Recommander

Catégories

Recherche

FCPE

Mardi 14 mars 2006

FCPE, les parents aux côtés des jeunes -

13 mars 2006

Nous invitons les parents à participer nombreux et à être présents dans le service d’ordre les 14 et 16 mars afin d’éviter les débordements et les provocations visant à discréditer le mouvement.

Le 14 mars à Paris : rendez-vous à 14 h, parvis de Jussieu.

Le 16 mars à Paris : rendez-vous à 14 h, Place d'Italie.

Le 18 mars à Paris : rendez-vous à 14 h Denfert Rochereau (angle de la rue Cassini et de l’avenue Denfert Rochereau).

La FCPE appelle les parents à manifester avec les lycéens et les étudiants contre le CPE.

Le gouvernement reste sourd à la demande de retrait du CPE qui s’est exprimée le 7 mars dans tout le pays et utilise la force et la violence contre la jeunesse. Il prend ainsi le risque d’exacerber les tensions.
Il doit comprendre que les jeunes ne peuvent accepter d’être considérés comme des « salariés kleenex » après avoir travaillé dur pour obtenir des diplômes pas plus que leurs parents qui ont investi financièrement pour les études de leurs enfants.
Pourquoi cet acharnement ? Nous doutons que les vrais objectifs soient l’intérêt de la jeunesse.

Les 14, 16 mars et 18 mars, par une mobilisation massive, nous dirons à Villepin et Sarkozy notre refus de ce contrat de précarité qui touche de plein fouet tous les jeunes qui entrent sur le marché de l’emploi et notre attachement au droit d’expression des lycéens et des étudiants, à leur droit de contester et d’agir quand ils craignent pour leur avenir.

Nous invitons les parents à participer nombreux et à être présents dans le service d’ordre les 14 et 16 mars afin d’éviter les débordements et les provocations visant à discréditer le mouvement, que l’on a connus dans un passé récent.


Contact presse : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16
Par frambois'acide
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 23 mars 2006


Contre le CPE : Ecole morte le 28 mars

La FCPE refuse le CPE, elle appelle à une journée "Ecole morte", le 28 mars dans les écoles, les collèges et les lycées. Elle invite tous ceux qui le peuvent à ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jour là en signe de protestation et de solidarité avec la jeunesse.

 

Depuis l’annonce du projet de CPE, la FCPE s’est opposée à cette mesure.

Pour faire du 28 mars un temps fort de l’expression du refus des parents, la FCPE appelle à une journée " Ecole morte ".


Elle invite tous ceux qui le peuvent à ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jour là en signe de protestation et de solidarité avec la jeunesse.

Les parents refusent ce " contrat première embauche " qui, sous couvert de faciliter l’entrée dans la vie active, condamne les jeunes à une entrée dans l’emploi précaire.
Ils n’acceptent pas que leurs enfants soient considérés comme une future main d’œuvre serviable et corvéable à merci.
Samedi 18 mars, ils étaient nombreux dans les rues de toutes les villes de France aux côtés des jeunes pour exiger le retrait de cette mesure rejetée par la grande majorité des français.
Le gouvernement campe sur ses positions ; il refuse d’entendre raison.
Il va même jusqu’à se réfugier derrière le fait que la loi est votée, vilipendant tous ceux qui osent la contester.
Nous disons à Monsieur de Villepin qu’il n’y a pas de 49-3 pour l’opinion publique et pour les parents.

La détermination des parents est forte, le mouvement doit encore s’amplifier.


Contact presse : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16

 

Par frambois'acide
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 2 avril 2006

RETRAIT DU CPE !
Place de la République à Paris


La FCPE Île-de-France appelle les parents à manifester
mardi 4 avril – 14 h 30
- sous le ballon jaune FCPE –


Les manifestations du 28 mars, à Paris comme dans l’ensemble du pays, ont atteint une ampleur historique. Aux jeunes et à l’ensemble de la population mobilisée contre la précarité à vie institutionnalisée, le gouvernement répond, une fois de plus, par le mépris, la condescendance et une fin de non recevoir.


A la surdité du Premier ministre s’ajoute maintenant l’appel irresponsable et dangereux du ministre de l’Éducation nationale, demandant aux chefs d’établissement d’appeler les forces de l’ordre contre les blocages des lycées.
Demande qui a suscité la colère des parents, des enseignants, des chefs d’établissement (SNPDEN et SNUEP), et même de l’UNSA-police.

La FCPE dénonce par avance toute intervention policière, comme celle intervenue jeudi 30 mars au lycée Fénelon, et la répression des lycéens (6 interpellations à
Fénelon). Elle réaffirme son attachement à la liberté d’expression et au droit de réunion des lycéens. Elle confirme son soutien à leur mobilisation légitime en défense de leurs intérêts, de leur avenir.
Il est désormais nécessaire de passer à une étape supérieure de mobilisation :
pour que nos enfants ne fassent pas les frais d’une politique absurde,

pour qu’ils aient un autre avenir que le CPE, le CNE, le contrat senior, bref, une vie de précarité,  
pour que les cours reprennent,

pour que les examens aient lieu,

pour que l’optimisme fasse place à l’amertume que développe la rigidité gouvernementale.


La jeunesse veut vivre, apprendre, avoir les armes de la critique, et refuse le « mon univers à moi, c’est moi » de M. Galouzeau de Villepin. Tous savent qu’un autre monde est possible.
Gagner contre la loi « égalité des chances » (CPE, mais aussi rétablissement de l’apprentissage à 14 ans, du travail de nuit à 15), c’est :
 porter un coup d’arrêt à la casse de l’Éducation nationale programmée dans une logique de
rentabilisation du marché de l’Éducation,
 ouvrir la voie à la remise en cause de la loi Fillon qui accroît les inégalités scolaires,
 ouvrir la voie du rétablissement des moyens supprimés ces dernières années à l’école, au collège et
 ouvrir la perspective d’un système d’enseignement plus égalitaire, reconnaissant la diversité des
savoirs et donnant à chaque jeune les moyens de construire son avenir.
Le 4 avril est l’occasion d’un nouveau et encore plus puissant « Tous ensemble ». Etudiants,
lycéens, enseignants, personnels administratifs et parents disons :
Retrait du CPE
Retrait de la loi dite « Égalité des chances »


Pour une autre politique d’éducation, d’emploi, de formation,
pour l’avenir des jeunes et du pays
!

Communiqué de presse de la FCPE NATIONALE – 30 mars 2006


Villepin s’obstine, Robien provoque : la FCPE persiste !
La FCPE appelle les parents à s’associer massivement à la nouvelle journée d’action nationale
du 4 avril.
Il ne suffisait pas que le Premier ministre se rue tête baissée dans une impasse.
Son ministre de l’Education nationale fait dans la surenchère : après avoir traité avec mépris et
condescendance la manifestation massive du 28 mars dernier, il se prépare à faire évacuer les
lycées occupés, par les forces de police et de gendarmerie.
C’est ce que le gouvernement appelle globalement « renouer le dialogue ».
Surdité, aveuglement, entêtement : quand un gouvernement est à ce point coupé de sa
jeunesse, il en vient aux menaces et à la répression.
Il fait ainsi l’aveu de son impuissance.
La FCPE et les parents n’acceptent pas que les premiers responsables de la nation donnent comme modèle éducatif l’autoritarisme borné, fondé sur le mépris d’une jeunesse qui serait par
essence turbulente, indisciplinée et mauvaise par nature.
C’est pour cette raison que les parents ne baisseront pas les bras : ils veulent que la jeunesse garde confiance en des adultes qui, heureusement, pour beaucoup d’entre eux, ont une
conception généreuse et solidaire de l’éducation et de ses relations avec les jeunes.
Le comité régional FCPE Ile de France regroupe les FCPE 75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95

Par frambois'acide
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 15 juin 2006

Déclaration du Comité régional FCPE d'Ile de France

 

 " L'école que nous voulons "

 

Plutôt que de revenir sur le rapport d?activité lui-même, nous voulons poser la question de l?enjeu du congrès à la lumière des événements de cette année et dans la perspective de l?année qui vient, en lien avec la réalité de l?école en IDF, avec notre activité quotidienne dans l?action contre la politique actuelle : voir les milliers de parents qui ont manifesté contre la LEC, le CPE au printemps.

La question en débat est centrale : " comment réduire les inégalités à l?école ? Quelle école voulons-nous ? "

La FCPE a un projet éducatif. Ns ne sommes pas démunis. Mais les événements de ces deux dernières années renouvellent la question de l?avenir de l?école. La lutte des lycéens contre la loi Fillon, la révolte sociale mal nommée " émeutes des banlieues " , le mouvement du printemps 2006 contre la LEC, dont le CPE faisait partie, conduisent à poser avec plus de force, plus de radicalité, la question de l?avenir de l'école.

Il convient de réactualiser notre projet éducatif. Le congrès doit sortir avec des propositions fortes  que nous porterons en toute indépendance vis à vis des candidats aux prochaines élections.

Nous n'avons pas besoin, ici, de refaire la liste des remises en cause de l'école publique, des régressions à l'oeuvre, liquidant, revenant sur tous les progrès, quelles que soient leurs limites, réalisés depuis l'après-guerre, depuis 50 ans. C'est bien d'une contre-réforme libérale qu'il s'agit, dictée par les exigences de l'économie moderne qui creuse les inégalités.

Face à cette politique, une seule solution : organiser la résistance sur la base de notre projet éducatif comme alternative en intégrant la question sociale à son plus haut niveau, c'est à dire la question de l'égalité de l'accès aux savoirs, à la culture, quelle que soit l'origine socioculturelle des individus, donc la lutte contre les inégalités, contre toutes les discriminations. Quelle politique volontariste pour que l'égalité soit réelle et non seulement formelle ? Voilà la question !

Nous sommes un peu dans la situation de jeter les bases, comme dans l?après-guerre, d?un appel, d?un plan démocratique pour " l?école que nous voulons ".

Pour ce faire, il nous appartient de répondre, en particulier, à 3 questions : qui, quoi, comment ?

Qui ? A qui enseigne-t-on au cours de la scolarité obligatoire, au moins jusqu?à 16 ans? A tous les jeunes d?une classe d'âge ou à une partie privilégiée de la jeunesse répondant aux normes du système ? Pour nous, c'est clair, tous les jeunes sont éducables. Pas de tri !

Quoi ? Qu'enseigne-t-on à l?école, au collège : un socle de connaissances " lire, écrire, compter ", réducteur bien que fondamental, ou une culture commune à repenser, à démocratiser ; une culture à partager par tous, intégrant le " penser ", la formation à la réflexion, au raisonnement, au jugement, au goût, et faisant appel à l?imagination, à la créativité, aux sens, à tous les sens des individus.

Nous devons affirmer clairement qu?au-delà de la nécessaire évolution des disciplines à enseigner, de la place de chacune, de leur articulation la place de la formation à la pensée critique est fondamentale dans le processus de construction du citoyen libre et responsable, acteur de son projet de vie au sein de la société moderne et démocratique.

C'est la dimension démocratique, émancipatrice de l'éducation que nous devons souligner, mettre en avant en opposition à toutes les tentatives de réduction de l'enseignement à ce qui est, serait utile.

Comment ? La question des méthodes pédagogiques est fondamentale. Ni pédagogisme, ni encyclopédisme ! L'objectif d'exigences élevées pour tous en terme de connaissances à acquérir et à maîtriser par chacun implique de repenser l'hétérogénéité en terme de détours, de chemins donnant la possibilité à chacun d'y accéder ; sans tomber dans l?individualisation outrancière, culpabilisante, stigmatisante, excluante préconisée par le gouvernement.

Il convient de mettre en oeuvre des stratégies basées sur les démarches d'apprentissage collective, coopérative tout en personnalisant en prenant en compte l'individu.

Il faut en finir avec un système de notation producteur d?échec, avec la sélection au cours de la scolarité obligatoire.

Il ne peut y avoir de démocratisation des savoirs, de réussite de tous les élèves, d'épanouissement individuel à l'école sans amélioration de la relation humaine école-parents, enseignants-parents, adultes-élèves dans et hors la classe.

Appelons au changement du regard des enseignants vis à vis des élèves et de leurs familles, de l'accueil, à l?évaluation en passant par la pédagogie sans oublier l?orientation, à toutes les étapes de la scolarité.

Il est essentiel de mettre en ?uvre des pédagogies actives où le jeune devient acteur de sa formation, de son projet, et non simple sujet, exécutant, passif, soumis à l'autorité du Maître-Professeur.

Il faut changer profondément la pédagogie ;

Il faut une réforme urgente de la formation professionnelle des enseignants (en 2 ans)

Et, nous revendiquons le droit à l?information des parents sur la pédagogie, dans les conseils d?école et d?administration ;

La place des parents à l'école et de leurs représentants doit être réellement reconnue, pas seulement dans des discours en trompe-l'oeil . Des espaces, des lieux de parole, d'échange et même de formation doivent être organisés pour la concrétiser. C'est ainsi que la co-éducation deviendra une réalité. Réclamons une maison des adultes dans tous les établissements scolaires.

Répondre comme ns le proposons à " l'école que nous voulons " implique, très probablement, des moyens pédagogiques, éducatifs d?une autre ampleur que ceux affectés aujourd?hui. Cela suppose aussi une rénovation pédagogique combinée à un changement majeur dans les relations humaines au sein du système éducatif public. Tout ceci doit trouver sa traduction ds les projets d?établissements, lieu de réalisation concrète des objectifs nationaux.

La question de la place du privé ne peut être éludée ? cela a été dit - d'autant que le gouvernement tend, sans scrupules, à tirer un trait d?égalité entre le privé et le public, qui remplirait, chacun à sa manière, une même mission de service public.

Sans rouvrir la " guerre scolaire ", osons réaffirmer que la seule école libre dans la république démocratique et sociale de notre siècle, c?est l?école publique : "fonds publics à l?école publique ; fonds privés à l?école privée".

Pour avancer dans cette direction, il nous faut travailler, sans concession, avec opiniâtreté, à construire une alliance entre parents et enseignants, pour travailler et réfléchir ensemble ; trouver des solutions à court, moyen terme. Pour préparer autre chose !

C'est dans l'action contre les régressions et le débat avec les syndicats d?enseignants, d?étudiants et de lycéens, les mouvements pédagogiques que nous forgerons, les grandes orientations d?une alternative pour l'école que nous voulons : démocratique, égalitaire, solidaire, au sein d?une société de même nature, pour offrir un avenir digne à nos enfants !

Ces idées fortes, une fois élaborées, ns les rendons publiques et les mettons largement en débat. Nous sommes prêts à les soumettre, en toute indépendance, aux partis politiques démocratiques qui se réclament de la République, et à leurs candidats, car ils ont la responsabilité d?apporter les réponses politiques à l?avenir de l?école, de notre système éducatif public dans un monde en mouvement.

Une " référence " pour se donner la force d?agir :

Gramsci " pessimisme de l?entendement, optimisme de la volonté ".

 

http://www.fcpe95.com/IMG/doc/Declaration_CRIDF_congres_national.doc

Par frambois'acide
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 29 mars 2007

Conseil Départemental des Parents d’élèves des Écoles Publiques Laïques du Val d’Oise

101 rue du Brûloir - 95000 CERGY

' : 01 30 32 67 67 - 7 : 01 30 32 78 77

: fcpe95.cdpe95@wanadoo.fr

ü : http://www.fcpe95.com

 

INACCEPTABLE

Depuis 2004 le Val d’Oise a les plus mauvais résultats scolaires de France*.

Et pourtant en  2004, réduction de 1600 heures d’enseignement.

En 2005 réduction de 1300 heures d’enseignement.

En 2006 sous couvert d’une refonte des contenus des STT, 34 divisions ont été supprimées et 10 suppressions de Premières STT ont été programmées.

Tout cela équivaut déjà à la fermeture de quatre Lycées dans le département

et à la suppression de 195 postes d’enseignants.

Pour 2007 ce sont encore 3110 heures d’enseignement par semaine qui vont être supprimées.

C’est la suppression de nombreuses options (langues vivantes, langues classiques, philosophie,…) ; la suppression de tous les moyens de soutien individualisés en seconde ; la fin du dédoublement des classes de langues, mais aussi de laboratoire, de physique-chimie ; la suppression des heures consacrées à l’UNSS ; la réduction des heures de coordination et de remédiation.

Soit un total d’heures équivalent à 172 postes d’enseignants en moins.

Ce qui aboutit au H/E (temps d’enseignement) le plus faible de France.

Toutes les classes sont à la limite légale, soit 35 élèves par classe.

 Il n’est pas prévu de redoublements pour les élèves malchanceux au bac 2007.

 Déjà en septembre dernier, faute de places, 300  lycéens** n’ont pu trouver d’affectation dans le département.

Dans les lycées professionnels lors de la rentrée 2006 pour 6000 demandes** il n’y a eu que 4500 places.

Bref, réductions d’heures d’enseignement, fermetures de filières, soutien scolaire abandonné aux boîtes privées…STOP !

C’est inacceptable !

 Nous appelons tous les parents à s’opposer fermement à ces décisions irresponsables qui sacrifient l’avenir de nos enfants.

Nous exigeons la révision à la hausse de la DGH 2007 ; nous exigeons des moyens d’enseignement ambitieux pour le Val d’Oise,  et un projet éducatif à la hauteur de l’indispensable réussite éducative et de l’épanouissement de tous les élèves.

Nous appelons les parents à riposter dans leurs établissements ; nous appelons tous les membres de la communauté éducative à soutenir et à participer au large rassemblement de protestation qui sera organisé le 

 

 

 

Samedi 31 Mars à 10hsur le parvis de la Préfecture de Cergy-Pontoise

* Rapport de l’Inspection Générale de l’Education Nationale de juillet 2006

 

 

** Chiffres fournis par l’Inspection d’Académie.

 

 

 

Par frambois'acide
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 21 avril 2007

IN le Monde, 22/04/07

ENTRETIEN
 
A la veille du premier tour, M. Prochasson, historien, revient sur cent ans de vie politique française

" La gauche d'ancien style est morte "

" On ne parle plus de classes sociales, mais de souffrance ", explique Christophe Prochasson, directeur d'études à l'EHESS




Cette campagne dessine-t-elle une nouvelle fonction présidentielle ?

On n'a jamais assisté à une telle mise en scène de soi par les candidats. Leur talent personnel joue un rôle déterminant, y compris à l'extrême gauche. On voit bien que le président a perdu sa dimension symbolique. Il apparaît comme un chef d'équipe qui doit gouverner. Jacques Chirac a cassé le jouet et le quinquennat a renforcé cette tendance en écrasant le temps. La vie politique a deux moteurs : les idées et les passions. Aujourd'hui, les passions - soit tout ce qui relève de la psychologie, des affects - l'emportent sur les idées. D'où la personnalisation de la campagne. Le suffrage universel dans le choix du président a dépolitisé l'élection. Avec celle de 1974, 1981 est sans doute la seule où s'est produit un affrontement, plus ou moins fantasmatique, entre deux projets de société.



Le poids des petites misères individuelles a été particulièrement mis en avant. Comment l'analysez-vous ?

Nous vivons une période de basse intensité idéologique ou doctrinale. Le triomphe du " moi je " sur le " nous on " entraîne une psychologisation sans précédent de la vie politique, dont les effets sont décuplés par les médias. On ne parle plus de classe sociale, mais de souffrance, de victimes. La souffrance est devenue la catégorie majeure de la perception du social et du politique. On l'a vu dans ces émissions de TV d'un nouveau genre où l'on demandait aux candidats d'être en empathie avec les gens. Depuis la Révolution française, la politique a été par définition le lieu du collectif. Elle ne l'est plus, ou pas seulement. On peut presque parler d'un tournant anthropologique.



Cette domination des passions sur les idées nourrit-elle un vote contestataire ou anticonformiste ?

On assiste à une expulsion des catastrophes personnelles dans le champ politique : toute avanie personnelle - votre femme vous quitte, vous avez des problèmes avec votre voisin ou votre patron - trouve un réceptacle politique dans un vote non conformiste. C'est à l'opposé de ce rêve libéral et républicain d'une vie politique uniquement gouvernée par la raison. Le talent des leaders politiques extrémistes consiste à exploiter ces catastrophes personnelles dans les moments de crise, comme le boulangisme ou l'affaire Dreyfus.

Une grande part de l'antisémitisme s'explique comme cela. Peu importe que l'autre soit juif ou pas. Le juif devient l'incarnation du dominateur, de celui qui fait obstacle à votre existence. On retrouve ce phénomène dans les années 1930 et aujourd'hui. Le FN joue ce rôle de réceptacle et ce vote ne peut pas être interprété en termes purement idéologiques. Les électeurs trouvent dans ce parti une compensation de leur malheur social. Ce ressort profite aussi à une partie de l'extrême gauche, au-delà des adeptes d'une culture révolutionnaire classique.



Que pensez-vous de la place prise par les " valeurs " dans les débats ?

L'utilisation du mot même de " valeurs " traduit l'affaiblissement des idées. La valeur, c'est assez indéfini, avec un contenu à la fois moral et psychologique, soit le contraire des idées, qui font appel à la réflexion et à l'intelligence. On ne discute pas des valeurs, comme des goûts et des couleurs. Je suis également très frappé par le recours au panthéon politique national. Cet appel aux grands hommes est en décalage avec le vide idéologique de cette campagne. Quelle est son efficacité ? Qu'est-ce que les électeurs mettent dans - Jean - Jaurès, dans Guy Môquet ou dans - Claude - Lévi-Strauss ?



Comment analysez-vous l'évocation insistante de l'identité nationale, associée par M. Sarkozy à l'immigration ?

C'est un thème très récurrent à partir des années 1880-1890 face aux premières vagues d'immigration. Le discours sur l'identité nationale a longtemps fait consensus entre la droite et la gauche, sauf lorsqu'il prenait des accents violents et antisémites. La gauche française a toujours concilié un attachement national et une vision internationaliste. Même le PCF associe à partir de 1934 le drapeau rouge et le drapeau tricolore. Ségolène Royal peut tout à fait affirmer qu'elle est attachée à des " valeurs " nationales sans être nationaliste. C'est 68 qui a fait la peau à la nation. L'Europe aussi a joué un rôle, le PS ayant relayé le fédéralisme européen.

En 2007, ce thème est poussé jusqu'à la caricature. Le seul lien social que l'on peut imaginer aujourd'hui, c'est le lien national. Or la nation, ce n'est pas un projet politique, c'est un état de fait. C'est un thème beaucoup plus régressif que celui de la République, également très remobilisé depuis les années 1980. La nation est du côté de la passion, pas du côté des idées.



L'affrontement droite-gauche est-il une donnée intangible dans le débat politique français ?

Entre les années 1930 et la fin des années 1970, la vie politique s'est déroulée sous le régime de la guerre civile, dans laquelle s'affrontaient des partis incarnant chacun une famille idéologique. Les électeurs se reconnaissaient largement dans ces familles, même si je ne sous-estime pas le poids du clientélisme politique. L'appartenance déterminait des comportements. Aujourd'hui, on continue à se faire une idée de la politique qui n'a correspondu qu'à cette séquence de l'histoire. Elle a forgé notre imaginaire. A la fin du XIXe siècle, il y eut des débats très virulents mais la politique ne se présentait pas comme le champ clos où s'affronteraient deux armées aux projets inconciliables. Les frontières entre la droite et la gauche n'étaient pas si nettes qu'elles le furent dans la période des années 1930-1970.



De quand datez-vous la fin de cette " séquence " ?

Avec la chute du mur de Berlin, un mur symbolique est tombé, dont l'impact a été sous estimé. On s'est rendu compte qu'il n'existait pas de différence génétique entre la gauche et la droite. C'est à partir de là que les valeurs ont remplacé les idées. La gauche n'a pas pris conscience de cela. Ce qui se passe au PS est peut-être l'intégration de ce changement, ce serait alors le rôle historique de Ségolène Royal. La gauche d'ancien style est morte. En enterrant la gauche du XXe siècle, on enterre la gauche du XIXe, car la gauche a continué de vivre sur le patrimoine intellectuel, culturel, politique du XIXe. Je ne récuse pas l'idée qu'à des moments de cristallisation deux camps puissent s'affronter. Mais le régime normal de la politique n'est pas celui-là. Je ne crois pas dans la disparition du clivage droite-gauche, mais il s'opère à présent en amont, et plus en aval. Les appartenances se décident désormais sur des questions concrètes comme le mariage homosexuel ou l'Europe politique, et pas sur l'idéologie.



François Bayrou peut-il incarner cette " chute du mur symbolique " ?

Il a bien senti cette évolution. François Bayrou n'est ni Alain Poher, ni Raymond Barre, ni Edouard Balladur. Le problème, c'est son positionnement politique. Il rabat cette ambition intellectuelle sur un plan stratégique. L'opération aurait été formidable si la gauche s'était emparée de cette idée ancienne, au coeur du saint-simonisme : travaillons avec les forces vives du pays sur des objectifs concrets. C'est l'utopie de la raison. Dans les moments de crise majeure comme au lendemain des deux guerres mondiales, des intellectuels sont régulièrement revenus à Saint-Simon.

On voit que ce mouvement de pensée " saint-simonien " progresse, dans le sens où il est admis que les idéologies préfabriquées ne fonctionnent plus. Mais il y a encore de fortes résistances. Je suis convaincu que la mutation ne peut venir que de la gauche. C'est un peu l'équivalent de ce que les Républicains ont réussi sous la IIIe République en faisant en sorte que la République absorbe tout le champ politique, alors qu'au début elle n'était limitée qu'à un camp.

Propos recueillis par Pascale Robert-Diard et Piotr Smolar

© Le Monde

Par frambois'acide
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Mes coups de coeur

A lire ou à relire....9782070112029.gif

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus