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Jeudi 9 novembre 2006

In : http://birenbaum.blog.20minutes.fr/

Du respect de ses idées en politique.

 

Karine Berger est membre du Conseil national du Parti socialiste français depuis 2005. Née le 11 mars 1973, elle est diplômée de l'École polytechnique, de l'ENSAE et de l'IEP-Paris.Spécialiste des questions de politique économique, elle a fait partie des cinq mandataires du Nouveau parti socialiste à avoir refusé d'approuver la synthèse lors du Congrès du Mans. Elle est membre fondatrice de Rénover Maintenant de la C6R. Elle contribue également à la rédaction du blog économique Sortir de l'impasse.

Après avoir été désignée par les militants, elle a été investie par le Parti socialiste comme candidate aux élections législatives de juin 2007 dans la 1ère circonscription des Hautes-Alpes.

Elle prend aujourd'hui sa plume pour nous faire partager son point de vue, suite au ralliement d'Arnaud Montebourg à Ségolène Royal, mais également suite à la suspension du secrétaire général de Rénover Maintenant, Michaël Moglia, de ses fonctions (il soutient Laurent Fabius).

Elle réagit également à l'article de Benjamin Ferras, membre de la Direction Nationale de RM, affirmant que les "contributions au projet du PS [de Rénover Maintenant] sont reprises dans le débat, par une seule candidate, Ségolène Royal".


A tous mes camarades rénovateurs, à tous ceux avec qui j’ai eu le bonheur de faire un bout de chemin politique depuis Dijon,

J'étais bien décidée à ne pas intervenir dans un débat si enflammé, par souci de ne pas ajouter à la confusion, par certitude de ne pas être audible dans un tel brouhaha de prises de position écrites et orales de plus en plus intolérantes, par souci de ne pas affaiblir une cause que nous avons tant à cœur en politique et qui se porte si mal ces derniers temps. Un peu aussi par peur d'être instrumentalisée à l'encontre d'un vote majoritaire. Il ne me paraissait pas constructif de rentrer dans une querelle que je croyais porter sur des personnes et non sur des fondamentaux. Mon silence depuis Fouras, et le fait que j'aie donné mon parrainage à Ségolène Royal m'ont dès lors été reprochés par de nombreux camarades.

Las… en politique, on finit toujours par avoir la main forcée. Si je ne m'explique toujours pas les excès et les dérapages - également regrettables - de chaque camp de supporters (pro Royal ou pro Fabius) ces derniers temps au sein de RM - et tout particulièrement l’escalade de ces dernières heures - je crois qu'il est désormais indispensable de faire signe à tous ceux dans les deux camps, démissionnés d'office, légitimistes silencieux ou partisans décomplexés, qui ont eu l'impression de partager à un moment la même aventure politique.

Je m'exprime donc ici non pas à titre personnel mais en tant que membre fondatrice de la C6R, quatrième membre « noniste » de la Commission des résolutions du Mans, membre fondatrice de RM, et responsable jusqu'en août de la synthèse des orientations politiques de Rénover Maintenant. (je suis curieuse de savoir si l'on va me demander ma démission de tout ça …).

Il est incontestable que le choix du courant RM est - à la majorité des associations locales - de soutenir Ségolène Royal pour la désignation interne. Mais pour autant ce vote n'est évidemment pas justifié par la ligne politique du courant.

D'ailleurs, il est rarement nécessaire de tordre ou de trahir ses idées pour apporter son soutien dans notre Parti… Prenons donc l’exemple de Ségolène (et je laisse à d’autres le plaisir de faire l’exercice pour Laurent ou Dominique). On peut appeler à voter pour elle pour de multiples raisons : sincèrement parce que l'on croit qu'elle porte le renouvellement du Parti et des pratiques que nous appelons de nos vœux ; raisonnablement parce que l'on croit qu'elle seule peut faire gagner la gauche l'an prochain (comme d'ailleurs tous ceux qui militent pour un candidat pensent sincèrement et raisonnablement qu'il est le seul qui nous fera gagner) ; constructivement parce qu'on juge qu'elle ouvre certains tiroirs de discussion qui étaient jusqu'à présent verrouillés au PS et dont nous demandions depuis toujours la réouverture ; courageusement parce que l'on pense qu'il vaut mieux être à l'intérieur qu'à l'extérieur pour peser sur la ligne (c'est d'ailleurs le pari qu'avaient fait nos camarades de NPS optant pour la synthèse) ; soldatesquement parce que le courant ou le chef en ont décidé ainsi et que l’on obéit à cette décision quelles qu'en soient les raisons… Plus prosaïquement, on peut appeler à voter pour elle parce qu'elle est une femme ou parce que c'est une très jolie brune ; hypocritement par fidélité à quelqu'un ou égoïstement par envie d'un maroquin ou d'une petite place en cabinet ministériel ; lâchement par peur de se retrouver minoritaire ou par peur d'être terrorisée par quelques gros bras de la Cannebière ; cyniquement par haine de l'un des autres candidats ou habilement par calcul stratégique … on peut appeler à voter pour elle pour tant d'autres raisons… Mais la seule raison pour laquelle on ne peut certainement pas appeler à voter pour elle, c'est qu'elle porterait la ligne et les orientations politiques issues des textes de RM.

Permettez-moi, chers camarades, de revenir au fond, à ce qui a fait notre ciment depuis toujours.
Pourquoi ? d'abord par respect pour tous ceux qui se sont fait malmener dans leur fédération lorsqu'ils sont revenus, il y a presque un an, solitaires du Mans, avec le refus de la synthèse dans leur balluchon ; par respect pour les mots et le sens des mots - ce qui n’est pas rien lorsque l’on fait sans cesse appel à la « morale » - ; par respect pour l'engagement politique de ceux qui sont dans le Parti depuis si longtemps et qui sont blessés par les violations incessantes de leur ligne politique depuis deux mois ; par respect aussi de tout le travail qui nous reste à accomplir pour obtenir ce que nous croyons nécessaire pour la gauche et le pays.
Surtout et avant tout, pour préserver l'avenir et rendre d'ores et déjà possible le travail de ceux, issus de nos rangs, de RM comme de NPS, ceux venus d'ailleurs, ou nouveaux militants, qui reprendront les batailles inachevées.

J’ai compris une chose depuis la Commission des résolutions du Mans : on ne prend pas la décision de défier son Parti par fidélité à quelqu'un ou par suivisme ; on prend individuellement cette décision parce qu'on ne peut pas faire autrement par respect de ses idées. Ceux des camarades de NPS qui n'ont pas eu la même appréciation que moi jugeaient que le fond était suffisant… aucun n'a, toutefois, jamais prétendu que la ligne politique de NPS était entièrement respectée par la synthèse ; car par définition dans une alliance, on n'a jamais tout ce qu'on demande, sinon on n'aurait pas besoin de passer par un rapport de force pour en obtenir un bout. Or c'est justement le degré de propagande dans lequel se meurt une partie de RM en soutien à la candidature de sa candidate…

Est-il ici besoin de rappeler, mes camarades, qu'aucun des candidats à la présidentielles n'a demandé la carte de ce courant ? Illustration un peu amusante : j'entendais un représentant de la candidate dans ma fédération – plutôt issu du réseau de Julien Dray - affirmer que faire la synthèse du Mans s'imposait il y a un an exactement comme la candidature de la candidate s'impose aujourd'hui… et que quand on avait fait l'un, on devait faire l'autre… autant dire que je ne me suis pas totalement sentie enlevée par cet argument-là.

Pour avoir admiré depuis 5 ans les efforts démesurés de ceux qui ont décidé d'imposer la rénovation à gauche comme axe socialiste, je n'accepte pas que l'on passe outre des décisions prises à la majorité notamment lorsque l’on ne propose aucune alternative constructive ; j’accepte encore moins que ceux qui ont jeté toute leur énergie et toutes leurs convictions dans cette bataille soient trainés dans la boue parce que l’on n’est plus d’accord entre nous.

Mais pour avoir eu la chance de participer un peu à cette construction, de peser depuis 5 ans sur les orientations économiques de nos courants, pour avoir eu la charge de la cohérence politique de nos 10 chantiers jusqu’en août, je ne laisserai pas affirmer que les paroles de Ségolène Royal – par ailleurs tout à fait respectables et socialistes - rejoignent actuellement nos orientations, celles de RM comme celles qui structuraient le NPS - en matière d'institutions, en matière d'économie, en matière d'immigration, etc… Pour seule preuve, je voudrais rappeler simplement qu’aucun des amendements émanant de nos 10 chantiers n’a été retenu par la Commission du projet dont nos 3 camarades-candidats étaient pourtant membres ; aucun de nos axes identitaires - 6ème République, République Européenne, big bang de l’emploi ou encore maîtrise de la mondialisation et du capitalisme financier - et qui furent les raisons du Mans - n’est aujourd’hui défendu dans le sens que nous leur avons donné depuis 5 ans.

A gauche en politique, on doit avoir le respect du vote majoritaire, on doit avoir le respect de la camaraderie et on doit aussi avoir le respect des idées. La propagande actuelle, et les méthodes afférentes, pourraient affaiblir pour longtemps des idées et des lignes politiques auxquelles plusieurs d'entre nous consacrons nos forces depuis des années… sans bien sûr que ces idées ne nous appartiennent. Aux supporters et aux inconditionnels des deux camps qui ont fracturé RM, je veux dire que cette destruction là, celle des idées, est plus dangereuse que toute autre. Car pour tous ceux qui ont eu ou auront un jour l'audace de se dire que l'on peut vraiment faire bouger les lignes politiques au sein de ce Parti, ces idées doivent continuer d'être respectées. Elles ne sont en aucun cas l'ennemi de la victoire de la gauche l'an prochain. Elles en seront évidemment le terreau. Chers camarades, quel que soit le véhicule politique que chacun choisira de rejoindre ou de construire dans les mois et années à venir, et sans nul doute il sera désormais différent, retrouvons notre sang froid, ne saccageons ni notre camaraderie ni notre ligne politique au service d'intérêts passagers et essayons, s'il vous plaît, un jour de nous retrouver sur nos axes de Dijon et du Mans... et pas sur les axes d'un autre, qu'il s'appelle Laurent, Ségolène ou Dominique.

Karine Berger

par frambois'acide publié dans : Renover maintenant
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Samedi 4 novembre 2006

 

 

L’Appel du 1er Novembre



Depuis début juillet le mouvement Rénovateur traverse une zone de perturbation majeure. Trois séquences se sont déroulées depuis le début de l’été.

La 1ère séquence, ouverte depuis l’annonce début juillet du ralliement d’Arnaud à la candidature de Mme Royal, s’est terminée le vendredi 6 octobre avec le CA national de RM qui a officialisé le soutien du courant à la candidature de Mme Royal.

Nous sommes actuellement dans la 2ème séquence, suite au CA national du 6 octobre mais qui a commencé pour beaucoup d’entre nous avant cette date. C’est la séquence qui voit des Rénovateurs participer individuellement ou collectivement à des Comités de soutien des 3 candidats à l’investiture.

La 3ème séquence débutera officiellement après la désignation du candidat socialiste à la Présidentielle, et dans notre mouvement le 25 novembre lors du CA. Cette période c’est l’après….

Si les Rénovateurs, qui ont un passé commun, même récent, vivent actuellement une histoire tumultueuse, possèdent-ils encore un avenir ensemble ?

Nous l’espérons encore et c’est pour cela que nous lançons cet appel à l’ensemble des Rénovateurs, au-delà des choix actuels.

Nous espérons encore que cela est possible, encore faut-il que trois conditions soient remplies.

  • Premièrement un constat partagé sur la nécessité de continuer ensemble la Rénovation.

  • Deuxièmement une amélioration de notre outil commun, RM, par l’approfondissement démocratique des pratiques de notre Mouvement.

  • Troisièmement la clarification politique.



Le Constat Partagé

Les membres de RM doivent continuer à travailler ensemble à la Rénovation et à l’ancrage à Gauche de notre Parti, car une fois la désignation du candidat socialiste et après la victoire espérée, la Rénovation devra continuer.

Les membres actuels de RM peuvent continuer à travailler ensemble. Il est clair que le résultat des votes au CA montre un soutien de RM à la candidature de Mme Royal avec une majorité confortable. Or certaines AG départementales se sont prononcées différemment. Ces « opposants » ont prôné la liberté de choix comme consigne collective.

Cela prouve leur volonté, une fois la désignation du candidat socialiste et l’élection présidentielle passée, de travailler tous ensemble autour d’Arnaud au renforcement de notre courant et à l’inscription de notre ligne politique dans le corpus idéologique de notre Parti.

S’il est impossible de chiffrer avec exactitude le rapport des forces, il serait maladroit voire tactiquement lourd de conséquences de vouloir « débarquer » certains membres de notre courant qui ne seraient pas dans la ligne.

En effet, RM ne pesant actuellement que 15%1 des militants du PS, que resterait-il comme « force de proposition » s’il était amputé de 30, 20 ou même 10% de ses membres ?

L’ensemble des militants de RM, à part quelques « zélateurs par trop zélés », sait qu’il s’agit d’un choix de raison et non de cœur, que nous ne sommes pas, comme le dit avec raison Christian Paul, dans un Congrès où l’on discute de la ligne politique de notre mouvement et du Parti.

La question du ralliement étant tactique, une fois l’aventure collective présidentielle terminée viendra le temps du vrai travail programmatique et politique au sein de notre courant. Arnaud, comme les membres de RM qui veulent jouer un rôle politique dans le futur, auront besoin de l’ensemble des rénovateurs, ceux qui auront choisi Mme Royal, M. Strauss-Kahn ou M. Fabius.

Si l’ensemble des membres de RM partage le même constat, un premier pas vers la signature de cet appel est possible.

Il sera alors plus facile aux membres de RM de se réinvestir dans un travail collectif. A condition de régler quelques questions de fond, car même si nous ne sommes pas dans un Congrès certaines pratiques et propos méritent des approfondissements…

L’Approfondissement Démocratique

De notre place de militants socialistes et rénovateurs, nous avons vu des AG départementales où globalement le débat avait lieu, avec des arguments échangés et des décisions intelligentes.

Au niveau national, les débats ont semblés plus heurtés. Cela a pu laisser penser que les jeux étaient déjà faits et le vote en AG départementale, pourtant bien inscrit dans le CA de Fouras, secondaire.

Le décalage semble important entre un niveau local au fonctionnement mature et un niveau national où le prisme de pensée se situe plus sur le mode opératoire « qui n’est pas avec nous est contre nous ». Ce décalage entre le local et le national a surtout été amplifié par deux dysfonctionnements nés au début de l’été.

Premièrement le vote surprise de notre mouvement à la Convention nationale chargée d’entériner le projet.

Deuxièmement la décision surprenante2 d’Arnaud de soutenir la candidature de Mme Ségolène Royal.

Cela ne pouvait qu’entraîner deux possibilités : l’acceptation sur le mode « Arnaud l’a décidé donc on applique » ou le refus entraînant la scission sur le mode « nous ne sommes pas d’accord avec Arnaud donc il nous a trahi ».

Ces deux positions posent de manière différente la question du choix individuel, de la décision et de ses implications sur un collectif. En tant que mouvement jeune, nous avons appris ce que tout jeune doit vivre, « l’apprentissage de la frustration ».

Cette frustration a été d’autant plus vive que RM, qui se targue d’être « démocratique », a agit à l’inverse. Il convient donc de s’interroger sur les pratiques « démocratiques » de notre courant. Quel est donc ce courant qui prétend donner des leçons de démocratie aux autres camarades sans se les appliquer à lui-même ?

La rénovation de notre Parti et plus largement de l’idéal socialiste passe par un comportement « mature », à savoir l’acceptation du débat (certes pacifié), la tolérance afin d’accepter que certains d’entre nous puissent avoir des idées et des conceptions divergentes sans que cela entraîne des procès en sorcellerie.

C’est pour toutes ces raisons que les signataires de cet Appel ne souhaitent pas, bien que cela soit condamnable, l’exclusion des membres du Bureau National qui n’auraient pas respecté la « discipline de courant », soit en se présentant sous leur fonction pour prendre une position différente de RM, soit en ne voulant pas apporter leurs voix à Arnaud quand il envisageait de se présenter à la candidature du Parti.

Si l’ensemble des membres de RM pense nécessaire une amélioration de notre outil commun, RM, par l’approfondissement démocratique de notre Mouvement, un deuxième pas vers la signature de cet appel est possible.

Néanmoins, l’impression de « brouillard idéologique » dans lequel est plongé notre courant depuis mi-juillet, pose la question de l’approfondissement de certaines thématiques politiquement voire idéologiquement très importantes.



Le Travail de Fond



Ce qui (ré)uni les membres RM que nous sommes consiste à croire en la possibilité d’une rénovation de notre Parti et de la Gauche par des « marqueurs idéologiques » de Gauche. La motion de Fouras exprime cette volonté « en réaffirmant leur attachement à la rénovation du Parti socialiste et à son ancrage à gauche, les militants de RM prolongent leurs engagements fondateurs et témoignent de leur volonté de poursuivre durablement leur combat ».

Cette idée n’est pas que séduisante, elle est aussi notre moteur. Cependant, parlons nous des mêmes choses et parlons nous le même langage ?

Il convient donc indépendamment du travail de grande qualité des groupes thématiques, d’approfondir nos idées afin de vérifier si nous les portons tous avec la même intensité. Vous trouverez-ci après une liste des questions que nous nous posons et qui se posent à nombre d’entre nous. Si écrire c’est déjà agir, notre volonté est que les différentes instances et l’ensemble des membres de RM se saisissent de ces questions afin de dépasser les querelles actuelles, se mettent au travail afin de nous réunir à nouveau, et grâce à l’approfondissement et au DEBAT, éviter les étonnements, les incompréhensions au moment de certains choix.



RM d’un courant vers un mouvement.

La question de la démocratie interne au sein de notre courant doit se poser sereinement. L’originalité de notre courant consiste, notamment, en la volonté de faire participer des citoyens non affiliés au PS et d’approfondir les outils démocratiques au sein d’un mouvement politique. L’adhésion de non militants permet d’éviter la « consanguinité » qui entraîne souvent la débilité et de changer la sociologie de notre Parti qui ressemble de moins en moins à celle de la société. En ce sens, la création d’un courant avec des déclinaisons locales sous forme d’associations laissait présager de « beaux lendemains ».

Il faut recréer ce lien avec les citoyens intéressés par notre démarche. Cela prendra du temps et il faut en parler entre nous.

Pour nous, cette démarche citoyenne doit passer par l’idée d’une transformation de RM en tant que Courant à RM en tant que Mouvement.

Il convient également de travailler le lien entre les Associations départementales et le national, déterminer qui parle au nom de qui, pourquoi et pour combien de temps.3 C’est sur cette démarche que nous vous proposons de travailler.

L’Europe comme mythe recruteur.

L’Europe peut être un « mythe recruteur », permettant de faire travailler en synergie l’ensemble des militants rénovateurs que nous sommes, et même au-delà l’ensemble de la Gauche française et européenne. Voilà le vrai dépassement entre le Oui et le Non au TCE. Encore faudrait-il que cette question soit réellement travaillée par l’ensemble des membres de RM.

Comment passe-t-on d’une construction européenne essentiellement technocratique vers une construction démocratique ?

L’Europe est-ce un espace géographique, une communauté de culture, un même idéal économique, des valeurs communes ?

Pour réaliser ce rêve européen qui anime l’internationaliste qui sommeille en chaque socialiste, et partant du principe que l’impôt est à la base de la construction des Etats-nations démocratiques, peut-on construire un impôt européen pour réaliser une République Européenne ?



La Gauche, le PS et la sociale démocratie.

Si le militantisme a du plomb dans l’aile, la culture historique et politique de notre Parti est encore plus en déshérence. L’histoire du socialisme est riche de 100 années et pourtant cette histoire n’est utilisée que de manière parcimonieuse, occultant les grands débats idéologiques, tactiques et donc politiques qui ont traversé le mouvement Socialiste. En plus de faire parler les morts à tort et à travers, l’on pratique l’anachronisme. L’histoire est bafouée car elle est utilisée comme raccourci de la pensée ou comme erreur de la pensée.

Il faut également s’interroger sur la signification des termes « Gauche » « socialisme » et « social-démocratie ». RM doit se structurer afin d’offrir des outils de compréhension afin d’appréhender, de façon collective, ces concepts. Comment peut-on rénover le PS, la Gauche, la société si nous ne sommes pas au clair avec notre histoire et nos concepts de base ?



La Démocratie

Au sein même de notre Mouvement, les divergences existent, le débat actuel le prouve. Les réflexions sur cette notion portent sur des aspects institutionnels et du développement d’outils démocratiques, comme le non cumul des mandats, mais aussi sur l’idée que l’on se fait de la consultation du Peuple.

Comment fait-on pour écouter le Peuple ?

Le Peuple est-il de Gauche, de Droite ou sans opinion ?

Si on doit toujours entendre le peuple, doit-on pour autant toujours l’écouter ?4 Où se situe la limite ?

Il existe donc des questions essentielles que nous ne pouvons et devons pas occulter, afin de vérifier que nous possédons bien des valeurs et des représentations communes, afin de travailler ensemble.

Si l’ensemble des membres de RM pense nécessaire de travailler ensemble et profondément sur ces thématiques et sur beaucoup d’autres (handicap, homoparentalité, justice, économie etc.) alors le pas ultime vers la signature est possible.



Rejoignez l’Appel et signez

renover.maintenant62@yahoo.fr





Olga Meurisse (RM 62, Trésorière Adjointe)

Christophe Dooremont (RM 62, Secrétaire)

Thierry Occre (RM 62, Président)

Jérémie Meurisse (RM 62)

1 Selon les organisateurs !

2 Dans le sens d’inattendue

3 Cf. Le très bon billet de Jean Lacassagne, RM 75, paru dans le blog de RM21 fin septembre.

4 Edito de Libération du lundi 9 octobre 2006 sur les 25 ans de l’abolition de la peine de mort.

 
publié par groupe renover maintenant du Pas de Cal
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Mardi 3 octobre 2006

Très bon texte de Michaël Moglia

In http://renover.maintenant-21.over-blog.com/

 

Michaël Moglia

Secrétaire général de Rénover, maintenant

Membre du conseil national

Le 3 octobre 2006

Mes cher(e)s camarades,

Un peu plus d’un mois après notre assemblée d’été de Fouras et quelques jours avant la tenue de notre conseil d’administration qui se réunira le 6 octobre prochain à Paris, j’ai souhaité, par le biais de cette lettre, vous faire part de mes sentiments sur l’évolution de la situation interne de notre courant.

 

La motion adoptée à la quasi-unanimité du conseil d’administration était claire, « après le dépôt des candidatures, la proposition d’orientation (concernant la démarche engagée par Arnaud Montebourg à Frangy en direction de la candidature de Ségolène Royal) sera présentée et soumise au vote des assemblées générales départementales qui se prononceront avant le vote des militants du Parti socialiste ».

Compromis acceptable par le plus grand nombre, cette motion prévoyait donc un avenir commun à la simple condition qu’elle soit respectée de tous, elle imposait aux uns et aux autres de renoncer à tout ralliement, à tout soutien en faveur d’un des candidats tant que les militants ne s’étaient pas tous prononcés.

Respectant à la lettre notre engagement, je n’ai plus, depuis, pris de position publique, diffusé de lettre ou d’appel, participé à des échanges sur les blogs, ni apporté mon soutien à aucun autre candidat.

Force est de constater, comme nous étions nombreux à le pressentir, que cette ligne de conduite n’a pas été respectée par tous, que ce texte fût librement interprété.

Quand je déclarais, dans l’édition de L’humanité du 25 août 2006, soit le lendemain même du vote du conseil d’administration que « c’est aux adhérents de trancher une fois que tous les prétendants seront officiellement déclarés », Thierry, en sa qualité de porte-parole du courant, affirmait, quant à lui, « la direction de RM a confirmé le choix d’Arnaud Montebourg ».

Ce même matin, dans son discours de clôture, j’entendis Arnaud déclarer « nous serons des alliés sûrs mais exigeants ». Nous étions donc devenus, le temps d’une courte nuit, des alliés de Ségolène Royal.

J’ai été surpris, comme bon nombre d’entre vous, de découvrir sur notre site internet national, le 30 août, sous la forme d’un publi-reportage, les réponses apportées à quelques questions par Thierry, toujours en sa qualité de porte-parole, dans un article intitulé « Thierry Mandon livre un premier bilan de Fouras 2006 ». On y lit « notre courant ressort de Fouras soudé autour d’une orientation. A nous de bâtir un partenariat fort avec Ségolène Royal pour que nos idées y trouvent leur chemin » ou encore « en proposant de poursuivre avec Ségolène Royal la construction d’une nouvelle donne politique (..) ».

A la relecture de la motion de Fouras, je ne retrouve aucune des affirmations de Thierry.

Si, la démarche d’Arnaud ne devenait celle du courant qu’après le vote des militants lors d’assemblées générales départementales, pourquoi 9 camarades, membres de la direction nationale, siègent-ils au conseil d’animation politique de Ségolène Royal, depuis plusieurs semaines déjà ? Pourquoi retrouve t-on sur quelques blogs de camarades de Rénover, maintenant des pétitions et autres appels pour soutenir la candidature de leur favorite ? Pourquoi une de nos vice-présidentes est-elle l’animatrice d’un comité local de désirs d’avenir de son département ? Lorsque je suis intervenu en tribune lors de notre assemblée générale, j’ai émis le souhait que ce soit les 750 militants présents qui tranchent notre débat. J’ai, à cette occasion, rappelé nos statuts qui sont, sur ce point, très clairs. Ainsi l’article 6.2 précise que : « l’assemblée générale délibère de l’orientation politique de l’association. Le bureau peut soumettre à l’approbation de l’assemblée des résolutions sur cette matière ».

Ségolène Royal ne rassemblant pas naturellement l’ensemble des camarades de RM, pas plus qu’un autre candidat d’ailleurs, fallait-il prendre le risque d’organiser des divisions dans chacune de nos fédérations ?

Pourtant, la décision fût prise de faire voter en assemblées générales, et malgré les risques d’une telle consultation, un fois cette décision prise, il fallait aller jusqu’au bout de la démarche.

Or, cela parait aujourd’hui impossible, notamment parce qu’à partir du moment, où quelques-uns de nos principaux dirigeants ont déjà fait leur choix en le rendant public, à partir du moment où ils sont déjà en campagne, occupant des responsabilités auprès d’une candidate, ils ont pris un engagement irréversible. Dès lors qu’aucune décision de courant ne leur permettra de revenir en arrière, le vote aujourd’hui a t-il encore un intérêt dans ces conditions ? Compte tenu de ces éléments, ce vote nécessaire, légitime et souverain des adhérents s’est transformé, il y a peu, en simple consultation des assemblées départementales, charge à chaque président d’association, lors du CA, d’en exprimer la « position majoritaire ». (cf. circulaire n°9)

En abandonnant la règle démocratique élémentaire qui veut qu’un homme égale une voix en la remplaçant par une position majoritaire générale, on ne saura jamais ce que la majorité  des militants du courant comptait faire. Quel aurait été le résultat après comptabilisation centralisée nationalement de chaque suffrage ? Si nos 72 présidents d’association disposeront chacun d’une voix lors de notre CA, il en sera de même pour les 70 membres de droit. Au nom de qui s’exprimeront-ils ? qui représenteront-ils sinon eux mêmes ?

 

 

La composition même du conseil d’administration laisse penser que c’est à un plébiscite que l’on va assister.

J’ai, durant l’été, défendu l’idée qu’à partir du moment où Arnaud n’était plus candidat, et qu’aucun autre camarade issu de Rénover, maintenant ne l’était, il n’y avait aucune raison de nous ranger tous ensemble derrière une candidature, quelle qu’elle soit.

Ma proposition me semble aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Elle consistait à « laisser les militants choisir individuellement le ou la mieux à même de défendre les couleurs du PS lors des futures élections présidentielles. Cette option m’apparaît comme la plus acceptable par tous, celle qui préserve le plus notre avenir commun au sein de RM. Le calendrier est très serré, quelques semaines seulement nous séparent de la désignation du ou de la candidat(e) derrière lequel ou laquelle nous nous retrouverons tous pour mener bataille. Il me semble possible, durant cette période, de tenir le courant à l’écart de cette mascarade orchestrée par notre Premier secrétaire, qui, si nous n’étions pas vigilants, réussirait une nouvelle fois à diviser les minoritaires. » (lettre du 18/08/06)

Je suis aujourd’hui persuadé d’une chose, si le CA du 6 octobre n’a d’autre but que d’imposer par un vote, pas forcément représentatif de celui qu’aurait exprimé les militants, le choix d’une candidature non issue de notre courant, il signerait l’acte de décès de Rénover, maintenant. Nous serions donc tombés dans le piège de la présidentialisation que nous dénonçons par ailleurs et nous aurions remis en cause l’existence même de notre courant pour un choix ponctuel. Lorsque j’ai fait la proposition du libre choix qui n’a pas été suivie à Fouras, deux arguments m’ont été opposés pour la rejeter : un courant ne peut pas ne pas prendre de position, de plus, l’engagement des responsables sur des options différentes nous affaiblirait.

Certes, mais de toute façon, nous n’aurons pas de position commune, si nous voulons préserver le courant, préserver son unité, au delà d’un désaccord sur une question de personne, il faut accepter que chacun puisse soutenir le candidat de son choix à titre personnel. De plus, la pluralité des positions, exprimées individuellement, affaiblirait moins le courant que sa simple explosion. Chacun sait bien que partout, dans chaque département, les choix sont partagés. Que Ségolène Royal ne s’impose pas naturellement.Notamment parce qu’au delà du choix d’une personne, il y a des différences de taille entre les candidats. Les modèles de société, les options politiques, les visions du parti proposés sont nettement différents. Rarement, ces questions sont abordées. Par contre, combien de fois ai-je entendu que « c’est Ségolène Royal qu’il faut choisir car, au vu des sondages, elle est la seule à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ».

Les militants du parti socialiste, encore sonnés par le 21 avril 2002, soumis à la pression incessante des médias, s’apprêteraient, pour éviter de revivre un nouveau cauchemar, à choisir en fonction des seuls sondages. « il faut soutenir celui ou celle qui est le (ou la) mieux placé(e) dans les sondages ». (F.Hollande, AFP 26/09/2006)

Les débats de conviction, les prises de position, y compris les plus dérangeantes, apparaissent marginales. Seules la «  popularité » compte et tant pis si le réveil risque d’être difficile. C’est pourtant pendant la campagne électorale, durant les débats et grâce à la défense de propositions réellement de gauche que se situent les éléments de la victoire. Ce que l’on essaie de nous faire croire, c’est qu’à neuf mois des échéances, les jeux seraient faits. Ayons une pensée pour nos nombreux camarades, qui neuf mois avant les élections présidentielles se drapaient des habits de Président de la République. En 1980, Michel Rocard est désigné candidat des sondages, sa « popularité » est très élevée. Il incarne le renouveau, la modernité. François Mitterrand serait battu, laminé par Valéry Giscard d’Estaing qui l’emportera, c’est certain. Le futur Président de la République est crédité d’un retard tel que sa candidature est impensable. Les sondages d’alors ne le donnent qu’à 43% au second tour, soit 14 points d’écart avec le Président sortant. François Mitterrand sera élu en 1981 et brillamment réélu en 1988.

En 1994, le candidat des médias est Edouard Balladur, Premier ministre sortant, il est à 31% dans les sondages, le double de son opposant et futur Président, Jacques Chirac. Chacun connaît le résultat. Plus récemment encore, c’est Lionel Jospin, fier de son bilan, qui est à l’automne 2001, le chouchou des sondages. Pour tous les socialistes, Lionel Jospin, succèdera à Jacques Chirac. Du haut de ses 25% d’intentions de vote, Lionel adapte sa stratégie en fonction des sondages, pensant que le second tour ne sera qu’une promenade de santé. Le résultat est net et sans appel : 16.1%, le PS est derrière le Front national.

Qui peut donc encore sérieusement croire les sondages, et quand bien même, est-ce à un panel de 400 personnes de décider pour les 180 000 adhérents du Parti socialiste ?

Pointés du doigt par la commission nationale des sondages, elle a adressé plusieurs précisions publiées dans l’édition du 26 septembre de Libération dont une d’importance « eu égard à la taille fort réduite du sous-échantillon de sympathisants socialistes, les résultats obtenus doivent être interprétés en tenant compte de la marge d'erreur importante qui les affecte ». Si nous leur accordons tant d’importance, autant fermer le Parti et en laisser les clefs aux sondeurs d’opinion, qui par la même occasion recueilleraient les doléances des français pour en faire un programme politique.

Si nous sommes d’accord pour remettre à leur juste place les enquêtes d’opinion et autres sondages, alors, abordons les questions de fond.

J’ai annoncé, à la veille de Fouras, par honnêteté vis à vis de l’ensemble des camarades du courant, que je ne soutiendrai pas la candidature de Ségolène Royal. Ne me reconnaissant absolument pas dans l’idée qu’elle se fait du fonctionnement de notre parti, j’avais, par ailleurs, été choqué d’un certain nombre de propositions formulées qui ne figurent nullement dans notre projet et de quelques déclarations à l’emporte-pièce. Que ce soit sur l’économie et l’emploi : « reconstruire la valeur travail », « personne ne devrait être payé à ne rien faire », sur la sécurité, contraignant les parents à « faire des stages dans l’école des parents au premier acte d’incivilité de leur enfant en primaire » ; en passant par les « perturbateurs » qui seraient placés « d’office dans des internats relais », elle propose également le placement « d’office dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier » et ce « pour les jeunes de plus de 16 ans dès le premier acte de délinquance ». Sa proposition concernant la création de « deuxièmes postes d’enseignant » dans les classes difficiles est louable à ceci près qu’ils auraient pour mission de veiller aux problèmes « d’indiscipline ». Si nous avons toujours souhaité la création de ce deuxième poste, il s’agissait pour nous d’assister davantage les élèves en difficulté notamment par un soutien scolaire et l’aide aux devoirs. C’est certainement ses propositions en matière d’immigration qui sont les plus choquantes, voulant mettre en regard « les autorisations de séjour et les besoins des entreprises, mission qui incomberait aux préfets ». Souhaitant la création d’un « visa saisonnier régulier » pour les travailleurs saisonniers, sur le modèle du système créé par la loi Sarkozy II. Si elle propose d’« accroître l’aide au développement des pays pauvres en leur apprenant notamment à utiliser l’énergie solaire », elle propose surtout de « reconduire systématiquement hors de France, à leur sortie de prison, les délinquants dangereux » ( ! ! !)

J’ai su, très vite, au regard de ce que sont mes convictions, que je ne pourrai défendre sa candidature à la candidature.

Ces déclarations depuis, notamment sur la carte scolaire et ses réticences à avancer sur les questions de société (mariage homosexuel et dépénalisation des drogues douces) me confortent dans cette décision. Refusant de soutenir Ségolène Royal, je ne m’étais pas pour autant engagé derrière une quelconque candidature, étant d’ailleurs le dernier responsable national à ne pas l’avoir fait. Puisque la motion de Fouras n’a pas été respectée et donc n’a plus de valeur, que de fait, les votes dans les AG apparaissent obsolètes, que les principaux animateurs de notre courant se sont engagés, soit sur leur blog soit par des déclarations publiques, soit en participant à des réunions de désirs d’avenir, j’ai décidé, ce jour, une fois connu l’ensemble des candidatures, de prendre position.

J’ai concrétisé, ce matin même, mon soutien en apportant, comme membre du conseil national, ma signature à Laurent Fabius.

Ce choix a été guidé d’abord et avant tout, par des raisons de fond puisque bien entendu, c’est sur ce critère que chacun se détermine. Sans aucune stratégie de contournement du parti, ses propositions qui ne sont jamais en contradiction avec celles du projet, seul texte qui nous engage tous, me semblent l’enrichir et l’ancrer davantage à gauche :

-          Augmentation immédiate du SMIC de 100 euros,

-          Régimes sociaux et fiscaux réservés aux stock-options supprimés.

-           Dans les communes ne respectant pas le minimum prévu de 20% de logements sociaux, l’Etat – autrement dit, le Préfet- se substituera d’office aux maires défaillants pour la réalisation de ces logements.

-          Une loi programme fixera sur 5 ans les objectifs à atteindre concernant notamment les économies d’énergie, les énergies renouvelables, la préservation de l’eau et le développement des transports collectifs.

-          EDF retrouvera un statut 100% public

-           l’expérimentation des OGM de plein champ  sera interdite.

-          Le numero 2 du Gouvernement sera chargé en tant que ministre d’Etat ou vice-premier ministre du développement durable.

-          Les jeunes qui le souhaitent pourront bénéficier d’un encadrement péri-scolaire public après la classe.

-          Priorité accordée à la recherche.

-          Révision de la constitution soumise à référendum dès septembre 2007.

-          Une charte sur la laïcité sera adossée à la constitution.

Je m’étonne que les camarades qui ont fait le choix de Ségolène Royal fassent si peu de cas de la question européenne, les enseignements à tirer du 29 mai ne sont plus jamais évoqués alors que la quasi-totalité de nos militants a voté non, que beaucoup ont fait campagne. Nous n’aurions pas d’autre solution aujourd’hui que de soutenir une candidate qui a activement défendu le oui en manifestant durant la campagne son mépris des partisans du non. Certes, il faut tourner la page du oui et du non mais pourquoi ce rassemblement se ferait-il toujours au détriment du non choisi par 55% des français ? Le rassemblement à gauche ne sera t-il pas plus facile à opérer autour d’un candidat qui ne se sera pas trouvé en décalage avec deux tiers de son électorat ?

 

 

Alors certes à la différence de Ségolène Royal, c’est un homme, certes il a 7 ans de plus…certes, il a le défaut d’avoir plusieurs expériences ministérielles, il aurait même été Premier ministre, mais au vu des déclarations et des propositions de l’un et de l’autre, qui se rapproche le plus de nos textes?

Dans chacune de nos motions, dans celle de Dijon comme dans celle du Mans, nous reprochions au parti son incapacité à analyser la défaite, la cécité de Lionel Jospin, l’autisme parfois teinté de cynisme de la plupart de nos anciens ministres. Alors que ce dernier a, à peine entamé, cet été à la Rochelle, un début d’aggiornamiento, je constate que seul Laurent Fabius a, à ce jour, dressé un bilan complet de nos échecs comme de nos réussites au Gouvernement.

Il a opéré une réorientation politique et l’a réaffirmé ce samedi 30 septembre à Cuincy dans le Nord : « si j’ai changé ? oui, je l’assume complètement, les choses ont changé, d’abord parce qu’on a gouverné et que j’ai gouverné ». « Les valeurs du socialisme n’ont pas varié d’un iota (…) mais sur les propositions concrètes, il est vrai que les choses ont changé pour moi ». On me rétorquera, à bout d’argument, qu’il n’est pas sincère. J’avoue ne pas comprendre ceux qui, parmi mes camarades, réclament à corps et à cris, un « droit d’inventaire » tout en jugeant insincère le seul qui s’est livré à l’exercice.

C’est également sur la base de cette analyse, qu’il déclara, le même jour, « tout cela fait qu’honnêtement, je dis aujourd’hui que si le pays doit être redressé, ce doit être par la gauche, que si la gauche veut gagner, ce ne peut être que sur des positions clairement de gauche ».

Il y a bien là deux stratégies, l’une consistant à formuler des propositions sur la base des « témoignages de citoyens, meilleurs experts de ce qu’ils vivent » quitte à renier certaines de nos valeurs et l’autre qui consiste, sans remettre en cause ce que nous sommes, à indiquer le chemin, proposer un modèle de société. La deuxième stratégie nous a permis en 1981, par exemple, d’abolir la peine de mort, ce que les citoyens experts refuseraient certainement aujourd’hui. Bien sûr, les citoyens ont leur mot à dire sur ce qui les concerne directement. Pourtant, chacun dans sa singularité, son expérience, son égoïsme aussi parfois, ne peut prétendre incarner l’intérêt général. Pourquoi alors élire des hommes politiques s’il ne s’agit que de valider ce que pense la majorité ?

Beaucoup ont décidé de soutenir Ségolène Royal, d’autres, tout aussi nombreux ont fait le choix de Laurent Fabius, certains même celui de Dominique Strauss Kahn. Ces deux derniers choix ne signifient pas, pour ceux qui les ont fait, une quelconque trahison ou autre infidélité à Arnaud. Faut-il ici se justifier de notre degré de fidélité ? Aurais-je encore des preuves à fournir ?

Au vu de ce qu’il est, de ce qu’il a fait et de ce que nous avons traversé, au nom aussi de l’amitié que nous lui portons, nous sommes tous convaincus que c’est autour d’Arnaud, au sein de Rénover, maintenant, qu’il nous faut continuer à militer.

Arnaud a une grande responsabilité. A lui seul revient de décider de l’avenir de notre courant. Vendredi, il n’y aura que deux options. Soit, RM est officiellement étiqueté Ségolène Royal, tolérant juste à ceux qui feraient un autre choix, la possibilité de le concrétiser dans le secret de l’isoloir, soit il acte que RM, n’ayant pas de candidat issu de ses rangs, ne prend pas de position, en tant que courant, et laisse le libre choix, le temps de quelques semaines, à ses militants.

Chacun ayant bien compris que s’il choisissait la première option, il conduirait vers la sortie bon nombre de militants, d’animateurs nationaux et départementaux. Quelques camarades, tentés par les soustractions, balaient d’un revers de la main cette hypothèse, refusant de voir la situation dans laquelle se trouve notre courant.

En ce qui me concerne, j’ai confiance en la capacité d’Arnaud d’additionner les forces

par frambois'acide publié dans : Renover maintenant
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Samedi 26 août 2006


Alliance Montebourg-Royal des intérêts bien compris

PS. Le courant d’Arnaud Montebourg a confirmé hier, à huis clos, son soutien à Ségolène Royal. Partagés, les militants devront valider cette option.

Fouras (Charente-Maritime).

À l’issue de longues heures de négociations à huis clos, le conseil d’administration du courant Rénover maintenant (RM) du député PS Arnaud Montebourg est finalement parvenu à une position commune, hier midi. Les débats de ses militants, réunis à Fouras jusqu’à ce matin, en prélude à l’université du PS qui s’ouvre ce jour à La Rochelle, ont buté sur la décision personnelle de leur leader de soutenir Ségolène Royal dans la course à l’Élysée. À 66 voix pour, 4 contre et 4 abstentions, la direction de RM a « confirmé le choix d’Arnaud Montebourg », commente Thierry Mandon, porte-parole du courant. Pour les militants, c’est le choix de la raison. « La majorité a voulu trancher, c’est un choix par défaut pour battre la droite, qui n’efface pas les critiques sur le passé récent de Ségolène Royal, avec son « oui » virulent à la constitution européenne et ses positions sécuritaires », se souvient Jean-Paul, adhérent à Paris. La stature d’Arnaud Montebourg a pesé lourd dans la conversion de Milena, jeune recrue de Saint-Ouen, prête à le suivre jusque dans son soutien à Ségolène Royal, même si la députée demeure à ses yeux « la copie édulcorée de Sarkozy ».

Mais tout n’est pas encore joué : les militants doivent encore se prononcer localement cet automne sur le choix du CA. Pour Michael Moglia, secrétaire général de Rénover maintenant, qui n’exclut pas une candidature alternative comme celle de Laurent Fabius, « c’est aux adhérents de trancher une fois que tous les prétendants seront officiellement déclarés ».

Une partie de Rénover maintenant a décidé de ne pas capituler devant sa direction. « Plusieurs militants de grosses fédérations, comme celle du Pas-de-Calais, de l’Hérault ou des Bouches-du-Rhône, disent : " si on suit Ségolène Royal jusqu’au bout, je rends ma carte " », rapporte David, jeune militant des Pyrénées-Orientales. Une grosse minorité des membres de RM ne croient pas que la favorite au PS puisse incarner les aspirations sociales que leur mouvement prétend défendre. « On pensait qu’Arnaud était l’homme avec le bon profil pour mobiliser toutes les gauches », explique Éric Loiselet, responsable de la communication interne. Selon lui, le renoncement du « candidat du coeur » s’explique par son refus de « mener une bataille perdue d’avance contre l’appareil du PS ». Pour se consoler, certains, comme Milena, font le rêve un peu fou d’un tandem « Ségolène Royal à l’Élysée et Arnaud Montebourg premier ministre d’une VIe République »...

Sébastien Crépel et Grégory Marin

par frambois'acide publié dans : Renover maintenant
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Jeudi 17 août 2006

L'hypothèse d'une candidature d'Arnaud Montebourg à la désignation du candidat socialiste à la présidentielle de 2007 est aujourd'hui enterrée. C'est le choix personnel d'un homme politique libre de se jeter ou non dans une épreuve où, dit-on, s'accomplit la rencontre providentielle d'un homme ou d'une femme avec la France. Arnaud Montebourg a estimé en son âme et conscience que les conditions n'étaient pas réunies pour aller au bout d'une démarche soutenue par l'immense majorité des militants de Rénover maintenant. Nous regrettons cette décision, mais nous la respectons.

En son âme et conscience, il a dans un même élan « fait un pas, personnel mais déterminé », dans le sens d'un ralliement à la candidature de Ségolène Royal.

Alors, cher camarade Arnaud, permets-nous de rappeler ici quelques évidences qui nous ont paru former, dans le refus avec toi de la synthèse imposée par la direction du parti socialiste au Mans, le ciment de notre engagement commun à Rénover maintenant.

À l'inverse des pratiques anti-démocratiques qui minent depuis tant d'années le Parti socialiste, nous pensons encore que « la difficile question du choix » d'un éventuel ralliement de notre mouvement à un candidat devrait être collectivement tranchée et non être du ressort de la seule direction de RM, aussi « éclairée » soit-elle. Certes, RM s'est doté de représentants ayant pour charge de décider des orientations du mouvement. Partisans de la 6ème République, nous sommes bien sûr de fervents défenseurs de la démocratie représentative. Mais à engagement exceptionnel ? le choix d'un candidat ou d'un projet ? nous demandons une procédure exceptionnelle, à l'instar de ce qui existe en matière constitutionnelle avec le recours au « référendum ». Une procédure visant à consulter l'ensemble des militants pour décider de l'opportunité d'un ralliement immédiat ou prendre le parti d'une neutralité active de RM jusqu'à la désignation officielle du candidat des socialistes.

Il n'y a pas, lorsque l'on est chef d'un parti ou d?un courant, de choix personnel qui n?engage les militants qui ont fait le choix de se placer derrière un homme et les idées qu'il incarne.

D'autre part, l?argument même selon lequel « il nous faut désormais choisir, parce que nous n?avons plus le choix » n'est pas admissible, sauf à accepter aujourd?hui ce que nous critiquions hier : la tyrannie d'une logique présidentialiste, cette logique folle qui ordonne toute la vie du parti et qui devrait commander aujourd'hui les choix des rénovateurs. Il n' y a pas plus d'obligation maintenant à prendre position dans cette bataille présidentielle interne au PS qu'il n'y avait hier d?obligation à rallier la synthèse. Cohérents avec nous-mêmes nous pensons au contraire que refuser la fatalité de l'alignement pavlovien sur une écurie présidentielle c'est faire là un acte politique fondateur ; celui de la continuité dans l'action qui nous permettra peut-être un jour d'apparaître aux yeux des socialistes d'abord et des français ensuite comme l'ultime recours aux alliances de circonstance et aux errements stériles d'une 5ème République déclinante.

Enfin, l'important crédit politique et moral que tu as acquis, Arnaud, en refusant la synthèse au Mans, bien au-delà des rangs des militants encartés du parti socialiste, est en passe d'être dilapidé au vu des réactions dépitées et du malaise général que tes déclarations en faveur de Ségolène Royal ont suscité dernièrement. Car comme beaucoup de militants et de sympathisants de RM nous pensons qu'un tel ralliement à cette candidature s?avère tout simplement contre-nature. Outre ses déclarations tonitruantes peu conformes aux valeurs traditionnelles de la gauche, Ségolène Royal est loin d'avoir fait la preuve que sa candidature présente les atouts du renouvellement : non seulement elle est la candidate de la synthèse mais elle apparaît également pour l'heure comme la fidèle représentante d'un appareil que nous n'avons cessé de dénoncer.

Mais comme toi, Arnaud, nous voulons faire gagner la gauche en 2007. Face au carnage des politiques ultra-libérales de la droite, il est temps d?opposer une union des forces progressistes rassemblée autour d'un candidat unique prônant des valeurs communes de justice sociale et de solidarité. Seule cette union de toutes les forces de gauche pourra, nous en sommes convaincus, nous assurer la victoire.

Toutefois, si nous voulons que ce candidat de la gauche soit le candidat des socialistes et si nous souhaitons effectivement en tant que rénovateurs pouvoir influer par nos idées sur ce candidat afin de « gouverner durablement ensemble », gardons-nous d'un ralliement effectué dans la précipitation avant investiture officielle du candidat du PS. Car outre le fait qu'un tel ralliement ne ferait qu?accentuer les dissensions déjà nombreuses au sein du parti, celui-ci nous paraît surtout aussi inacceptable moralement que politiquement inutile.

Inacceptable moralement vis-à-vis des camarades, frappés d'ostracisme ou tenus pour quantité négligeable dans leurs sections en raison de leur choix courageux de rejoindre RM, et qui auront finalement l'impression d'avoir été trahis.

Politiquement inutile parce que le candidat investi par le PS aura crucialement besoin du soutien de toutes les composantes de la gauche, à l'extérieur comme à l'intérieur même du parti, et que les pactes scellés ou promesses faites par certains candidats déchus n'auront pas plus de valeur qu?un chèque en blanc. D'ailleurs, quelle crédibilité accorder à un prétendant non investi par son parti et, plus largement, à un responsable politique dépourvu du soutien de tous les militants de son mouvement?

Et nous sommes très nombreux à penser que nous pèserons davantage le moment venu pour faire partager nos convictions et négocier notre soutien au candidat de la gauche en restant pour l?instant les spectateurs impassibles du combat des éléphants qui va bientôt s'engager, loin au-dessus des barrissements de la mêlée. C'est aussi l'assurance pour nos représentants, qui seront amenés à traiter avec le vainqueur, de pouvoir discuter d'égal à égal, soutenus par un collectif de militants unis et mobilisés dans le même sens, ouverts à toute discussion mais sans humiliation ni renoncement préalable à nos idées. D'autant que nous avons de bonnes raisons de croire que celles-ci ont déjà réussi à pénétrer les esprits d'une partie importante de la gauche. Alors de grâce, Arnaud, ne sacrifions pas notre intégrité politique durement réprimée mais justement acquise sur un simple coup de dés en fonction de calculs purement électoralistes à court terme.