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Mercredi 31 janvier 2007

 

 
Quel avenir pour le Centre Pompidou ?, par Jean-Jacques Aillagon
LE MONDE | 30.01.07 | 13h52


e Centre Pompidou a 30 ans. Sa jeune histoire est riche et singulière. Elle aura contribué au renouvellement du paysage culturel français de façon décisive. Sa singularité tient au fait que l'institution a, d'emblée, été conçue comme un objet culturel complexe, susceptible d'évoluer. Cela doit beaucoup à l'enthousiasme dynamique de l'époque qui l'a vu naître et à l'engagement visionnaire de son fondateur, Georges Pompidou, qui avait voulu une institution qui abriterait un musée mais ne serait pas qu'un musée, où se logerait une bibliothèque mais qui ne serait pas qu'une bibliothèque..., une institution où la pluridisciplinarité allait devenir la règle et la capacité de s'adapter à des situations nouvelles la faculté inédite.

 

C'est la raison pour laquelle les statuts de l'établissement, issus de la loi de 1975 le créant, disposaient qu'il pourrait, à l'avenir, accueillir d'autres organismes associés, outre ceux, la Bibliothèque publique d'information et l'Ircam, qu'on avait dès l'origine agrégés aux deux départements fondateurs, le Musée national d'art moderne (MNAM) et le Centre de création industrielle (CCI).

Au cours des trente dernières années, la complexité de l'institution a été le facteur le plus efficace de l'affirmation de sa singularité. Elle a cependant souvent été mal vécue. Le temps de ses fondateurs passé, le Centre a souvent été ravagé par des "querelles territoriales". C'est ce qui explique la tentation plusieurs fois manifestée au cours de ces décennies de réduire la complexité de l'institution en la normalisant. C'est incontestablement le moteur de la réforme de 1992 qui supprima le deuxième département du centre, le CCI, pour le fondre dans le Musée national d'art moderne.

S'agissant de sa capacité à évoluer, le Centre Pompidou aura été fidèle à l'intuition de ses fondateurs. Ses statuts ont été réformés deux fois, en 1992, on l'a dit, et à mon initiative, en 2000, quand j'ai souhaité doter l'établissement d'un véritable conseil d'administration et stabiliser la fonction du président et consécutivement celle des directeurs de département, en portant la durée de leur mandat de trois à cinq ans.

La volatilité des fonctions de responsabilité d'un établissement culturel aussi complexe et aussi lourd me semblait, en effet, peu compatible avec la mise en oeuvre de projets culturels, dont ceux de la programmation, appelant une vision dégagée et l'assurance d'un temps de mise en oeuvre suffisant. C'est cette stabilité conquise qui a permis au Centre d'engager, de façon pionnière, le processus de création d'antennes de l'établissement, celle de Metz tout d'abord, qui s'inscrivait dans le prolongement de l'action "hors les murs" mise en oeuvre pendant la fermeture du Centre pour travaux. Celles qui s'annoncent aujourd'hui possibles à l'étranger s'inscrivent dans ce même mouvement. Cette histoire n'est cependant pas achevée.

Une prochaine étape concerne la clarification de l'organisation de ses départements. Si le département MNAM-CCI est désormais bien stabilisé, il ne pourrait cependant demeurer le seul de l'établissement à être doté d'un objet culturel clair, précis et nécessaire. Le département du développement culturel, créé en 1992, redéfini en 2000, n'a jamais été et ne sera jamais - je l'écris avec infiniment de respect pour ceux qui en ont animé et qui en animent les activités - un vrai département, capable de peser d'un poids égal à celui du musée, et donc de contribuer de façon décisive à l'harmonie et à l'équilibre de l'institution.

Le moment ne serait-il pas aussi venu de faire de la Bibliothèque publique d'information (BPI), aujourd'hui organisme associé, le nécessaire deuxième département du Centre ? Il serait doté, en plus de ses missions de bibliothèque d'actualité, de la responsabilité de toutes les initiatives du Centre dans le domaine des sciences sociales et humaines... Je verrais dans cette révolution la meilleure manière d'amarrer définitivement cette grande bibliothèque au projet culturel du Centre.

A ce repositionnement de l'organisation culturelle et institutionnelle du Centre doit cependant s'ajouter pour l'Etat et les autres collectivités publiques concernées une autre préoccupation, une autre obligation même, celle de veiller à ce que chacune des composantes de l'institution trouve bien dans son espace les moyens d'y assurer le développement de la totalité de ses missions. Cela vaut pour la BPI, dont l'accès se fait au prix d'interminables et scandaleuses files d'attente, conséquence des insuffisances du dispositif de lecture publique à Paris. Cela vaut également pour le MNAM-CCI, dont la situation me paraît gravement préoccupante.

En effet, ce musée ne dispose plus des espaces nécessaires à la valorisation de sa collection, devenue l'une des plus importantes du monde. La création d'antennes n'y changera rien et ce n'est d'ailleurs pas son objectif. Le démembrement de la collection que certains évoquent parfois avec gourmandise, avançant l'idée de créer un musée de l'art historique du XXe siècle et laissant au Centre le seul domaine de la création contemporaine, serait inepte et révoltant. Cette funeste entreprise priverait la France de la seule institution globale capable de fournir au MoMA de New York un répondant sur le territoire européen. Elle consacrerait cette manie très française de dépecer l'histoire de l'art en sections chronologiques rigides, elle priverait le public de la nécessaire possibilité de rencontrer, dans une lecture globale, l'aventure de la création moderne et contemporaine.

Il est aujourd'hui impératif que le ministère de la culture réfléchisse de façon prioritaire à la nécessité de doter le Centre Pompidou d'un deuxième site à Paris ou en région parisienne pour qu'il y déploie les activités contemporaines de son musée, qui restera ainsi le grand musée d'art moderne et contemporain qu'il doit être. Alors que j'étais président du Centre, j'avais déjà signalé l'urgence de cette question aux ministres qui furent mes tuteurs. Si le temps m'en avait été donné, Rue de Valois, j'aurais fait du règlement de cette question une vraie priorité.

Souhaitons au Centre Pompidou qu'il trouve le ressort de sa nécessaire et inépuisable nouveauté et qu'il rencontre au sommet de l'Etat, qui par sa volonté l'a fait naître, une écoute attentive et bienveillante.


Jean-Jacques Aillagon est ancien président du Centre Pompidou.
par frambois'acide publié dans : Bpi
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Jeudi 25 janvier 2007

IN Le monde, 25 janvier 2007.

Halte au populisme " télécratique "

 


Aujourd'hui, face à l'échéance électorale, le danger d'un nouveau populisme politique s'impose à nous, les Français. Cette tentation politique est une conséquence directe de ce qu'il faut appeler un populisme industriel, lequel consiste à réduire la conscience à un " temps de cerveau disponible " (selon l'expression de Patrick Le Lay) et transformer la société en une masse d'individus désaffectés, conduisant à ce que le procureur Jean-Claude Martin a appelé, à propos des assassins d'Ilan Halimi, " le degré zéro de la pensée ".

La France souffre. Il semble qu'il n'y ait plus de vie sociale possible : la famille, l'école, l'Etat, les savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir théorique) et les institutions publiques ou privées sont en voie de destruction. La télévision, le marketing et la communication, qui dominent massivement la vie publique, sont les premiers facteurs de cette ruine. Ils ont détruit nos désirs et libèrent les pulsions. Car lorsque le désir ne lie plus les pulsions à travers les structures sociales capables de les transformer en sublimation, c'est-à-dire en inventions sociales (artistiques, scientifiques, politiques, techniques, etc.), les pulsions se déchaînent et ruinent la société.

Tel est le règne de la " télécratie ". Et c'est dans ce contexte que Ségolène Royal a fait sa percée. Produit de cette télécratie qui remplace l'opinion publique par des audiences de cerveaux privés de conscience, elle a compris que ce devenir nécessite une rupture reconstituant les circuits sociaux du désir - une " démocratie participative ". En l'état actuel de son discours, une telle perspective n'est pourtant absolument pas crédible.

Elle ne commencera à le devenir qu'à deux conditions : d'une part, qu'elle dénonce la machine pulsionnelle qu'est devenue la télévision, qui l'a élevée au rang de seule alternative crédible au populisme de Nicolas Sarkozy, et qu'elle entre en lutte contre la télécratie, qui détruit les structures sociales de la société. D'autre part, qu'elle engage en France et propose à l'Europe une politique industrielle de développement des technologies coopératives que rendent possibles les réseaux numériques, par quoi elle ouvrirait l'ère d'un nouveau modèle industriel aussi bien que d'une véritable démocratie participative, capable d'inventer un mode de vie européen, rompant ainsi avec " the american way of life " qui fascine M. Sarkozy, c'est-à-dire avec un consumérisme devenu toxique aussi bien pour les esprits que pour la planète. A cette condition, Mme Royal pourra élargir sa base électorale et, si elle est élue, mettre en oeuvre un programme de gouvernement reposant sur des " idées neuves " dont " il ne faut pas avoir peur ", comme elle y insiste, et pour lesquelles elle trouvera de très nombreux soutiens.

Il est grand temps qu'un vaste mouvement social pacifique mais résolu s'oppose à la télécratie qui détruit l'espace et le temps publics et qui emporte irrésistiblement les hommes et les femmes politiques de France et d'ailleurs vers des formes de populisme variées mais toutes plus dangereuses les unes que les autres. Ce mouvement du renouveau devrait précéder, accompagner et dépasser le vote de 2007 en commençant par déplacer la question politique vers un autre terrain que celui du marketing politique.

 

Bernard Stiegler

 

Philosophe.

Directeur du développement culturel au Centre Georges-Pompidou

 

 

 

par frambois'acide publié dans : POLITIQUE
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Vendredi 19 janvier 2007
Le Panthéon, un double enjeu
Par Vincent DUCLERT
 
QUOTIDIEN : vendredi 19 janvier 2007
 
 
Vincent Duclert historien, professeur agrégé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.
A paraître en février: Dreyfus au Panthéon. Voyage au coeur de la République (éditions Galaade).
La cérémonie nationale qu'a présidée Jacques Chirac au Panthéon, en hommage aux 2 725 Justes parmi les nations qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale semble clore la séquence ouverte dès les premiers mois du premier mandat du Président avec le discours du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1995. La manifestation d'hier, voulue par Simone Veil et la Fondation pour la mémoire de la Shoah qu'elle préside, souligne dans le même temps la destination incertaine du Panthéon et la relation inachevée de l'actuel président de la République avec ce monument encore considéré comme le haut lieu de l'incarnation républicaine.
Le 25 décembre 2006, Libération publiait une tribune du chercheur Albert Lévy qui choisissait d'identifier le destin du Panthéon à celui de la République. Protestant contre l'accrochage sous les coupoles des suspensions de l'artiste brésilien Ernesto Noto, il y voyait la preuve de la «dévalorisation du monument et de son sens, [le] détournement de sa finalité et [l']érosion de son message». Il faut aller jusqu'au bout de la démonstration. Le Panthéon n'est pas plus un temple que la République est une religion. Celle-ci est, au contraire, profondément historique. Elle a été érigée par des hommes avec tout ce que la volonté de pouvoir et la conservation sociale peuvent induire, à commencer par le choix d'y écarter pendant longtemps les femmes, les pauvres, les jeunes, les marginaux, les fous, les détenus, les exilés, les colonisés, les étrangers. Le Panthéon est à son image, un monument qui célèbre davantage l'ordre des institutions que la liberté des individus. A travers ceux qui y sont enterrés et dans l'économie même des espaces du monument, il dévoile une vérité bien éloignée de la vision héroïco-mythique qu'on lui prête. Le Panthéon n'est pas devenu un échec. Il est simplement le reflet d'une République qui peine à construire une représentation démocratique d'elle-même qui existerait comme une histoire commune et un projet de liberté.
D'où le premier défi qui pèse sur le Panthéon et ceux qui en ont la charge. Repenser le lieu pour construire la République, investir la nef de l'ancienne église, donner une signification et une fonction à cet espace, combler ainsi le vide qui est celui de l'incarnation du politique, mettre le monument au coeur du pouvoir et de la légitimité, y placer par exemple les Constitutions de la France actuellement enfermées dans le dépôt des Archives nationales à Paris, en faire, pourquoi pas, le grand musée de l'histoire de la République qui manque toujours. Pensons le Panthéon au regard de son histoire et de la place de la France dans le monde. Pourquoi la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin, le 19 décembre 1964, a-t-elle eu un tel impact ? Pourquoi la manifestation du 21 mai 1981 voulue par François Mitterrand reste-t-elle si ancrée dans la mémoire ? Sinon qu'elles rendaient le monument et sa fonction vivants, présents, politiques, en y associant le présent, le peuple, le pouvoir. Dans le Panthéon, ce qui reste le plus important n'est-il pas le moment éphémère de la «panthéonisation», qui se déroule de plain-pied, dans la lumière ? Alors, tirons-en les conséquences. Repensons les rites et les lieux, pour faire vivre le Panthéon. Et, avec lui, la République.
Il est alors un second défi, tout aussi décisif que le premier. Quelles sont les qualités requises pour motiver un transfert au Panthéon ? Les «débats passionnés» qu'évoquait Albert Lévy au sujet des demandes de «panthéonisation» d'Alfred Dreyfus et de Marc Bloch en 2006 ont posé la question du fondement de la République à travers les valeurs qu'elle souhaite célébrer. Si la demande en faveur de Marc Bloch relevait d'un credo républicain classique et n'a guère été relancée après la «supplique» du Figaro  littéraire (1er juin 2006), celle de Dreyfus souhaitait, au contraire, mettre au centre de la République le courage civique de dire non, non à la raison d'Etat, à la violence des foules, à la terreur du nationalisme. Et cela, au nom des valeurs qui, au sein de la République, définissent sa vocation démocratique, le principe de justice, la défense de l'individu devant l'Etat, la parole universelle des humbles, l'héroïsme de ceux que l'on qualifie à tort de «victimes» et qui furent des héros d'autant plus exemplaires qu'ils étaient de simples citoyens. Dreyfus au Panthéon ouvrait la voie à toute une nouvelle représentation de la République.
Au-delà de la réhabilitation de l'officier innocent ­ symbole et acteur des droits de l'homme, comme il y a un siècle, l'affaire s'avère toujours capable d'insuffler de la démocratie dans la République. C'est cela dont elle a besoin, et pas d'un discours de la déploration. C'est précisément cette représentation religieuse de la République qui l'empêche d'avancer. Celle-ci a besoin d'histoire. Et l'histoire, précisément, a fondé le projet de conduire Dreyfus au Panthéon. Mais il n'y entrera que si la République se transforme. Et avec elle, le Panthéon.
Le double enjeu qui pèse sur le Panthéon se résume dans celui de sa démocratisation. Comme pour la République, qui doit affirmer sa vocation à la démocratie, une vocation si souvent contrariée et pourtant fondatrice. Avoir conscience de cet enjeu est déjà un grand pas. Autant que les débats suscités par Dreyfus au Panthéon, la suite qui a été donnée à cette demande par Jacques Chirac incite même à quelque espoir. Si le Président a écarté la proposition, il n'a pas motivé sa décision, et surtout pas avec cette rhétorique de la «victime» où l'on retrouve tout le poids du religieux sur le débat public. Il a, au contraire, organisé le 12 juillet 2006 un hommage national au capitaine Dreyfus dont «la fermeté d'âme, la droiture, le courage exemplaire [...] forcent l'admiration». Depuis le discours du Vél d'Hiv du 16 juillet 1995 sur la «solution finale» en France, Jacques Chirac a choisi de défendre un discours de vérité sur le passé national. Il a contribué par là à historiciser et démocratiser la République.
La cérémonie d'hier a rendu vivante, pour quelques heures, la nef du Panthéon et tout le monument. Il faut continuer, réinvestir le lieu, redonner des visages à la République. Celui de Dreyfus, comme d'autres justes, est digne d'elle. Digne du Panthéon. Pour lui-même et pour la France, Jacques Chirac doit rechercher cet achèvement.


http://www.liberation.fr/rebonds/229474.FR.php
© Libération
par frambois'acide publié dans : Histoire
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Mardi 16 janvier 2007

 

Chanson Antisarko - de ZEDESS


Sarkozy
envoyé par sarkopenie

par frambois'acide publié dans : POLITIQUE
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Mardi 16 janvier 2007

 

Voici un article interessant sur l'éducation en Finlande

http://education.devenir.free.fr:80/Tribune.htm

 

Sylvie

par frambois'acide publié dans : education
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