Le préambule du
Traité sur l'Union européenne, en vigueur
depuis le 1er décembre 2009, stipule l'attachement des contractants
« aux principes de la liberté, de la démocratie et du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales
et de l'État de droit ». Son article 2 répète que l'Union est fondée
« sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de
droit » et ajoute notamment que
« ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme ». Et l'article 11 de la
Charte des droits fondamentaux de l'UE énonce
que
« toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il
puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontières ».
« La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés », conclut-il.Si
ces mots ont encore un sens, la Hongrie devrait être sanctionnée, comme le prévoit, selon une procédure hélas fort lourde et bien complexe, l'article 7 du Traité sur l'Union européenne qui
recommande la suppression de certains droits, y compris des droits de vote, pour un Etat membre dont la politique manifesterait
« un risque clair de violation grave des valeurs
visées à l'article 2 », en l'occurrence celles qui concernent l'Etat de droit. Si, à l'inverse, rien ne bouge, il faudra alors se résoudre à constater la fin de l'Europe politique
puisqu'elle ne s'avérerait même plus capable de défendre ce qui la justifie et la légitime. Le mythe aura vécu : derrière ces apparences que sont les traités, les discours et les
proclamations, il n'y aurait donc que la réalité crue des intérêts nationaux et des marchés financiers, l'idéal démocratique n'étant plus dès lors qu'une formule creuse.
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