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Dimanche 23 avril 2006

Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.

Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école, leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide : l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité assurés, et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront pour les raisons pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs tortionnaires à l’étranger. Pour les enfants, pas d’école, dans des pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce pays, ils en parlent la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident (ou, pour les plus jeunes, si leurs parents décident) d’échapper à une expulsion honteuse, nous les y aiderons comme nous avons aidé Rachel et Jonathan à Sens, Samuel à Pau, Ming et Wei-Ying à Evreux. Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons à nos enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des persécutions insupportables, chacun a dû faire des choix. Et où ne pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Atlanta en 1951 pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se soumettre au prétexte que ces lois avaient été " démocratiquement " prises ? Le général Paris de la Bollardière, mis aux arrêts pour avoir dénoncé les tortures de l’armée française en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une démocratie ?

Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom.


 

Vous pouvez télécharger ici le texte de cette pétition pour l’imprimer et la faire signer autour de vous.

http://www.educationsansfrontieres.org/

par frambois'acide publié dans : education
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Lundi 10 avril 2006

Article paru dans Libération du mercredi 5 avril

Le Président a confié la France à un homme qui a sa faveur plutôt qu'à tout autre ayant une légitimité parlementaire. Le pays se retrouve ainsi dans une situation de quasi-coup d'Etat.

Villepin, le caprice c'est fini

 

par Arnaud MONTEBOURG

Arnaud Montebourg député de Saône-et-Loire, vice-président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale. 

Pourquoi un homme seul peut-il imposer sa volonté personnelle à la société tout entière dressée contre lui? Parce que le système politique le permet. Il a même été conçu pour rendre possible l'usage de procédés autoritaires portant atteinte aux intérêts directs de dizaines de millions de citoyens.

On peut, dans notre système politique, gouverner par ordonnance : c'est de la sorte qu'a été créé le CNE, grand frère du CPE, l'été dernier en mettant le Parlement en vacances. On peut aussi gouverner en piétinant ses propres engagements solennels inscrits dans le marbre de la loi.

C'est ainsi que monsieur de Villepin a réduit à l'état de chiffon de papier la loi du 4 mai 2004 sur le dialogue social, dans laquelle le gouvernement s'obligeait à consulter les partenaires sociaux avant toute réforme du droit du travail. On peut également appeler une loi un texte qui n'a pas été voté, grâce à l'usage de l'article 49-3 de la Constitution.

Un gouvernement peut aussi tranquillement violer dans notre système les engagements internationaux de la France sans en être outre mesure inquiété. Il suffit de procéder par voie d'amendement et de contourner ainsi la consultation préalable et obligatoire du Conseil d'Etat, comme ce fut le cas s'agissant de la création du CPE.

Un gouvernement peut même organiser la mobilisation politique des procureurs pour imposer à des juges prud'homaux résistants un dispositif comme celui du CNE dont ils refusent l'application en droit et en toute indépendance.

Un gouvernement peut même faire du Conseil constitutionnel l'annexe de ses intérêts en y faisant nommer en nombre ses anciens collaborateurs aussi dociles que dévoués et lui faire prendre les décisions qu'il attend. Un président de la République, pourtant garant du fonctionnement régulier des institutions, peut désormais décider de promulguer, c'est-à-dire de faire appliquer une loi, en prétendant faussement, par une grossière hypocrisie, qu'elle ne s'appliquera pas.

Le système organise ainsi les apparences d'un gouvernement légitime qui en vérité décide sans le peuple et contre le peuple. Nous avons le gouvernement le plus antidémocratique de l'histoire de la Ve République, ultraminoritaire dans la société et dépourvu de soutien mais qui s'autorise à imposer par des artifices autoritaires une contre-réforme sociale dont la France tout entière ne veut pas.

Pourquoi un Premier ministre peut-il prendre en otage sa majorité en la menaçant de périr avec lui dans les flammes de l'impopularité si elle résiste à sa volonté ? Parce que le système le permet. Il a même été conçu pour que le Parlement fasse silence pendant qu'on l'égorge.

Les ministres du gouvernement, comme les députés de l'UMP, désapprouvent publiquement et en nombre la manière de parvenir au CPE. Qu'importe, le système les prive de tout moyen de s'y opposer, d'infléchir ou d'atténuer la volonté d'un homme seul, illuminé, lancé dans l'aventure de son coup de force.

Le système politique fonctionne replié sur lui-même enfermant les deux principaux dirigeants gouvernementaux dans leur lutte de pouvoir personnel à mille lieues des intérêts et des problèmes de la population. La lutte à mort et en vase clos que se livrent les deux prétendants à la succession du Président est ainsi devenue le mobile essentiel des actes du Premier ministre Villepin. Pour quelle raison cette lutte de pouvoir qui prend en otage le pays est-elle possible ? Parce qu'un homme comme monsieur de Villepin, courtisan en chef du monarque, manipulateur hors pair, tenancier de l'officine des coups tordus et du cabinet noir, obsessionnel de sa carrière, dépourvu de la moindre connaissance de notre pays, étranger du suffrage universel, peut être nommé Premier ministre par le caprice d'un monarque finissant.

En effet, dans un régime politique qui fonctionnerait normalement et selon des règles démocratiques comme tel est le cas dans tous les pays européens, seul le chef de la majorité parlementaire, le chef du principal parti au pouvoir, aurait dû avoir la charge qu'occupe monsieur de Villepin. C'est donc bien par la perversion de la monarchie républicaine, qui conduit un Président à préférer confier la France à un homme qui a sa faveur plutôt qu'à tout autre qui aurait la légitimité parlementaire, que le pays est confronté à une situation de quasi-coup d'Etat, pour servir exclusivement les buts de prise du pouvoir au sommet plutôt que les intérêts de la population.

Car pourquoi et comment un Premier ministre peut-il ainsi tenir en sa main un président de la République pourtant clé de voûte des institutions? Parce que le système l'a permis. En organisant l'impunité judiciaire de Jacques Chirac, et le maintien à la tête de l'Etat d'un homme qui aurait dû dans n'importe quelle autre démocratie répondre de ses actes devant la justice, le système politique français repose sur un homme soupçonné de corruption, affaibli politiquement, qui a mis son autorité dans la main d'un maître-chanteur de passage, monsieur Galouzeau de Villepin.

L'intéressé ne déclarait-il pas, en 1997, après la dissolution délirante et ratée qu'il avait déjà inspirée: «Le Président ne peut pas me virer. Il ne pourra jamais. Il m'a introduit dans le saint des saints. Je sais beaucoup trop de choses. A l'extérieur de son système, je deviendrais une bombe à retardement.»

En laissant pourrir la République comme le poisson par la tête, il n'y a plus d'autorité présidentielle autre que celle manipulée d'un côté par un Premier ministre à l'aveuglement idéologique absolu et à l'ambition personnelle sans limite, et contesté de l'autre par un ministre d'Etat ressemblant au premier !

Le système politique est ainsi livré à deux lions qui s'entredévorent dans leur cage dorée pour le pouvoir et utilisent la France pour leurs intérêts personnels. C'est cette situation qui mène le pays vers la crise de régime. D'abord prise dans le mouvement social anti-CPE, la France, que ses dirigeants veulent emmener de force vers les solutions ultralibérales contre l'assentiment général, vient de basculer dans un conflit d'une tout autre ampleur: la confrontation entre le souverain populaire et l'aristocratie gouvernante. Cette dernière n'est passionnée que d'elle-même et de son propre pouvoir, et, malgré la disparition de tout soutien dans le pays, ne répugne pas à violer la démocratie et à violenter son peuple.

La crise de régime est donc en marche. Nul ne peut s'en réjouir. Les cimetières de l'histoire de France sont peuplés de monarques, de princes, de maréchaux, de généraux, de tyranneaux, d'aventuriers abusifs dont le peuple a toujours eu raison. Voilà pourquoi monsieur de Villepin a raté son coup d'Etat. Les Français l'en ont empêché pour l'instant. Mais son rival poursuit exactement le même but par des moyens plus habiles.

Jusqu'à quand le pays devra-t-il attendre et quel prix astronomique devra-t-il le payer avant de régler la lourde question de la maladie antidémocratique de ce régime qui se délite et chute lentement sous nos yeux? Chacun sait que les solutions peuvent surgir par les voies pacifiques de la discussion politique devant le corps électoral, beaucoup plus raisonnable et disponible pour l'imagination et le courage qu'on ne le croit.

C'est à la gauche de faire apparaître dans le paysage politique les perspectives de la construction d'une République nouvelle qui ressemblerait enfin à cette France moderne qui a soif de préparer enfin son avenir en paix avec elle-même. Une France qui n'est plus celle de ses vieux rois que deux aventuriers de passage se disputent abusivement dans le but de la dérober pour eux-mêmes, dans une dangereuse, ultime et peut-être fatale usurpation.

par frambois'acide publié dans : Renover maintenant
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Dimanche 9 avril 2006

Voici le mail envoyé le 9 avril par Info impartiale et pluraliste sur l'attaque dont ils sont victimes sur leur site (pas besoin de commenter l'état de notre démocratie)

Attaque contre la démocratie, l’information, la liberté d'expression  et notre site                                                   

 

 

 

 

Chers amis,

 Comme vous l’avez sans doute remarqué notre site « info impartiale et pluraliste » est pour le moment inaccessible. Rançon de la gloire, nous avons été victime, d’une attaque informatique qui paralyse actuellement notre fonctionnement.

Nos agresseurs sont visiblement des personnes expérimentées. Actuellement certains informaticiens chevronnés tentent de remettre en route notre site et découvrent peu à peu les moyens perfectionnés qui ont été mis en œuvre pour nuire à notre activité. Nous avons dans les derniers temps fait prévaloir le point de vue de l’information pluraliste et impartiale sur trois questions particulières :

 

 

  • la laïcité et la liberté d’information et de la presse à l’issue de l’affaire des caricatures de Mahomet.

     

  • la démocratie et la souveraineté populaire qui s’est exprimée le 29 mai et qui est aujourd’hui bafouée.

     

  • le CPE, son traitement médiatique, et la signification des mouvements massifs des jeunes et des salariés.

     

Voila ce que nos agresseurs veulent faire taire ! Voila ce qu’ils veulent censurer ! Cela en dit long sur leurs intentions et la signification de leurs actes contre le site que nous animons et autour duquel nous sommes des milliers rassemblés en réseau depuis le 29 mai 2005.

L’attaque dont nous avons été l’objet pour nous faire taire s’est produite après la journée de manifestations du 4 avril. Il n’est sans doute pas incongru de mettre en rapport l’apparition de notre réseau ce jour-là pour la première fois dans plusieurs villes de France par la diffusion d’un tract de soutien au mouvement des jeunes et des salariés au cœur des manifestations et l’agression dont nous avons subie.

 Si nous étions un journal, on ferait brûler notre imprimerie. Ou on nous interdirait de kiosque.

 Nous sommes un site alors on veut nous réduire au silence avec les moyens de l’informatique. Mais le sens est le même. La démocratie, le débat d’idées, la libre expression impartiale et pluraliste se trouvent menacés.

Nous allons rétablir nos moyens d’expression, en déplaise aux censeurs qui voudraient nous faire taire. Dés que possible vous recevrez donc la lettre N°11 qui développe notamment un dossier sur le CPE, la jeunesse, et le traitement médiatique et politique qui en a été fait.

 

Dés notre remise en route, nous comptons tous les uns sur les autres pour faire connaître plus encore notre réseau et le renforcer, seule réponse possible aux agressions que nous venons de subir.

 

Bien amicalement .Pour info impartiale. Le 9 avril 2006

 

 

par frambois'acide publié dans : POLITIQUE
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Vendredi 7 avril 2006

" Pour une VIe République "
Arnaud Montebourg appelle le PS à inclure le changement de Constitution dans son projet 2007.

© L'Est Républicain  - 06/04/2006

- Y-a-t-il selon vous une crise de régime ?

- Oui, la crise sociale s'est transportée sur le terrain politique et institutionnel. C'est la confrontation du peuple souverain avec une aristocratie gouvernante qui utilise les artifices autoritaires du système pour gouverner alors qu'elle n'a plus de soutien dans le pays. Cela crée les conditions délétères d'une situation quasi révolutionnaire.

- Est-ce pour autant la faute des institutions ?

- Les hommes ont peu de poids pour changer la force du système, qui repose sur des bases monarchiques, quelles que soient les alternances. Les pratiques ne sont pas de droite ou de gauche, elles ne sont pas induites par tel ou tel parti, elles sont induites par la violence inscrite dans la génétique du système politique français actuel qu'est la Ve République.

- En quoi la VIe République que vous proposez peut-elle être un remède ?

- Nous sommes nombreux à préconiser la VIe République : il y a tous les partis de gauche sauf le PS, mais au sein duquel je représente 20 %, il y a l'UDF, à droite. La question qui se pose, au delà des institutions, est celle de la démocratie, aussi importante que l'air qu'on respire. Les citoyens ont le sentiment qu'il n'y a plus de règles, qu'elles sont piétinées et qu'il n'y a plus que des rapports de force. D'où le sentiment de malaise et d'écoeurement. La VIe République doit être un régime équilibré avec un exécutif fort, répondant de ses actes et responsable devant le Parlement. Ce n'est pas le retour à la IVe. C'est au contraire un régime primo-ministériel, comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne, avec un Premier ministre qui a tous les pouvoirs.

- N'était-ce pas le cas avec Dominique de Villepin ?

- Non, car il n'y a pas de contre pouvoir dans le système français. On ne peut pas gouverner contre un pays. Il ne peut pas y avoir dans un Etat de droit, dans un régime démocratique, de pouvoir sans qu'il y ait de contre pouvoir. Nous proposons la restauration d'un contre pouvoir avec un Parlement disposant de moyens d'actions sur le gouvernement, capable de le contrôler, en mesure aussi de pouvoir résister au viol permanent que constituent les ordonnances, le 49.3, les votes bloqués. Aujourd'hui, soit le Parlement renverse le gouvernement, soit il est contraint de tout accepter. Il n'y a pas de mesures intermédiaires. Il n'est pas possible par exemple d'interpeller un ministre, et de provoquer sa chute. Il est surtout nécessaire dans notre pays de construire un lieu de discussion pour établir des compromis sociaux, politiques qui n'existent plus aujourd'hui : c'est le Parlement.

 " Reconstruire la confiance "

- Le moment est-il venu, comme le dit François Bayrou, de passer à la VIe République ?

- C'est à l'occasion des élections présidentielle et législatives qu'il faut ouvrir le débat. Je lance donc un appel au Parti socialiste, mon parti, pour qu'il propose dans son projet 2007 le passage à la VIe République. Afin de reconstruire la confiance aujourd'hui perdue.

- Hervé Morin de l'UDF appelle carrément à la démission de Jacques Chirac...

- Si on commence à vouloir la démission de tout le monde, il n'y aura bientôt plus personne. Villepin aussi, Borloo et Larcher qui viennent de violer la Constitution en recommandant de ne pas exécuter la loi... Le problème n'est pas d'accentuer la crise mais de se relever de la crise en donnant des perspectives constructives pour tous les Français.

Propos recueillis par Michel VAGNER

par frambois'acide publié dans : Renover maintenant
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Dimanche 2 avril 2006

RETRAIT DU CPE !
Place de la République à Paris


La FCPE Île-de-France appelle les parents à manifester
mardi 4 avril – 14 h 30
- sous le ballon jaune FCPE –


Les manifestations du 28 mars, à Paris comme dans l’ensemble du pays, ont atteint une ampleur historique. Aux jeunes et à l’ensemble de la population mobilisée contre la précarité à vie institutionnalisée, le gouvernement répond, une fois de plus, par le mépris, la condescendance et une fin de non recevoir.


A la surdité du Premier ministre s’ajoute maintenant l’appel irresponsable et dangereux du ministre de l’Éducation nationale, demandant aux chefs d’établissement d’appeler les forces de l’ordre contre les blocages des lycées.
Demande qui a suscité la colère des parents, des enseignants, des chefs d’établissement (SNPDEN et SNUEP), et même de l’UNSA-police.

La FCPE dénonce par avance toute intervention policière, comme celle intervenue jeudi 30 mars au lycée Fénelon, et la répression des lycéens (6 interpellations à
Fénelon). Elle réaffirme son attachement à la liberté d’expression et au droit de réunion des lycéens. Elle confirme son soutien à leur mobilisation légitime en défense de leurs intérêts, de leur avenir.
Il est désormais nécessaire de passer à une étape supérieure de mobilisation :
pour que nos enfants ne fassent pas les frais d’une politique absurde,

pour qu’ils aient un autre avenir que le CPE, le CNE, le contrat senior, bref, une vie de précarité,  
pour que les cours reprennent,

pour que les examens aient lieu,

pour que l’optimisme fasse place à l’amertume que développe la rigidité gouvernementale.


La jeunesse veut vivre, apprendre, avoir les armes de la critique, et refuse le « mon univers à moi, c’est moi » de M. Galouzeau de Villepin. Tous savent qu’un autre monde est possible.
Gagner contre la loi « égalité des chances » (CPE, mais aussi rétablissement de l’apprentissage à 14 ans, du travail de nuit à 15), c’est :
 porter un coup d’arrêt à la casse de l’Éducation nationale programmée dans une logique de
rentabilisation du marché de l’Éducation,
 ouvrir la voie à la remise en cause de la loi Fillon qui accroît les inégalités scolaires,
 ouvrir la voie du rétablissement des moyens supprimés ces dernières années à l’école, au collège et
 ouvrir la perspective d’un système d’enseignement plus égalitaire, reconnaissant la diversité des
savoirs et donnant à chaque jeune les moyens de construire son avenir.
Le 4 avril est l’occasion d’un nouveau et encore plus puissant « Tous ensemble ». Etudiants,
lycéens, enseignants, personnels administratifs et parents disons :
Retrait du CPE
Retrait de la loi dite « Égalité des chances »


Pour une autre politique d’éducation, d’emploi, de formation,
pour l’avenir des jeunes et du pays
!

Communiqué de presse de la FCPE NATIONALE – 30 mars 2006


Villepin s’obstine, Robien provoque : la FCPE persiste !
La FCPE appelle les parents à s’associer massivement à la nouvelle journée d’action nationale
du 4 avril.
Il ne suffisait pas que le Premier ministre se rue tête baissée dans une impasse.
Son ministre de l’Education nationale fait dans la surenchère : après avoir traité avec mépris et
condescendance la manifestation massive du 28 mars dernier, il se prépare à faire évacuer les
lycées occupés, par les forces de police et de gendarmerie.
C’est ce que le gouvernement appelle globalement « renouer le dialogue ».
Surdité, aveuglement, entêtement : quand un gouvernement est à ce point coupé de sa
jeunesse, il en vient aux menaces et à la répression.
Il fait ainsi l’aveu de son impuissance.
La FCPE et les parents n’acceptent pas que les premiers responsables de la nation donnent comme modèle éducatif l’autoritarisme borné, fondé sur le mépris d’une jeunesse qui serait par
essence turbulente, indisciplinée et mauvaise par nature.
C’est pour cette raison que les parents ne baisseront pas les bras : ils veulent que la jeunesse garde confiance en des adultes qui, heureusement, pour beaucoup d’entre eux, ont une
conception généreuse et solidaire de l’éducation et de ses relations avec les jeunes.
Le comité régional FCPE Ile de France regroupe les FCPE 75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95

par frambois'acide publié dans : FCPE
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