décider des enseignements que doivent recevoir les écoliers."
par frambois'acide publié dans : Histoire
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Lundi 22 octobre 2007
Discours de malraux :

http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/dossiers/malraux2006/discours/a.m-moulin.htm

www.culture.gouv.fr/culture/actualites/dossiers/malraux2006/discours/a.m-moulin.htm

Pour écouter et revoir le discours d'André Malraux Au Panthéon

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAF89027428







par frambois'acide publié dans : Histoire
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Mardi 2 octobre 2007
In : www.liberation.fr

Le malaise des historiens
Ils craignent que la recherche sur l’immigration ne soit inféodée au pouvoir.
Par CATHERINE COROLLER
QUOTIDIEN : mardi 2 octobre 2007
      
 
 
Nicolas Sarkozy tente-t-il de créer des think-tank de droite avec des chercheurs à sa botte sur les questions d’immigration et de colonisation? La prochaine inauguration d’un Institut d’études sur l’immigration et l’intégration et d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie suscitent une forte émotion dans les milieux scientifiques. Une pétition contre la création de l’Institut circule, coordonnée par Patrick Simon, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined), et devait être rendue publique la nuit dernière. D’autres universitaires, dont l’historien Gilles Manceron, réfléchissent à une «prise de position des milieux scientifiques» sur la Fondation.
 
Point commun entre les deux projets? «On assiste à une reprise en main de la droite en général et du gouvernement en particulier dans le domaine de la production de recherche sur les questions d’immigration, d’intégration, de mémoire et d’histoire de la colonisation, analyse Patrick Simon. Le gouvernement fonde les décisions qu’il prend sur des diagnostics, et il est important pour lui que ces diagnostics soient partagés par la communauté scientifique.»Or, en matière d’immigration notamment, les chercheurs contestent certains diagnostics gouvernementaux, comme le fait que la France accueillerait plus de migrants que les autres pays.
Le gouvernement lance-t-il la contre-attaque avec ces deux projets? Concernant la Fondation, il est trop tôt pour le savoir. Certes, la création de cette instance figurait dans la loi de février 2005. Une autre disposition de ce texte, incitant les programmes scolaires à reconnaître le «rôle positif de la présence française outre-mer», avait provoqué une mobilisation du monde de la recherche, contraignant Jacques Chirac à retirer cet article. Mais la Fondation, elle, est restée. Dans un discours prononcé le 25 septembre lors de la Cérémonie d’hommage national aux harkis, François Fillon a annoncé sa création pour 2008. Pas plus de détails si ce n’est une allusion à des «historiens indépendants». Pour l’Institut, les intentions du gouvernement sont plus précises. Parmi les points qui inquiètent les chercheurs, le fait que cette instance soit créée par le Haut conseil à l’intégration, dont le président est nommé par le Premier ministre. C’est d’ailleurs Brice Hortefeux qui «procédera à [l’]installation officielle» de cet institut, lundi prochain. Autre souci: sa présidente est l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, qui s’était fait remarquer en associant les émeutes en banlieue de l’automne 2005 et la polygamie. Enfin, des chercheurs figurant dans la liste des membres du Conseil scientifique affirment ne pas avoir donné leur accord. Ainsi, Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ou Paul Schor, maître de conférences à Paris X-Nanterre.
François Guéry, secrétaire général du HCI, ne voit pas où est le problème. «Nous sommes rattachés au Premier ministre, c’est normal qu’il confie l’inauguration de cet institut au ministre qui s’occupe de l’intégration». «Les chercheurs sont libres, poursuit-il. Je n’ai jamais vu un chercheur ne pas être libre». Pour lui, le rôle de l’Institut sera de présenter des préconisations au gouvernement: «On va par exemple regarder comment les immigrés eux-mêmes planifient leur intégration, quel est leur souhait, leur stratégie . Il ne faudrait pas qu’une immigration mal agencée vienne mettre en cause le régime républicain. Il peut y avoir des ennemis de la République qui s’arrogent tous les moyens pour mettre les institutions en danger». La présence de Carrère d’Encausse? «C’est quelqu’un d’absolument respectable. Certains ont mis en avant des déclarations, mais qui n’en a pas fait?»
La rentrée des chercheurs s’annonce donc chargée. D’autant qu’ils ont un troisième sujet de préoccupation: l’ouverture, le 10 octobre, de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Huit intellectuels avaient démissionné de son Comité d’histoire, avant l’été, pour protester contre la création d’un ministère dont l’intitulé associe «immigration» et «identité nationale». En précisant qu’il ne s’agissait pas d’une remise en cause du projet lui-même, piloté par Jacques Toubon. Ils craignent que la Cité ne pâtisse de ces polémiques, y compris celles entourant le projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration. Au risque d’ajouter à la confusion, selon eux, la Ligue des droits de l’homme appellerait à une manifestation contre la politique d’immigration de Sarkozy devant la Cité, le jour de l’ouverture. Ces huit chercheurs préparent un communiqué rappelant leur soutien à ce musée.
par frambois'acide publié dans : Histoire
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