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Jeudi 23 mars 2006


Contre le CPE : Ecole morte le 28 mars

La FCPE refuse le CPE, elle appelle à une journée "Ecole morte", le 28 mars dans les écoles, les collèges et les lycées. Elle invite tous ceux qui le peuvent à ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jour là en signe de protestation et de solidarité avec la jeunesse.

 

Depuis l’annonce du projet de CPE, la FCPE s’est opposée à cette mesure.

Pour faire du 28 mars un temps fort de l’expression du refus des parents, la FCPE appelle à une journée " Ecole morte ".


Elle invite tous ceux qui le peuvent à ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jour là en signe de protestation et de solidarité avec la jeunesse.

Les parents refusent ce " contrat première embauche " qui, sous couvert de faciliter l’entrée dans la vie active, condamne les jeunes à une entrée dans l’emploi précaire.
Ils n’acceptent pas que leurs enfants soient considérés comme une future main d’œuvre serviable et corvéable à merci.
Samedi 18 mars, ils étaient nombreux dans les rues de toutes les villes de France aux côtés des jeunes pour exiger le retrait de cette mesure rejetée par la grande majorité des français.
Le gouvernement campe sur ses positions ; il refuse d’entendre raison.
Il va même jusqu’à se réfugier derrière le fait que la loi est votée, vilipendant tous ceux qui osent la contester.
Nous disons à Monsieur de Villepin qu’il n’y a pas de 49-3 pour l’opinion publique et pour les parents.

La détermination des parents est forte, le mouvement doit encore s’amplifier.


Contact presse : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16

 

par frambois'acide publié dans : FCPE
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Lundi 20 mars 2006

CAL

Une association parisienne  de lutte  pour le logement  :  le Comité Actions Logement

J'ai mis à la suite le descriptif de leur action très concrète dans la vie des gens qui ont entre autres des difficultés de logement mais aussi victimes de la précarité sociale......

http://comite-actions-logement.org/

 

"ASSOCIATION DE LUTTE ! Par des manifestations et des actions, le CAL négocie des relogements, empêche des expulsions, propose et obtient des solutions au mal-logement.

Cette lutte est collective

• Tous les samedis matin, les adhérents se réunissent au 1 rue Marcadet, dans le 18e. Cette réunion est un lieu d’informations, de paroles et d’échanges. Les initiatives et les actions sont discutées et élaborées collectivement.

• Tous les samedis après-midi, des permanences sont assurées sur rendez-vous. Permanences mal-logés : Elles consistent à recevoir des célibataires et des familles en entretien individuel, à faire la synthèse de leur itinéraire et à rassembler l’ensemble des documents permettant l’interpellation des pouvoirs publics sur leur situation locative. Elles permettent aux adhérents de se sentir moins seuls et d’appréhender la dimension collective. La participation à la vie de l’association est la condition indispensable à cette démarche.

Permanences sans-papiers : Elles sont assurées collectivement avec le Collectif sans-papiers du 18e. Elles permettent aux sans-papiers de connaître leurs droits, de préparer leurs dossiers avant un rendez-vous à la préfecture ou d’être orientés vers une association plus apte à répondre à leur problème.

• L’association favorise l’organisation des immeubles et le regroupement des familles individuelles.

Lorsque les habitants d’un immeuble adhèrent au CAL, ils se constituent en comité CAL des habitants de cet immeuble. Ils nomment des délégués pour les représenter au sein de l’association ou face aux pouvoirs publics. Le fonctionnement est collectif à la fois dans l’immeuble et dans l’association.

Lorsqu’une famille adhère individuellement au CAL, elle lutte au sein d’un groupe de familles, souvent par rapport à un thème : insalubrité, anciens demandeurs, hôtels, surpeuplement, saturnisme. Parmi ces familles, des délégués sont nommés pour les représenter au sein de l’association ou face aux pouvoirs publics.

• Des visites de logements des familles individuelles sont planifiées pour apprécier et dénoncer leurs conditions de vie auprès des autorités compétentes. Dans les immeubles, des réunions sont organisées régulièrement pour faire le point, dynamiser les adhérents et préparer des initiatives.


ASSOCIATION SOLIDAIRE ! Le CAL œuvre par des actions sociales, éducatives, ou culturelles, à l’émancipation de la population et combat toutes formes de discriminations.

Un cadre solidaire et unitaire Le CAL favorise le travail local avec d’autres associations et collectifs. Il participe à toutes les actions qui favorise l’engagement auprès des sans-droits (lutte contre l’exclusion, Palestine, contre la guerre, droit des femmes, droit des immigrés, etc.).

Un cadre institutionnel Il intervient directement dans la vie institutionnelle, par son engagement au sein des CICA, en participant aux conseils d’arrondissements et aux conseils de quartiers. Pour favoriser la vie associative, il pousse à créer des maisons des associations.


ASSOCIATION DéMOCRATIQUE ! Le conseil d’administration du CAL est composé de membres élus par les familles en assemblée générale.

Les membres sont élus pour une année et révocable en cas d’absence.

Il se réunit une fois par mois pour :

• proposer des orientations et des actions.

• mettre en place des plans de formations pour les adhérents.

• assurer le contrôle financier des comptes.

Il nomme un bureau qui se réunit et organise les tâches de la semaine.

Il rend compte de ses activités devant l’assemblée générale qui a lieu en début de chaque trimestre.

Depuis 1997, les familles de l’association Comité Action Logement (CAL) se battent pour un logement décent et durable pour tous.

Face aux défaillances et à l’inertie des institutions, les mal-logés se mobilisent et s’organisent pour dénoncer une situation et des conditions de vie inacceptables.

La crise du logement impose de réagir vite.

Des solutions existent !

• Arrêt des expulsions sans relogement.

• Relogement décent et durable pour toute famille ou individu mal-logé ou sans-logis.

• Application de la loi de réquisition des logements vides.

• Construction de logements sociaux.

• Transparence dans l’attribution des logements sociaux.

• Mise en place d’une véritable prévention pour combattre la précarité.

• Abrogation des lois discriminatoires contre les immigrés, les femmes...

Le CAL encourage la création de comités et toutes initiatives permettant d’éradiquer le mal-logement.

 

Pour les soutenir  Militez avec les familles

OU BIEN Soutenez les  financièrement (chèques au nom du CAL)

OU BIENDevenez bénévoles (permanences logement et sans papiers, cours d’alphabétisation)

OU BIENContactez les  à l’adresse suivante :

CAL

Maison des Associations

Boîte aux lettres n°29

15 passage Ramey

75018 Paris

OU BIEN

passez- les  voir au 1, rue Marcadet Paris 18e

le samedi entre 11h00 et 17h00

OU BIEN

téléphonez au 01 42 57 14 62

OU BIEN

laissez un courriel

cal18@club-internet

 

 

 

Framboiseacide

 

 

 

   
par frambois'acide publié dans : Logement
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Vendredi 17 mars 2006

Fraise des BOIS

 

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Fraise des bois, allez voir son blog c'est un mélange d'humeur, d'humour et de poésie.

A lire d'urgence Encyclopédie des nuisibles et les articles sur Georges Freche et Nicolas Sarkozy

http://mamilitance.blog.lemonde.fr/mamilitance/

Et le dernier article sur les pièces jaunes à Montélimar

http://mamilitance.blog.lemonde.fr/mamilitance/2006/03/les_comptes_de_.html

 

Frambois'acide

 

 

 

 

par frambois'acide publié dans : POLITIQUE
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Jeudi 16 mars 2006

Une série de conférences sur le thème : l'esclavage : la France, les abolitions, les enjeux au centre Georges Pompidou en mars et avril afin de mieux comprendre les débats actuels

 

L'esclavage : la France, les abolitions, les enjeux

 

Conférences - débats - rencontres

 

31 mars - 22 avril 2006

Grande salle

"Nul lieu du Monde ne peut s'accommoder du moindre oubli d'un crime, de la moindre ombre portée. Nous demandons que les non-dits de nos histoires soient conjurés pour que nous entrions tous ensemble et libérés dans le Tout-Monde. Ensemble encore, nommons la traite et l'esclavage perpétrés dans les Amériques crime contre l'humanité."
Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Wole Soyinka

Et d'abord quelques dates auxquelles bien d'autres devraient s'ajouter, pour conjurer l'oubli et offrir quelques point d'ancrage à une mémoire collective qui reste à édifier.

1685 : promulgation par Louis XIV du Code Noir qui réglemente l'esclavage des Noirs dans les colonies françaises d'Amérique.

 Février 1794 : abolition générale de l'esclavage par la Convention à l'issue de révoltes et d'insurrections.

Juillet 1802 : rétablissement de l'esclavage par Bonaparte et déclenchement d'une guerre dont le but était de rejeter dans les fers des femmes et des hommes qui étaient devenus de libres citoyens.

1er janvier 1804 : proclamation du premier Etat noir indépendant qui prend le nom de Haïti, à la suite de la reddition des armées françaises .

 Avril 1848 : décret d'abolition de l'esclavage par le gouvernement de la IIe République.

 Adoption par le parlement français de la loi du 21 mai 2001 (loi Taubira), "tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité".

Cette loi revêt un caractère fondateur s'il est vrai que l'enjeu est bien de dégager un avenir commun à travers une histoire enfin partagée. Non qu'il fallût attendre cette date pour découvrir l'esclavage. Mais la société avait cru se protéger des effets d'une prise de conscience trop aiguë, en rejetant dans un passé vague et lointain une pratique qu'elle jugeait désormais barbare, et que de ce fait, elle considérait en quelque sorte étrangère à elle-même et à sa propre histoire. C'est pourquoi il a paru indispensable de se focaliser sur la pratique française de l'esclavage même si évidemment notre pays n'en a pas eu la triste exclusivité. Car il s'agit justement d'éclairer comment l'esclavage s'inscrit dans l' histoire française, jusqu'à quel point les représentations qui prétendaient le justifier ont perduré dans la colonisation et quels furent, au fil des ans et des circonstances, leurs avatars, leurs contradictions, leurs travestissements. Afin de mieux cerner ce que sont aujourd'hui les enjeux de mémoire.

En 1848, la seconde abolition fut accompagné d'un impératif appel à l'oubli du passé, comme prix d'une nécessaire réconciliation. Ainsi, une lourde chape de silence fut-elle posée sur l'esclavage que l'on venait de proscrire. C'est cette chape qu'aujourd'hui on soulève. Ces rencontres voudraient modestement y contribuer Car, il n'y a pas lieu de craindre ici le ressassement quand il s'agit de mettre au jour ce qui a été si longtemps refoulé.


Sur une proposition et un programme de Jean-Claude Myrtil.


Information
Christine Bolron, 01 44 78 46 52, fax : 01 44 78 12 03, mail : cbolron@centrepompidou.fr
Entrée libre dans la mesure des places disponibles

Programmation / intervenant(s) :
Christiane Taubira, Sandrine Lemaire, Edouard Glissant, Pascal Blanchard, Nelly Schmidt, Oruno Denis Lara, Françoise Verges, Caroline Oudin-Bastide et Nicolas Rey

 

Programme

Vendredi 31 mars, 19h30

Christiane Taubira : Les deux abolitions et leurs ambiguïtés. Quelles traces aujourd'hui dans les représentations et les inégalités.
Sandrine Lemaire : L'esclavage dans l'imaginaire colonial.
Edouard Glissant : Nous sommes entrés dans une ère du monde où toute simplicité est un gage d'erreur et de fixation.

Samedi 1er avril, 15h

Pascal Blanchard : Les "Noirs" en image : des abolitions au zoos humains, des conquêtes coloniales aux indépendances.
Nelly Schmidt : Abolitions de l'esclavage : entre mythes et réalités.
Oruno Denis Lara : Colonisation, esclavage et liberté.

19h30 : Projection du film de Guy Deslauriers Passage du milieu(1h17mn, Kréol productions, 1999)

Samedi 22 avril, 15h

Françoise Verges : Les troubles de mémoire, des défis pour la République.
Caroline Oudin-Bastide : Violence et esclavage.
Nicolas Rey : En finir avec une histoire occultée : les Libérateurs de l'Amérique latine étaient antillais !

: Les deux abolitions et leurs ambiguïtés. Quelles traces aujourd'hui dans les représentations et les inégalités. : L'esclavage dans l'imaginaire colonial. : Nous sommes entrés dans une ère du monde où toute simplicité est un gage d'erreur et de fixation. : Les "Noirs" en image : des abolitions au zoos humains, des conquêtes coloniales aux indépendances. : Abolitions de l'esclavage : entre mythes et réalités. : Colonisation, esclavage et liberté.Projection du film de (1h17mn, Kréol productions, 1999) Les troubles de mémoire, des défis pour la République. : Violence et esclavage.En finir avec une histoire occultée : les Libérateurs de l'Amérique latine étaient antillais !

Adresse

Centre Georges Pompidou

Entrée libre

http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllCycle/L'esclavage,%20la%20France,%20les%20abolitions,%20les%20enjeux?OpenDocument&sessionM=2.6.3&L=1

par frambois'acide publié dans : Histoire
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Mardi 14 mars 2006

Enquête 1914-1918, guerre de tranchées entre historiens LE MONDE | 10.03.06 | 13h58 •

Mis à jour le 10.03.06 | 14h02

Parmi les historiens français, la guerre de 1914-1918 n'en finit pas de recommencer. Quatre-vingt-dix ans après la bataille de Verdun (février-décembre 1916), ce domaine d'études ressemble à un véritable champ de bataille. Sans cesse sur le qui-vive, deux troupes s'y font face, défendant pied à pied leurs positions, bien décidées à conquérir, d'un seul et même élan, les places fortes de l'université comme les larges espaces de l'opinion. Pas plus que les autres, cette guerre-là ne se mène avec des gants blancs. Colloques fortifiés et embuscades éditoriales, assassinats académiques et comptes rendus ciblés, grosse artillerie médiatique et petits sabotages collatéraux : depuis la mémorable controverse sur la Révolution française, qui opposa les partisans d'Albert Soboul et ceux de François Furet dans les années 1970-1980, le monde savant n'avait guère connu pareille ruée. Gare aux traîtres, malheur aux tièdes ! "C'est consternant. Aujourd'hui, un étudiant qui veut travailler sur la Grande Guerre doit d'abord choisir son camp. S'il veut rester neutre, il n'a plus de patron de thèse possible...", se désole Antoine Prost, professeur émérite à l'université Paris-I. Pour que la mêlée puisse avoir lieu, encore fallait-il que les forces en présence se retrouvent sur le même terrain : abandonnant les approches traditionnelles (diplomatique ou économique) de la guerre, les deux escadrons rivaux ont investi l'un et l'autre une histoire culturelle où l'essentiel n'est plus de comprendre la portée de tel traité ou de telle crise conjoncturelle, mais de saisir le vécu intime des combattants. Pour tous les protagonistes de l'actuelle bataille historiographique, donc, la question-clé est désormais identique : dans la boue, sous les obus, comment diable les soldats ont-ils tenu ? C'est que, pour l'écrasante majorité d'entre eux, le sacrifice avait valeur d'évidence, répondent en substance les historiens rassemblés autour de l'Historial de la Grande Guerre, inauguré en 1992 à Péronne, dans la Somme, et dont le centre de recherche est présidé par Jean-Jacques Becker (www.historial.org). Elevés dans une société occidentale en voie de "brutalisation", les poilus auraient baigné dans une "culture de guerre" - messianisme patriotique, haine de l'ennemi, esprit de croisade - qui les aurait rendus globalement "consentants" : "Trèves et mutineries ont été marginales. Tout le mystère est là : massivement, la chair à canon a accepté d'être de la chair à canon...", résume Annette Becker, fille de Jean-Jacques et professeur à l'université Paris-X-Nanterre, qui dirige le centre de recherche de Péronne avec Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris). Contacté par Le Monde, celui-ci a répondu qu'il ne souhaitait pas "mettre le petit doigt dans cette polémique". Ensemble, les deux historiens ont signé un essai incisif, intitulé 14-18, retrouver la guerre, paru chez Gallimard en 2000. Définissant le premier conflit mondial comme la "matrice" du XXe siècle et de sa violence totalitaire, ils revenaient sur les cérémonies commémoratives qui avaient marqué, en 1998, les quatre-vingts ans de l'armistice, pour fustiger "la confusion intellectuelle" et la sensibilité "victimisante" qui auraient alors prévalu dans la conscience commune : "Non seulement les combattants n'avaient été que des victimes non consentantes, mais, plus encore, les révoltés étaient désormais les seuls héros véritables. Les 'mutins' de 1917 n'avaient-ils pas été, par leur révolte même, les précurseurs de l'unité européenne ?", ironisaient-ils. C'est ce livre qui a mis le feu aux poudres. A sa parution, ceux qui en combattaient les conceptions s'étaient déployés en ordre dispersé. Les voici maintenant réunis, avançant en rangs de plus en plus serrés, prêts à donner l'assaut contre la forteresse "Péronne". Le 21 février, en effet, à l'occasion de l'anniversaire de Verdun, ils ont rendu publique la naissance du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre 14-18 (www.crid1418.org). Composé d'universitaires, mais aussi de chercheurs non professionnels, le CRID 14-18 espère fédérer associations locales et sociétés savantes autour d'un projet historien opposé à la ligne "péronniste". Alors que celle-ci analyse mentalités et discours pour cerner les ressorts anthropologiques du "consentement" à la guerre, le CRID 14-18 préfère mettre l'accent sur les expériences concrètes qui expliqueraient la "ténacité" des combattants. "Nos travaux sont particulièrement sensibles aux pratiques ordinaires des poilus. Ainsi, quand on lit les correspondances de l'époque, on est frappé par le nombre de soldats qui valorisent les stratégies d'esquive permettant d'échapper aux tranchées. 'Chic, j'ai la bonne blessure !', disent par exemple les soldats qui ne sont pas gravement touchés, mais auxquels leur blessure permet néanmoins de quitter le front. Souvent, ils se réjouissent également que leurs proches ne soient pas versés dans des unités qui risquent de monter en première ligne", explique Nicolas Offenstadt, maître de conférences à Paris-I, qui a dirigé Le Chemin des Dames. De l'événement à la mémoire (Stock), ouvrage en forme de manifeste collectif, dont le CRID 14-18 représente le prolongement direct. "Trois cent mille morts, cela fait combien de larmes ?", demandait l'écrivain Roland Dorgelès à propos du Chemin des Dames. Symboliquement, le CRID 14-18 a choisi de situer son siège dans le village de Craonne, dans l'Aisne, un des hauts lieux de l'"offensive Nivelle", là même où le premier ministre Lionel Jospin a prononcé, en 1998, son fameux discours visant à "réintégrer" mutins et fusillés de 1917 dans la mémoire nationale. De fait, cette gigantesque tuerie avait été suivie d'un vaste mouvement d'indiscipline : "Tout poilu demande en bas la guerre. Signé : un poilu qui en a marre par-dessus bord", pouvait-on lire sur un train en juillet 1917. Car des stratégies d'esquive aux refus d'obéissance, et des mutilations volontaires à la désertion, insistent les membres du CRID 14-18, il y a toute une gamme de sentiments et de gestes que l'on trouve chez la plupart des soldats, y compris chez ceux qui tiennent par ailleurs un discours nationaliste. En ce sens, la tâche de l'historien consisterait d'abord à s'interroger sur les multiples formes de contrainte qui se cachent derrière le "consentement" patriotique. "La culture de guerre telle qu'elle est présentée par Péronne est une culture des élites et de l'arrière, explique Frédéric Rousseau, président du CRID 14-18 et auteur de La Guerre censurée (Seuil). C'est celle des politiciens et des faiseurs d'opinion, qu'on ne peut pas comparer avec la culture de ceux qui avaient les pieds dans la merde, et qui crevaient sous les obus. La haine de l'ennemi, l'esprit de croisade ont bien existé, mais l'essentiel est de comprendre comment le consentement se construit socialement, via la pression du groupe et l'attachement aux camarades, par exemple, bien au-delà des seuls gendarmes et des cours martiales. Les mutineries ont quand même concerné les deux tiers de l'armée française. Dans les travaux de l'Historial, cette dimension est évacuée. Si la réintroduire, c'est être gauchiste, tant pis !" Gauchistes ? Nous voici sur la ligne du front. Là, les slogans triomphent, les vieux clivages reprennent le dessus : partisans du "consentement" contre militants de la "contrainte", "patriotards" contre "néopacifistes", mandarins parisiens contre marginaux de province. "Il s'investit là-dedans des choses qui ont peu à voir avec la Grande Guerre, note l'historien Christophe Prochasson, auteur d'un ouvrage intitulé Les Intellectuels, le socialisme et la guerre (Seuil) et membre du bureau de l'Historial. Au-delà des antipathies personnelles, on voit bien que les gens qui tournent autour de Péronne sont légitimes. On les retrouve à Paris-X ou à l'EHESS. Les gens du "Chemin des Dames" - appelons-les comme ça - sont plus en marge de l'histoire officielle, ils jouent le côté "terrain", la proximité avec la mémoire d'en bas, etc. Chez eux, il y a un désir d'en découdre dont témoigne bien la terminologie adoptée : le mot "collectif" ne renvoie pas au champ savant, il s'agit bien de se grouper pour lutter. Si j'étais cruel, je parlerais d'une espèce de gauchisme scientifique." Directeur d'études à l'Ecole des hautes études, Christophe Prochasson y a longtemps animé un séminaire entièrement consacré à la Grande Guerre. Il se souvient que les chercheurs de diverses sensibilités s'y retrouvaient volontiers et participaient même aux soirées façon "booms poilus", organisées en fin d'année. Naguère, André Loez en était. Mais, après avoir fait un bout de chemin avec Christophe Prochasson, ce jeune doctorant, qui enseigne dans un lycée de la banlieue parisienne, a fini par rejoindre Frédéric Rousseau et ses amis du Chemin des dames. "Au départ, j'étais séduit par les thèses de Retrouver la guerre. Mais je me suis peu à peu rendu compte que tous ces termes ("brutalisation", "haine de l'ennemi"...) ne tenaient pas la route. Je les trouvais invalidés dans mes recherches : en fonction des origines sociales, des sensibilités de départ, cette "culture de guerre" n'a pas prise de la même manière sur les individus ! Et puis, il faut avoir entendu certains parler des pratiques de cruauté en séminaire.Il y a chez eux une fascination pour la violence, à mes yeux excessive..." , note-t-il. Ici comme ailleurs, les antagonismes théoriques s'articulent avec des questions d'affinités personnelles. Avec un sentiment d'affront académique aussi : "Péronne a voulu contrôler tout le territoire. Ses membres tirent à vue sur tous ceux qui y mettent un pied sans faire allégeance", soupire Rémy Cazals, professeur à l'université de Toulouse-Le Mirail. Avec Frédéric Rousseau, maître de conférences à l'université Paul-Valéry de Montpellier, Rémy Cazals est la principale figure tutélaire du CRID 14-18. Tous deux ont le sentiment d'avoir essuyé une certaine morgue "parisianiste" : dans la capitale, eux et leurs étudiants ne se trouvent-ils pas désignés en bloc sous l'appellation "les gens du Midi" ? Sous-entendu : ceux-là ne feraient guère le poids face à l'Historial de Péronne, animé par la fine fleur des universités parisiennes. "D'un point de vue institutionnel, Becker et Audoin-Rouzeau sont archidominants. Ils refusent le débat, et ne dialoguent qu'avec les morts... Sur '14-18', ils contrôlent non seulement les manuels scolaires, mais aussi les sujets d'agrégation et la bibliographie qui va avec. Et puis ils s'adossent à une puissante structure : l'Historial dispose de moyens importants pour financer des bourses, des colloques et une revue internationale... En termes de budget, y'a pas photo !", affirme Philippe Olivera. Membre du CRID 14-18, ce spécialiste de l'histoire intellectuelle a longtemps enseigné en lycée, et il aime à raconter comment lui et ses amis se donnent rendez-vous à Craonne pour travailler dans des salles mal chauffées, bivouaquer dans l'ancienne école du village, avant d'aller prendre leurs quartiers, le soir, chez l'habitant... Dominants et dominés, assaillants et agressés, bourreaux et victimes... Les rôles ne sont pourtant pas aussi clairs qu'il ne semble. La guerre historiographique autour de 14-18 se joue à fronts renversés, chaque camp développant sa propre pathologie du minoritaire. Car, si les animateurs du CRID 14-18 se disent assiégés d'un point de vue universitaire, les chercheurs de l'Historial ont le sentiment, eux, d'avoir définitivement perdu la bataille de l'opinion. "Quand on est amené à intervenir en public sur tel roman ou tel film qui popularise la mémoire pacifiste, on s'aperçoit qu'un discours nuancé et non 'victimisant' est complètement inaudible, témoigne Bruno Cabanes, professeur associé à l'université Yale (Etats-Unis) et auteur de La Victoire endeuillée (Seuil). Chez certains jeunes, il y a une identification spectaculaire avec les soldats de la Grande Guerre." Dans les bandes dessinées de Tardi comme dans les films de Jean-Pierre Jeunet (Un long dimanche de fiançailles) ou de Christian Carion (Joyeux Noël), l'équipe de l'Historial perçoit les signes de son inexorable défaite. C'est-à-dire l'hégémonie croissante d'une mémoire qui réduirait la première guerre mondiale à un théâtre d'ombres, où une machine étatique implacable aurait envoyé des millions d'hommes au "casse-pipe". "Ceux qui nous critiquent ne sont pas nombreux et leurs travaux m'intéressent peu, prévient Annette Becker. Mais, du point de vue de l'espace public, il est clair que nous avons perdu depuis longtemps. Ils ont le film de Christian Carion pour eux : un peu d'antimilitarisme franchouillard, quelques anachronismes, plein de petites lumières, et on fait pleurer dans les chaumières. Quand je suis allée le voir au cinéma, je n'ai pas cessé de rire, et j'ai eu droit à des regards noirs ! Pour le public, il est plus facile de croire que nos chers grands-parents ont été forcés de faire la guerre par une armée d'officiers assassins. Heureusement, j'ai la chance de travailler avec des collègues étrangers, loin de ces petites querelles franco-françaises..."

par frambois'acide publié dans : Histoire
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