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Samedi 30 septembre 2006

 

 

Entretien pour Politis

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Vous trouverez ci-après le texte de l'entretien qui est paru dans Politis cette semaine :

La multiplication des candidatures traduit-elle l’incapacité de la gauche antilibérale à s’unir ?

Clémentine Autain : Non. Dans un processus innovant par rapport aux traditions qui ont été celles des organisations partie prenante du rassemblement, il est normal qu’aucune personnalité incontestable s’impose. La question est de savoir quel profil peut fédérer ces différentes sensibilités. C’est un choix politique. Pour moi, le critère déterminant est de savoir qui permettra le consensus le plus large pour que personne ne sorte du cadre de la photo. Le trip de la Cinquième République, avec l’homme providentiel qui a rencontré le pays, n’est pas l’état d’esprit de la campagne très collective que nous voulons mener.

 

 

 

Comment voyez-vous cette campagne ?

 

Ce qu’on a inventé à l’occasion du référendum européen doit nous inspirer. D’abord une campagne de contenu : on intéresse les citoyen-ne-s à la politique quand s’affrontent des visions de la société. Or, j’ai la conviction que nous sommes la seule alternative crédible et durable à Nicolas Sarkozy. Quand il prône l’ultra-libéralisme et l’autoritarisme, nous affirmons les valeurs de solidarité, d’émancipation -individuelle et collective -, de développement humain. Nous devons combattre la droite dure sur le fond, en lui opposant sur tous les terrains la cohérence d’une perspective de transformation sociale authentiquement de gauche. Ensuite, dans la campagne contre le traité européen, il n’y avait pas un grand chef qui expliquait d’en haut ce qu’il fallait faire mais un mouvement circulaire où chacun-e pouvait s’approprier un bout de la campagne. De ce point de vue, Internet a joué un rôle déterminant. Avec un collectif de porte-parole, toutes les sensibilités peuvent être représentées et nous pouvons reproduire en 2007 l’alchimie victorieuse du 29 mai.

 

Sur le programme, des désaccords subsistent. Quelle est votre position sur le nucléaire ?

C’est l’un des points d’équilibre qu’il nous faut trouver. Celui ou celle qui figurera sur le bulletin de vote devra en tout cas défendre la position commune. Ceci dit, on doit pouvoir partager les termes du débat et l’objectif. Devant la question de la fin du pétrole, comment faire face aux enjeux énergétiques et partager les ressources partout dans le monde, sans mettre en danger la planète ? Les économies d’énergie, la maîtrise publique de l’énergie et le fait de préserver les ressources naturelles, sont des points sur lesquels, je pense, on est tous d’accord. Diversification des sources d’énergie, transparence, précaution, sûreté, démocratie,: voilà le socle commun. En tout état de cause, il est fondamental qu’EDF-GDF reste à 100 % public en sorte qu’il puisse y avoir une maîtrise démocratique de ces enjeux.

 

Et sur la question du droit de vote des étrangers ?

Je suis favorable au droit de vote des étrangers. Cette position est largement partagée. Plus globalement, n’oublions pas ce qui nous rassemble est supérieur à ce qui nous divise et les choses doivent être dynamiques. Il est fini le temps où on savait exactement, dans le détail, tout ce qu’on allait faire dans les 100 premiers jours et même après (et qu’on ne faisait pas… !). Si on croit à la démocratie, il faut accepter que toutes les discussions ne soient pas closes. D’autres débats extrêmement intéressants nous animent : travail-revenu, croissance-décroissance… Je ne viens pas de la tradition de la décroissance. Je pense qu’il faut développer des activités utiles qui répondent aux besoins. Mais les questions soulevées par cette mouvance m’intéressent parce qu’elles interrogent le type de croissance et de développement que l’on veut. La rencontre de traditions différentes est féconde.

 

Est-il envisageable de conserver dans le rassemblement à la fois des socialistes et la LCR ?

Le texte Ambition-Stratégie, adopté le 10 septembre, me paraît acceptable à la fois par la LCR et un certain nombre de militants socialistes anti-libéraux. Nous y affirmons notre volonté de battre la droite et l’extrême droite, notre ambition d’être majoritaire et notre refus de participer à un gouvernement dominé par le social-libéralisme, en précisant que l’orientation de la direction actuelle du PS ne permet pas d’envisager des accords parlementaires. Si une équipe se met en mouvement, il y aura une dynamique populaire qui peut convaincre très largement, inciter de nombreux militants, aujourd’hui indécis, à nous rejoindre. Je ne me résous pas à ce qu’une majorité à gauche soit engluée dans une logique de renoncement.

 

Vous refusez  un accord avec le PS mais travaillez avec Bertrand Delanoë. N’est-ce pas contradictoire ?

Si la demande de la LCR est que tous les élus communistes, de la gauche des Verts ou de la gauche du PS quittent les exécutifs locaux, il n’y aura jamais d’accord ! Avoir des élus constitue un point d’appui pour notre projet de transformation sociale et pour nos luttes. J’ai fait le choix en 2001 d’être dans la majorité de gauche pour battre la droite qui dirigeait Paris depuis un siècle. Notre programme se situait en totale rupture avec ce qui se faisait avant. Par ailleurs, les bases d’accord que l’on peut avoir avec les socialistes à l’échelon local ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux que l’on peut concevoir à l’échelon national. Si une dynamique unitaire anti-libérale nous rassemble en 2007 et que l’on est ensuite en situation de porter des listes aux élections locales ensemble, il faudra le faire.

 

Le fait d’être apparentée communiste peut-il représenter une porte de sortie acceptable pour le PCF, qui a dû mal à faire admettre la candidature de sa secrétaire nationale ?

Militante féministe, membre active de la Fondation Copernic et investie depuis quinze ans dans les mouvances alternatives, ma trajectoire m’a ouverte aux apports des différentes sensibilités de notre collectif. Je suis élue apparentée communiste et donc proche de la force politique la plus importante de notre rassemblement. Ma relation avec cette tradition, sans être membre et sans porter toute l’histoire de ce qu’a été le PCF, peut être un atout. Cette proximité permet aussi de dire aux communistes que leur tradition est féconde dans le rassemblement.

 

On voit peu de jeunes dans les collectifs. Comment leur donner envie de participer à ce rassemblement ?

C’est un très gros enjeu. Les jeunes ont été les acteurs des mouvements sociaux les plus importants de ces dernières années (contre la loi Fillon, révoltes dans les banlieues, mouvement anti-CPE). Leur présence est forte aussi dans l’altermondialisme ou dans les mobilisations anti-guerre. Mais dans nos espaces politiques, ils sont largement sous-représentés. Si nous arrivons à un accord et faisons irruption dans le débat public avec des aspirations portées par les mouvements de jeunes, beaucoup pourraient venir grossir nos rangs, apporter du contenu et de l’énergie.

Nous avons besoin d’idées neuves. Les nouvelles générations, qui ont grandi avec la chute du Mur de Berlin et qui n’ont pas les mêmes repères, peuvent nous aider à penser le projet de transformation sociale du XXIe siècle, qui articule un modèle économique anti-libéral avec les exigences écolos, féministes et démocratiques. Pour le construire en termes de propositions concrètes, mais aussi nous aider à trouver les mots d’aujourd’hui. Nous nous définissons en contre – antilibéraux – mais nous sommes orphelins de mots, nous n’avons pas encore de terme pour dire quelle est notre utopie commune.

Propos recueillis par MICHEL SOUDAIS

http://www.politis.fr/article1818.html.

par frambois'acide publié dans : POLITIQUE
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Mardi 12 septembre 2006

 

Jonathan Littell déchire le silence des bourreaux

 

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

La rentrée littéraire se décline en 683 romans. Mais si vous n'en lisez qu'un seul, choisissez « Les Bienveillantes ». Un premier roman qui est un coup de maître.

C e premier roman fait plus de bruit que jamais les bourreaux n'en ont produit depuis la nuit des temps. Le but de Jonathan Littell est atteint : déchirer le silence des bourreaux, en faisant parler l'un d'eux, Max Aue, un SS. Un personnage de fiction dans un univers d'un réalisme insoutenable, celui, historique, de cette folie meurtrière qui a frappé l'Allemagne nazie. Max raconte son parcours. Depuis cette nuit où il adhère à la SS, alternative obligée à la menace d'une condamnation pour homosexualité (« Et c'est ainsi, le cul encore plein de sperme, que je me résolus à entrer au Sicherheitsdienst »), à ce moment où il se met à écrire, dans le nord de la France, où il est devenu directeur d'une usine de dentelles après avoir réussi à échapper à la vindicte des vainqueurs (« Quand tout fut enfin fini, j'ai réussi à venir en France, à me faire passer pour un Français ; ce n'était pas trop difficile, vu le chaos à l'époque »).

Max n'écrit pas pour se justifier. Il n'écrit pas pour nous. Il le fait comme une obligation corporelle, comme on vomit ou comme on souffre de diarrhées. Son texte est clinique, dur, d'une cruauté distanciée et intellectualisée. Ce qui rend l'horreur qu'il décrit encore davantage monstrueuse.

Pour son premier roman, Jonathan Littell a fait fort : 900 pages serrées, irrésumables et inoubliables sur les mécanismes sociologiques de l'horreur nazie. C'est le livre événement de la rentrée littéraire. Certains le tiennent déjà pour le nouveau « Guerre et paix » : «  Je crois que c'est surtout pour la longueur  », dit-il. On compare l'écrivain à Tolstoï, Grossmann, Cholokov : « Les gens racontent n'importe quoi.  »

Sur les photos, Jonathan Littell fait jeune homme : il a bientôt 39 ans et un fin anneau à l'oreille gauche. Au téléphone, sa voix est douce, il faut presser le combiné sur l'oreille pour bien l'entendre. Max Aue cite Sophocle et Platon et lit Stendhal dans le texte, Littell, lui, reste simple.

Son roman est écrit directement en français. Même si son auteur est américain. Il est né à New York, en 1967. Mais ses parents émigrent en France quand il a 3 ans. Depuis lors, il a vécu en France. « Mes parents ont divorcé, j'ai fait des allers-retours mais, quand j'étais aux Etats-Unis, j'étais au Lycée français. » Il parle donc français. Et anglais. D'ailleurs il a été traducteur littéraire, du français vers l'anglais, et il envisage sérieusement de traduire lui-même son roman : « J'ai dit que j'allais essayer. Je n'ai pas encore pris de décision. » Il parle aussi le russe et le serbo-croate. Et comme il s'établit actuellement à Barcelone, il manipulera incessamment le catalan ou l'espagnol, disons les deux.

Son père s'appelle Robert Littell. Grand reporter, spécialiste des pays de l'Est et du Moyen-Orient, formidable auteur de romans d'espionnage. Il a écrit La Compagnie : le grand roman de la CIA, en 2003, dont on dit qu'il rendit John Le Carré vert de rage. Et des Conversations avec Shimon Peres. Jonathan a d'ailleurs parfois aidé son père. Non pas à l'écriture, mais à l'authenticité des détails. « Comme j'ai travaillé en Russie, en Tchétchénie, en Afghanistan, il vérifiait auprès de moi la vérité de certaines scènes, de certains lieux. »

C'est que Jonathan a bourlingué. Après des études de littérature à Yale et un intermède dans la traduction, il lui prend l'envie de s'engager. Parce qu'il avait l'impression de ne servir à rien ? « Non, c'est plus pragmatique. J'avais envie de travailler dans ce genre d'endroit et les options sont restreintes : soit militaire soit journaliste. Je ne voulais faire ni l'un ni l'autre.  » Action contre la faim l'envoie en mission un peu partout dans le monde : Bosnie, Afghanistan, Chine, Afrique, Tadjikistan, Guinée, Rwanda. « Et puis, un certain moment on en a marre et on dit stop. » Et alors on écrit.

Ses Bienveillantes (on nomme ainsi les Erinyes, les divinités grecques qui châtient les crimes), il les porte depuis longtemps. Quatre à cinq ans de documentation. Plus 112 jours exactement d'écriture. Aujourd'hui, il répond aux nombreuses sollicitations d'entretiens et de promotion pour son roman. Et demain ? Il verra. Un nouveau roman ? « Je n'ai pas de plan. Je verrai. »

En fait, son seul plan, c'est de finaliser son déménagement. Il est en train de s'installer à Barcelone. Sa femme y travaille. Une Belge. « Elle travaille pour MSF. Je l'ai rencontrée à Grozny. » Depuis, l'amour et deux enfants, Emir, bientôt 6 ans, et Alma, 3 ans et demi. « Alma, ça veut dire pomme en turc et l'âme en latin. »

Cet Américain est donc un peu belge. « J'ai été busé deux fois pour la naturalisation française. J'essaie une troisième fois, mais ce sera la dernière. Peut-être que je me ferai belge à la place. J'y ai pensé sérieusement, j'ai regardé à être belge, au début, mais c'était plus compliqué qu'en France : pour être belge, il faut d'abord résider en Belgique. Mais je me suis belgicisé, ça vous fera rigoler mais mes correcteurs ont trouvé plusieurs belgicismes dans mon récit. Et mes beaux-parents sont des lecteurs du Soir. »

Les Etats-Unis, en tout cas, est peut-être le seul pays où Jonathan Littell ne voudrait pas vivre. C'est un pays qui lui fait peur. « Dans l'Allemagne nazie, la société a dérapé complètement. Aux Etats-Unis aussi. On y fait n'importe quoi. Mais c'est comme en Belgique, la société y dispose de garde-fous assez forts. Ça mettra du temps mais ça réagira. Et j'espère que, dans quelques années, quand on aura retrouvé l'équilibre, on pourra dire des Etats-Unis d'aujourd'hui : c'était comme du temps de McCarthy, on a pété les plombs. »

 

 

par frambois'acide publié dans : Littérature
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Mardi 12 septembre 2006

IN  : Le Monde

LE MONDE DES LIVRES | 31.08.06 | 11h34  •  Mis à jour le 31.08.06 | 11h34

 

Entretien
Jonathan Littell : "La parole vraie d'un bourreau n'existe pas"


ombien de temps avez-vous travaillé sur Les Bienveillantes ?

 

Durant cinq ans, et j'ai mis quatre mois à l'écrire. J'ai effectué deux voyages sur les lieux où se déroule mon roman. L'un en Ukraine, dans le Caucase et à Stalingrad, et un autre, en Pologne, dans les six camps d'extermination, ainsi qu'à Lublin, et à Cracovie. Je me suis également rendu en Poméranie. Ces voyages ont duré à chaque fois entre quatre et cinq semaines. J'ai retrouvé quelques survivants à Kiev, dont un vieux monsieur qui avait 13 ans lors du massacre de Babi Yar (l'un des plus importants meurtres de masse perpétré pendant la seconde guerre mondiale. 100 000 personnes, en majorité juives, furent assassinées le 28 septembre 1941 par les SS et des auxiliaires ukrainiens). Il était parvenu à s'échapper et s'était réfugié dans un cimetière chrétien. J'ai pu recueillir un témoignage précis sur le processus d'extermination. Au Caucase, j'ai pu retrouver les Tats, les juifs des montagnes. Il n'y avait aucune documentation sur eux.

 

 

Qu'est-ce qui a provoqué votre envie d'écrire ce roman ?

Une photo, d'abord, que j'ai découverte en 1989 alors que je préparais un projet en faculté. Elle montrait le corps d'une jeune paysanne russe, Zoya Kosmodemianskaïa. Elle avait commis un acte de sabotage en décembre 1941 alors que les nazis se trouvaient aux portes de Moscou. Elle avait été pendue par les nazis. Les Soviétiques ont trouvé son corps plus tard, à moitié rongé par les loups. Staline en a fait par la suite une icône. Ce qui est extraordinaire dans cette image c'est qu'on perçoit à quel point cette femme a pu être belle. Cela m'a beaucoup travaillé, et en même temps c'était insupportable. Plus tard, la découverte de Shoah de Claude Lanzmann a orienté mon projet sur l'idée du génocide. Il y a eu ensuite les lectures de La Destruction des juifs d'Europe de Raul Hillberg et Les Jours de notre mort de David Rousset.

 

 

Avez-vous hésité avant d'adopter le parti pris d'écrire votre roman à la première personne, sachant que celle-ci est un bourreau ?

C'était le seul choix possible, car l'objet qui m'intéresse est le meurtre politique de masse. C'était le seul moyen de comprendre ces gens. J'aurais pu écrire à la troisième personne, mais ça ne marchait pas. La question originelle, avant d'écrire mon roman, était : que serais-je devenu si j'étais né allemand en 1913 plutôt qu'américain en 1967 ? La réponse se trouve dans le livre. Je ne dis pas que j'aurais été comme mon personnage. Ma grande peur, enfant, était qu'on m'envoie au Vietnam quand j'aurais 18 ans pour tuer des enfants. J'étais très conscient qu'on ne choisit pas toujours. Ma famille a quitté la Russie à la fin du XIXe siècle. La Shoah est donc restée un événement assez abstrait pour les juifs américains. Ça a beaucoup marqué mon père (l'écrivain Robert Littell), ça l'a marqué toute sa vie, et donc, ça m'a marqué. Mais c'est surtout la confrontation au Vietnam qui a été pour moi décisive.

 

 

Qu'avez-vous appris en épousant le point de vue d'un bourreau ?

Les bourreaux ne parlent pas. Ils n'ont pas de parole. Robert Merle avait écrit, en 1953, La mort est mon métier, les Mémoires imaginaires de Rudolf Höss (le commandant du camp d'Auschwitz), mais il ne possédait pas assez de recul. Bataille, dans La Littérature et le mal, écrit en substance : "Les bourreaux ne parlent jamais. S'ils parlent, ils parlent le langage de l'Etat." C'est ce que j'ai pu constater en lisant les témoignages des bourreaux. Aucun n'a une parole vraie. Alors que les victimes, elles, ont une parole vraie. La parole vraie d'un bourreau n'existe pas. Il n'y a rien.

 

 

Y a-t-il eu des passages plus difficiles que d'autres à écrire, on pense en particulier aux longues descriptions des exactions des Einsatzgruppen en Ukraine ?

Certaines parties ont été plus douloureuses, mais pas celles que vous mentionnez. Avec mon travail (Jonathan Littell a dirigé pour Action contre la faim des missions en Bosnie et en Afghanistan. Il était à Sarajevo pendant la guerre et à Grozny au moment de la révolte tchétchène), il m'est arrivé de me retrouver au milieu d'immenses charniers. On est complètement détaché.

 


Propos recueillis par Samuel Blumenfeld
Article paru dans l'édition du 01.09.06
par frambois'acide publié dans : Littérature
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Samedi 9 septembre 2006

 

In : http://renover.maintenant-21.over-blog.com/article-3771006-6.html#anchorTrackback

Vendredi 08 Septembre 2006

Créée en 1963 pour assurer une certaine mixité sociale, la carte scolaire a été enrichie mais sans jamais parvenir à remplir tout son rôle puisque son contournement est devenu un sport national pratiqué notamment par les parents d'élèves favorisés, au premier rang desquels parfois les collègues  enseignants qui rivalisent d'imagination pour y déroger. Elle répond cependant,  au principe de l'égalité des citoyens devant le service public.

Supprimer la carte scolaire, comme le suggèrent Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, aurait, me semble-t-il, pour  conséquence de créer une véritable désorganisation du système éducatif. C’est d’ailleurs aussi ce qu’a estimé la FCPE (principale fédération de parents d ‘élèves). Et puis la remplacer par quoi ?

La FCPE pose d’ailleurs une bonne question : "Comment les établissements, les collectivités territoriales et l'administration de l'Education nationale géreraient-ils, en terme d'attribution de crédits et de postes notamment, les conséquences du libre choix par les familles de l'établissement de leurs enfants ?"."Sur quel critère tel élève serait accepté et tel autre refusé dans un établissement très demandé ? »

Il serait plus intéressant de poser  à SARKOZY la question suivante : Quelles ont les raisons réelles qui poussent  les  parents à boycotter  l’établissement de leur secteur ? Et comment y remédier ?

Faire respecter la carte scolaire est de la responsabilité et de la volonté des décideurs politiques. Mais faute de courage les règles des cartes scolaires ne sont jamais réellement appliquées. Ca revient aussi à dire qu’ au lieu de casser les ghettos,  il faut casser la carte scolaire ou encore que l'école doit résoudre des problèmes d'aménagement du territoire.

Trop facile !  L’Education mérite bien mieux que cela !!

En redessiner les contours, renforcer son rôle de mixité sociale et éviter les stratégies de contournement, çà oui ! Bien franchement, Ségolène ROYAL  risque de se couper de la base électorale historique du PS que sont les enseignants en séduisant sur sa droite. Jospin en avait déjà fait les frais en 2002. Mais comme le laisse sous-entendre de fait, Arnaud MONTEBOURG cette base serait "conservatrice et défendrait le statu quo avec dogmatisme, surtout quand il échoue au regard des valeurs de la gauche" !!  

 
par frambois'acide publié dans : education
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Mercredi 6 septembre 2006

 

La droite monte au créneau contre Lilian Thuram

NOUVELOBS.COM | 06.09.06 | 16:47
In http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060906.OBS0779.html

 


MPF, FN et des membres de l'UMP fustigent son invitation faite à 81 expulsés pour le match France-Italie.

 

  Lilian Thuram (Sipa)
Lilian Thuram (Sipa)
 
L e footballeur international Lilian Thuram a suscité mercredi 6 septembre la colère de la droite en invitant au Stade de France pour le match France-Italie des étrangers expulsés en août du squat de Cachan, dans le Val-de-Marne.
Selon Fidèle Mitiema, porte-parole des étrangers de Cachan, la star de l'équipe de France aux 122 sélections a invité 81 personnes à venir assister au match-revanche de la finale de la Coupe du monde de football, comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2008.
SOS-Racisme parle de 70 invités. Le capitaine de l'équipe de France, Patrick Vieira, d'origine sénégalaise, n'est pas à l'initiative des invitations mais soutiendrait la démarche, selon une association proche des étrangers.
Plusieurs centaines d'étrangers africains campent depuis près de trois semaines dans un gymnase de cette ville, depuis une première évacuation par la force le 17 août du plus grand squat de France, une ex-résidence universitaire.

"Instrumentalisé"

Ils demandent qui une régularisation, qui un logement social et le dossier suscite une tension croissante entre mairie de Cachan, associations de défense des étrangers et préfecture.

"Les joueurs sont bien libres d'inviter qui ils veulent. Je tiens simplement à dire à la Fédération française qu'elle soit vigilante à ce qu'un match de l'équipe de France ne soit pas instrumentalisé", a dit à la presse le ministre des Sports Jean-François Lamour.
Sur RTL, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, s'est dit "choqué" de voir "des milliardaires donner des leçons".
"Les footballeurs sont faits pour jouer au football. Je pense que Thuram et Vieira peuvent aller plus loin et loger chez eux les sans-papiers de Cachan, les nourrir, leur fournir le gîte et le couvert", a-t-il dit ironiquement.
Un proche du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le député UMP Yves Jégo, a jugé aussi sur RTL que Lilian Thuram "grand sportif, se (révélait) être un piètre individu sur le terrain de la politique".

"Un moment derépit"

L'initiative est personnelle et n'engage ni l'équipe de France ni la Fédération française de football, a dit à Reuters un porte-parole de la FFF. Lilian Thuram pourrait s'exprimer sur le sujet après le match de mercredi soir.
Les associations soutenant les étrangers de Cachan ont souligné que la quasi-totalité des ex-squatteurs étaient en situation régulière, voire de nationalité française. Ils ont même souvent des emplois déclarés mais attendent depuis des années un logement social dans le parc parisien saturé.
"Les inviter au Stade de France, ce n'est pas récompenser ceux qui fraudent (...), c'est donner un moment de répit à des personnes victimes d'injustices créées par les politiques", estime SOS-Racisme dans un communiqué.
Le dossier s'est compliqué récemment car des étrangers sans papiers sans rapport avec Cachan viennent s'installer dans le gymnase. La préfecture a annoncé qu'elle limiterait ses offres de relogement à 102 familles soit environ 220 personnes, mais la mairie a recensé 516 occupants dans la gymnase.

Blacks, blancs, beurs

"C'est très bien que (Lilian Thuram) nous soutienne, comme ça la France sait que nous sommes toujours là. L'équipe de France reflète bien la France", a dit Fidèle Mitiema à Reuters.
"Nous sommes tous les mêmes, black, blancs, beurs. C'est quelque chose d'avoir ces invitations", a-t-il ajouté.
Originaire de Guadeloupe, Lilian Thuram, qui a grandi en banlieue parisienne, bénéficie d'un immense prestige dans le monde du football et s'est déjà exprimé à plusieurs reprises, notamment pour exprimer son désaccord avec Nicolas Sarkozy.
L'équipe de France "black-blanc-beur", qui avait été élevée en 1998 au rang d'emblème de la diversité ethnique du pays, a été fréquemment brocardée par le leader d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen, qui a même déploré l'été dernier "la proportion excessive de joueurs de couleur".
Lilian Thuram, international depuis 1994, avait alors répondu : "Je ne suis pas noir", tandis que le sélectionneur Raymond Domenech lançait : "il y a trop de cons en politique." (Reuters)

 

par frambois'acide publié dans : Logement
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